lundi 18 février 2008
L’école de la république, l’école du SILY et même l’école pré et post-CMRN évoquent tant de reproches à leur faire, tant d’améliorations que nous aurions aimées voir intervenir depuis nos premiers jours d’écoliers, toutes générations confondues. L’avènement des écoles dites privées ne changent pas grand-chose à la réalité de ce qui va suivre, à tout le moins du point de vue du coût de la scolarité.
Contrairement à ce qui semble être logique dans beaucoup d’autres pays, y compris en Europe et en Amérique du Nord, l’école guinéenne est gratuite, l’Etat guinéen a pu assurer à ses enfants un enseignement (en principe) non tarifé et a par cela permis à plusieurs générations de citoyens, filles comme garçons, de prendre le chemin de l’école, d’imaginer leur vies autrement que dans une assignation à l’analphabétisme. Rêver devenir médecin, ingénieur, infirmière ou pilote, telle fut la marque de fabrique de La République de Guinée pour ses enfants, à chacun de tenir sa chance, à chacun de forger son devenir grâce aux outils de l’école publique, et pour ceux qui atterrissent à l’université un pécule quelque peu symbolique mais tellement égalitaire. Bien sûr que tout ne fut pas rose, qu’il y a des choses à pointer du doigt tels le modèle d’enseignement, « l’inadéquation » des langues d’enseignement au regard de buts poursuivis, bien sûr que le régime en cours a ouvert les vannes de l’enseignement privé sans se donner les moyens d’un contrôle de qualité, d’une inspection des programmes de sorte que l’anarchie l’emporte aujourd’hui sur la visibilité qui caractérisait notre système scolaire. Mais il est des moments où il faut s’arrêter un instant, il est des moments où ils faut oser endosser les habits de la République pour daigner reconnaitre ce qu’elle a fait de nous autant que faire se peut, il est donc des moments où tout ne peut-être rejeté en bloc, où il faut enfin agir en enfant de La République. Passez-moi la formule de « ce que vous avez fait pour votre pays et non ce celui-ci a fait pour vous… »
Nombreux sont aujourd’hui ceux d’entre nous qui sont passés par cette gratuité, par cette belle occasion d’une école républicaine, certes imparfaite, mais nationale et égalitaire. J’en appelle au meilleurs de La République comme aux élèves moyens, aux boursiers et autres talents quels qu’ils soient, de ne pas oublier La Guinée, de ne pas tourner le dos à la partie et ce quelles que soient les raisons qui les y poussent. Laisser tomber le pays parce que ceux qui le gouvernent se trompent ou qu’ils sont incompétents, laisser ternir l’image du pays parce que les meilleurs de ses fils se résignent à bâtir d’autres nations est chose triste. A ceux qui estiment que le pays est mal géré, qu’ils viennent proposer leur service à la nation, à ceux qui reprochent la corruption, qu’ils viennent donner l’exemple de la probité car plus l’on attend plus il sera difficile de redresser la maison Guinée.
La Guinée nous appartient à tous, la regarder brûler depuis les balcons des Etats-Unis ou de votre bureau d’ingénieur sur les hauteurs de seine est chose regrettable, les risques autrefois justifiées sont aujourd’hui révolus, les seuls qui perdurent étant en quelque sorte ceux liés à toute entreprise qu’elle se déroule à Bruxelles ou à Paris.
Venez donc investir vos forces en Guinée, venez redonner confiance à ceux qui n’ont plus accès à l’école, venez enseigner ceux n’ont plus droit à des enseignants de qualité faute de sous… Les temps ont changé, mais La Guinée reste na nôtre, s’il vous plaît, ne pas oublier la patrie.
Par Titi Sidibé
Correspondant de www.nlsguinee.com à Bruxelles
Rédacteur en chef de www.guineecitoyens.org
Pour www.nlsguinee.com