jeudi 21 février 2008
S'il m'était permis de vous chuchoter à l'oreille, je vous dirai
d'abord tout le respect que j'ai pour votre parcours, votre rang,
votre personne, félicitation pour votre réussite personnelle et en fin
je vous dirai tous les espoirs envolés que le peuple guinéen avait
placé en vous et en votre gouvernement .J'aimerai tant vous
rencontrer non pas pour un besoin personnel mais pour discuter avec
vous des choses vraies qui témoigneraient de tout le respect que j'ai
pour votre rang, des choses qu'on ne vous dit peut être pas pour des
raisons subjectives.
Monsieur Lansana KOUYATE
Comprenez par cette lettre que je porte la tristesse de la majorité
des guinéens, triste comme beaucoup de gens de ce qui vous arrive car
vous êtes entrain, peut être sans le savoir, de glisser dans les
méandres du pouvoir. Vous avez le pouvoir aujourd'hui de faire ou de
ne point faire ici bas, le pouvoir de diriger la guinée vers une
meilleure destinée ou vers des incertitudes croissantes, et surtout le
pouvoir d'oser ou de ne pas oser. Mais malgré tout, je pense
sincèrement que vous êtes capable de tout, vous êtes fort mentalement
et que vous aimez la guinée alors…POURQUOI ? Pourquoi, Monsieur le
premier ministre ? Vous ne nous montrez pas ce dont vous êtes capable
? Je suis sûr que vous êtes capable de beaucoup mieux et surtout
d'oser.
Opérer une « révolution politique, économique et sociale » en guinée
demeure être une urgence nationale, africaine comme réponse à notre
statut de pays sous développé qui ne doit pas être un état de fait
définitif. Nous pourrons vous comprendre si vous essayez de changer la
donne et que vous échouez car pour se développer, nous guinéens et
africains devrons être inventifs et travailleurs d'où l'idée
d'inventer notre propre modèle de développement.
Par contre, ce que les guinéens ne vous pardonneront pas, c'est
l'inertie, l'immobilisme…car colmater les brèches c'est ce que le
parti socialiste avait fait pendant 26 ans et vous êtes entrain de lui
emboîter le pas. Pour qui sait lire entre les lignes de vos diverses
interventions ou discours devant les presses nationales ou
internationales, il y a une grande différence entre votre ambition
pour la guinée et la matérialisation de celle-ci
sur le terrain. Il faut vous entourer d'experts intelligents et
ambitieux pouvant mettre en œuvre une bonne politique et vos promesses.
Pourquoi vouloir toujours faire comme les autres? .Ce qui a développé
l'Europe ne développera pas l'Afrique non pas parce
que nous sommes moins intelligents que les européens mais parce que
comparé à un train, « l'Europe est le moteur ou la tête du train alors
que nous, nous ne sommes que le wagon ». La décentralisation est une
bonne chose mais si j'étais un de vos conseillers, je vous aurais (si
vous me le permettez) suggéré de faire autrement. En lieu et place de
décentraliser comme les français, je vous aurais demandé de procéder à
une décentralisation radicale des institutions de l'Etat. J'aurai
créer au niveau national sept ministères (de l'économie et des
finances, de l'intérieur, des affaires étrangères, des Forces
armées, de la justice et garde des sceaux , des hautes technologies et
de la recherche, un secrétariat d'Etat (au tourisme), dans chaque
région, 36 directeurs régionaux (de la santé et de la prévention
médicale, des Infrastructures, de l'Hydraulique urbaine de
l'Assainissement, de l'environnement et de l'hygiène, de l'Urbanisme,
de l'Habitat et de la Construction, de l'Education et de
l'enseignement supérieur, du transport, de l'Artisanat, de la culture,
des Mines et de l'Industrie, du sport, de la famille, de l'enfance et
de la jeunesse, du commerce, des PME/PMI et de l'informel, de la
Fonction publique, du Travail et des organisations professionnelles,
de l'énergie, des collectivités locales, de la justice et garde des
sceaux) qui dépendraient directement du premier ministre et 4 autres directeurs régionaux
(de l'agriculture , de l'élevage , du tourisme) dans des régions
précises où ces directions auraient de la matière. Je ne pourrais
décliner dans cette lettre les compétences et les contours de
responsabilité des ces différentes institutions mais en voilà au moins
la mouture.
Monsieur le premier ministre, dans ce nouveau concept de gestion du
pays, la gouvernance se fera au plus près du citoyen. Les régions
seraient gérées comme des entreprises privées où la recherche de
l'excellence serait la seule issue pour ces directeurs régionaux qui
auraient des missions précises, un budget précis et des objectifs
clairs et définis. Chaque région aura l'objectif de pouvoir disposer
de toutes les infrastructures administratives à l'instar des
différents « Etats américains », dorénavant tout ce qui pourra
s'obtenir à Conakry pourra s'obtenir dans une autre région de Nzérékoré et à tous les niveaux..
Cette mini révolution ne se fera pas sans le concours de tous les fils
de la nation car beaucoup de choses devront changer en commençant
certes par la constitution, le rôle de l'assemblée nationale , les
conseils généraux, préfectures et gouvernances, les mairies ou
collectivités locales…Ne pensez vous pas que le débat que j'ouvre
mérite réflexions ?et même la création de comités de réflexion
diligentées par vous pour réfléchir sur la portée d'une nouvelle
exigence d'un nouveau modèle de développement basé sur nos propres
réalités. Je ne parle des comités de réflexions initiées par vous et
pour la guinée dans lesquelles tous les guinéens pourraient contribuer
en toute objectivité. Monsieur le premier ministre, non animé d'un
afro pessimisme ambiant, je suis au regret de vous dire que malgré vos
luttes pour une guinée ou une Afrique prospère, nous n'y arriverons
pas tant que nous ne prendrons pas notre destinée en main. Cette
destinée passe d'abord par une lucidité devant
la démarche à entreprendre notre propre développement qui passe
nécessairement par la prise en compte de nos réalités
socio-culturelles. Mesurez vous le degré de corruption dans notre pays
?
Mesurez vous le degré de pauvreté de nos familles ? Mesurez vous le
niveau qu'a actuellement nos universitaires ou bacheliers ? Mesurez
vous la disparité qu'il y a entre les pauvres et les riches dans ce
pays ?
Vous êtes l'un des premiers ministre les mieux nommés du continent et
vous avez hérité d'un peuple qui avait soif et faim, faim aussi de
justice, d’égalité, de progrès et surtout qui avait besoin de retrouver
sa dignité bafouée. Avez-vous le sentiment que les ministres que vous avez nommés sont des personnes expérimentées, capables d'inverser la pauvreté des guinéens capables d'aider la guinée et les guinéens à aller de l'avant… ? Avez vous le sentiment que les guinéens garderont un bon souvenir de vous en tant que premier ministre de consensus
si les choses restaient en l'état ? Pourquoi, Mr le premier ministre,
eu égard des difficultés quotidiennes et des solutions non trouvées
encore, vous ne créez pas des comités de réflexion sur la santé, sur
la famille et l'enfance, sur l'éducation et le sport, sur les
Institutions, sur le pouvoir d'achat, sur l'industrie, sur
l'urbanisme, sur la bonne gouvernance, sur la sécurité, sur le rôle
des religions dans un pays laïc, sur le développement,etc ?
Chaque comité de réflexion aurait pu vous donner un rapport pouvant
être le soubassement d'une mission précise pour nos ministres ou
directeur régional si l'on va vers un autre modèle de développement
local et national comme je le suggère.
Osons la régionalisation ou la provincialisation, osons le
bouleversement de nos institutions, de notre constitution avec le
concours de TOUS. Osons la gestion de nos régions comme une ENTEPISE
PRIVEE en y implantant un gouvernement de région, en y faisant ce
qu'il y a de meilleure dans le capitalisme, le socialisme… ! une autre
voie est possible, Aidez la guinée
et les guinéens vous le rendront bien aujourd'hui, demain et
pour l'éternité.
Par Sidimé Alpha Kabinet
Licence en Marketing et Communication à L'Institut Polytechnique de
Dakar(Thomas SANKARA)
Correspondant de www.nlsguinee.com au Senegal.
BP: 28519 Médina-Dakar :Tel 00221 77 411 75 02.
Pour www.nlsguinee.com