mercredi 20 février 2008
Pour tout Etat et tout gouvernement modernes, le problème fondamental est de concilier le juste avec l’efficace, la démocratie, les libertés individuelles et collectives et la nécessité de faire régner l’ordre, poser les jalons du progrès et sans perdre ses racines civilisationnelles, assurer l’unité et l’indépendance de la nation, et de concilier tous ceux-ci avec la raison, en tant que possibilité d’une démarche sensée être pour tous et comprise comme telle pour tous.
Pour tout Etat qui voudrait revenir à ces normes (comme la Guinée aujourd’hui) en vue de son perfectionnement politique et démocratique, devrait passer nécessairement par les réflexions et des discussions.
C’est dans et par la réflexion sur ce qui est nécessaire que ce fait l’éducation des citoyens (y compris les gouvernants)
« La discussion étant le fondement idéal du système constitutionnel », comme me le disait mon professeur de philosophie politique, avant de continuer que « car la grande caractéristique de tout Etat archaïque est de dépendre de son propre isolement ».
C’est pourquoi la Fédérations des Associations des Guinéens et Africains de France (FAGAF) a bien voulu organiser cette rencontre autour d’un thème aussi important pour les guinéens que « la démocratie en Guinée », et invité une sommité du Droit qu’est Maître Lamine Sidimé.
La FAGAF s’est, en effet, rendu compte que l’isolement, la non-discussion, le manque de dialogue multiplie la peur et la suspicion et conduit tout Etat à contredire la condition humaine essentielle à la pluralité, à l’entente et à la communauté d’action, qui est la condition de toutes formes d’organisation politique.
Seul le dialogue peut engendre assez de puissance et de compréhension pour que tout/tous puissent demeurer dans l’espace de l’apparence, dans le domaine public, et ainsi peut secréter les germes d’une réconciliation dès qu’on commence à s’expliquer.
Pour ceux qui se lamentent pourquoi la FAGAF accepte t-elle d’initier une telle rencontre, voici sus-citée une des réponses.
D’autres réponses se trouvent fondamentalement dans le sens de notre démarche. Notre démarche aujourd’hui consiste au-delà de toute appartenance politique à mettre en place une possibilité de dialogue, non à avantager une ethnie, une formation politique ou une personne à s’affirmer, mais tout simplement à chercher ensemble les problèmes qui assaillent notre Etat et de faire des propositions pour une gestion fine de notre économie.
Il faut s’entendre que la Guinée appartient à tous les guinéens, il est certes bien d’émettre chaque fois des critiques (j’assume d’ailleurs pour celles que j’ai eues à faire et que je vais continuer à faire), mais il faut être aussi capable de proposer.
Emettre des critiques est une chose, mais proposer est une autre, alors critiquons et proposons aussi. Surtout ne pas revenir sur des idées déjà exprimées, essayer d’innover tout simplement, on se rendra compte que ce n’est pas le même exercice.
La démarche de la FAGAF est de faire de l’intelligentsia guinéenne une arme de proposition des mesures pouvant permettre à la Guinée et à l’Afrique de rejoindre le peloton de tête de la course au développement.
Toute la partie politiquement jeune de l’intelligentsia guinéenne et toute l’élite d’un certain age devraient se résoudre de critiquer mais aussi de faire des proposions cohérentes.
La force de toute analyse est de constater en premier lieu et de proposer en second lieu, alors mettons nous au travail.
Et l’une des propositions de la fédération est une invitation à jumeler la capacité de notre intelligentsia, à constater et de faire des propositions écrites et objectives afin de permettre à notre pays de briller de tout son éclat.
La FAGAF souhaite engager un dialogue totalement ouvert en invitant des personnes ressources comme Maître Lamine Sidimé pour permettre aux jeunes de s’intéresser dès maintenant à leur pays, et d’accentuer des réflexions, des propositions qu’ils peuvent soumettre ou de les faire valoir à leur propre compte.
Il faut admettre que tous les pays du monde ont eu des problèmes, nombreux sont ceux qui se sont en sortis par des propositions de ses intellectuels.
Ne sont-ils pas trop pessimistes ? Sont-ils vraiment de bonne foi ?
Telle est la question que je me pose en parcourant des comptes –rendus que j’ai eu à lire sur certains sites guinéens.
Je crois que les contenus sont un peu détournés et quelque peu trop infidèles au déroulement de l’événement lui-même, par conséquent incestes.
Ce qui me fait mal dans tout ça, c’est que ces réflexions viennent des personnes à qui j’accorde un profond respect.
Qu’il m’excuse, à travers ces quelques lignes qui vont suivre, d’exposer ma vision des choses.
Loin de susciter une quelconque polémique ou de leur montrer ma maturité intellectuelle qui ne fait que prendre racine, mais il est aisé à ce niveau de s’entendre sur certains termes.
Il faut honnêtement s’accorder que les causes du problème guinéen sont largement entendues, mais les réponses que les autorités feignent de donner ne sont simplement pas bonnes. On est bien d’accord
Mais remettre en cause les compétences de Maître Lamine Sidimé, les motivations de la Fédérations des Associations des Guinéens et Africains de France (FAGAF) a organisé cette conférence, les possibilités de la République de Guinée de rebondir me paraissent à la fois mesquins et sceptiques.
La FAGAF, elle n’est nullement sceptique, si elle l’était, elle aura préféré le silence plutôt que de poser délicatement ses opinions sur un pays que nous chérissons tous.
Si elle fait partager ses avis, c’est parce que elle croit possible, dans ses modestes limites, d’influencer l’opinion publique, de provoquer son réveil et de contribuer avec et après bien d’autres structures associatives, à la production d’un résultat opposé à celui que nous condamnons actuellement.
La FAGAF ne veut pas être simplement contemplatif d’un pays qui se la raconte maladroitement et qui traverse, il faut le reconnaître, une période difficile de son histoire.
C’est pourquoi notre ONG multiplie les rencontres de haut niveau, des débats et cela depuis longtemps d’ailleurs afin de définir comment travailler et agir ensemble, et finalement permettre à notre Guinée de se réconcilier avec elle-même.
Personnellement, la FAGAF ne pense pas qu’initier de telle rencontre, peut relever du scandaleux. Car elle n’a jamais envie de caresser les mains du diable.
Par Alseny SOUMAH
Président fondateur du MEDI-SE
Chargé de communication à la Fédération des Associations des Guinéens et Africains de France (FAGAF)
http://blog.kokoom.com.com/artebene/
Contact : onealseny@hotmail.fr
Pour www.nlsguinee.com