Guinée : La Guinée est dans une situation difficile et dangereuse
07 novembre 2005
Quels sont les symptômes d’une crise qu’il faut encore pour les Guinéens et la communauté internationale pour réaliser que la Guinée est déjà un Etat en faillite ?
Faut il être un politologue ou un savant pour voir que la Guinée est « un ticking bomb », une bombe à retardement ?
Que faut-il encore pour que, l’armée guinéenne, la seule institution républicaine et dernier rempart de sauvetage du pays, plus particulièrement les jeunes officiers patriotes prennent leurs responsabilités devant cette menace dangereuse qui guette la Guinée à savoir sa désintégration et les rivières de sang que les guinéens vont en payer ?
Tous les signes du danger sont là mais pourquoi cette indifférence très coupable de notre armée ?
Il faut une intervention de l’armée pour de faire tomber cette dictature et de mettre en place un régime démocratique sur la base d'un consensus national.
Devant chaque crise, la logique élémentaire veut qu’on pose d’abord un bon diagnostic qui permettra ensuite de préconiser les remèdes appropriés. La nécessité d’établir un bon diagnostic du paradoxe Guinéen est d’autant plus indispensable parce que les causes de la faillite en Guinée sont multiformes et multidimensionnelles.
Notre pays est d’abord en proie à une crise identitaire qui si rien n’est fait maintenant pour corriger cette dérive étatique, le pays risque de vivre le « syndrome ivoirien » de la crise identitaire.
Aujourd’hui en Guinée, l’identique ethnique et régionale prime sur l’identité nationale cela grâce à la politique de diviser pour régner où les alliances, les affinités ethniques or régionales garantissent des avancées administratives, économiques et politiques.
Depuis près d’un demi siècle, nous vivons une misère que nous ne méritons pas au regards des potentialités économiques, agropastorales du pays. Nous vivons une misère « auto-infligée ou auto-imposée ».
Pendant tout ce temps n’avons nous pas eu assez de temps pour observer et méditer sur nos erreurs d’hier ?
Les Guinéens devraient réfléchir sur le passé, tirer les conclusions et se consentir sur le pressent et le futur pour être mieux outillés spirituellement, moralement et intellectuellement pour relever le défi !
C’est un point d’honneur. Un homme politique ne doit pas fuir ni renier son passé, mais il doit plutôt être capable de rebondir sur ses erreurs passées pour réaliser des performances pour le présent et l’avenir.
Sans vouloir dire d’oublier notre passé, nous ne devrions pas passer notre temps à pleurnicher éternellement sur nos revers d’hier, alors que nous avons l’urgence de survie de nos enfants pour aujourd’hui et pour demain !
Où est la crédibilité des élections proprement dites que l’on organise le 18 Décembre 2005 ?
Pourquoi l’organisation précipitée et bâclée des élections communales et communautaires, magouille électorale qui devrait interpeller tout leader politique guinéen soucieux de l’avenir de son peuple ?
Devant l’imminence du chaos et l’affolement de la classe mafieuse au pouvoir et pour garantir leur pérennité et leur dominance dans les affaires du pays, il faut créer par tous les moyens cette semblance de nouvelle ère de démocratie en Guinée pour légitimer la succession de leur choix et justifier ainsi que ce choix constitue le moindre mal pour une apparente stabilité en Guinée.
Une telle manipulation constitue une véritable bombe à fragmentation qui explosera à leur figure.
Pourquoi risquer de sacrifier l’avenir de tout le peuple Guinéen ?
Si nous sommes des patriotes, dans tout ce que nous faisons, nous devons placer la patrie avant toute chose, y compris nos intérêts personnels.
L’opposition guinéenne doit comprendre qu’un vrai patriote ne peut concourir aux élections lorsque le pays est sous une dictature mercurielle. C’est comme si on demandait aux politiciens Chiliens dans les années 1970, de participer aux élections sous le gouvernement du dictateur Pinochet.
Les Guinéens ont une priorité : libérer notre pays de la dictature « Prétorienne de l’Apartheid » de Général Lansana Conte dont ils sont victimes, rétablir l’unité nationale et restaurer l’autorité de l’Etat.
Tant que ces conditions là ne sont pas réunies, il est inutile que les Guinéens et l’opposition participent à une quelconque mascarade électorale.
Demain, l’histoire jugera très sévèrement tous les complices de ce grand complot qui se trame contre le peuple Guinéen.
Rappelons nous que s’il est vrai que personne ne peut plus rien changer à l’histoire de la Guinée mais il est aussi vrai que pouvons tirer les conclusions, les erreurs et les perspectives en revisitant de façon honnête l’histoire tourmentée de notre pays depuis son indépendance. Celui qui refuse de revisiter son passé historique est condamné à revivre et à récidiver les mêmes erreurs.
L’histoire de notre pays est là, immuable et éternelle, figée dans la pierre du temps !
Malgré les imperfections et les erreurs du passé, chaque Guinéen est capable de changer sa personnalité positivement ou négativement pour demain.
Si aujourd’hui et demain, un guinéen entreprenais à faire quelque chose de bien pour son peuple qui souffre, il est certain que l’image négative du passé sera vite supplantée par celle positive du présent.
Il est temps que les leaders politiques guinéens du pouvoir et de l’opposition, révisent leurs mentalités pour se préoccuper un tout petit peu du peuple qu’ils dirigent ou qu’ils se réclament représenter.
Les erreurs des prédécesseurs ne peuvent pas constituer une justification des échecs pour les successeurs !
Si les « libérateurs » d’hier comme l’avait solennellement les membres du CMRN avec jadis Colonel Lansana Conte à sa tête, se transforment en dictateurs parce que leurs prédécesseurs ont été dictateurs, alors pourquoi ont-ils pris le pouvoir par la force tout en éliminant les dignitaires de l’ancien régime sans aucun jugement ?
Si le système du PDG « Parti-Etat » de Feu Sékou Touré et les PDGistes étaient des modèles, pourquoi les ont-ils chassés du pouvoir ?
Nous devons arrêter ce sophisme politique qui pérennise la médiocrité et l’immoralité de la classe politique guinéenne. Car, tenir un tel raisonnement équivaut à condamner notre jeunesse à l’inanité et à la médiocrité. C’est comme si nous leur lancions un message subliminal pour les inviter à démissionner de tout effort d’amélioration et du progrès.
Nous devons changer et évoluer vers le bien !
Les Guinéens patriotes doivent prendre conscience de la supercherie et de la complicité des hommes au pouvoir et identifier avec clarté le vrai danger qui menace l’existence de leur pays : la classe au pouvoir y compris leurs complices, piégés par l’appât du gain, au sein des institutions du pays.
Général Lansana Conte a fait preuve de son esprit anti-démocratique depuis plus de vingt ans. Avec un tel esprit rétrograde de gouvernance, le dictateur « Général Lansana Conte » a confirmé par ses paroles et ses actes, qu'il ne cède pas, n'écoute pas et refuse le dialogue et que la Guinée ne progressera jamais et ne verra jamais la vraie démocratie pendant son vivant.
Quel malheur est tombé sur la Guinée pour qu'elle soit gouvernée par quelqu'un qui ignore les principes fondamentaux de la démocratie !
La Guinée ressemble à un octopode aveugle qui navigue dans toutes les directions.
Le gouvernement est un conglomérat de mafias à plusieurs têtes dirigées chacune par des hommes guidés par des intérêts égoïstes qui profitent de leurs positions pour duper le peuple et surtout user de leurs positions pour s’enrichir sur le dos des pauvres.
En fait, on peut résumer le calvaire Guinéen à cette simple phrase : La Guinée est malade des ses enfants qui sont corrompus à jamais. Quelque soit le pouvoir en place nous allons voir les mêmes méthodes de gestion, de corruption et vol institutionnalisés, de magouilles et de tout ce qui retarde. Il faut une très grande révolution pour mettre les pendules à l’heure.
Il est vrai que la Guinée est le dernier pays de la planète et cela le dernier sur tous les plans, cela est du à la mal gouvernance, la mauvaise gestion des biens de l'état et surtout des mauvais dirigeants à la tête de ce pays potentiellement très riche mais paradoxalement en ruine.
Ne dit-on pas que chaque pays dispose les dirigeants qu’il mérite. La position honteuse que la Guinée occupe est cella est celle que nous méritons. La Guinée a la direction la plus minable qui soit : un Président irresponsable, illettré et affairiste, un Premier Ministre inconstitutionnel sans réel pouvoir, un président de l'Assemblée Nationale intrinsèquement incompétent et dénué de toutes ses prérogatives car représentant une institution illégale, enfin une population désespérée et fataliste.
Proposer un remède revient à suggérer l'avènement d'une nouvelle force apolitique (armée ou mouvement populaire organisée par la société civile) dont la seule mission serait de mettre à l'écart de toute activité politique des personnalités bien identifiées, refondre complètement le paysage politique du pays, régler tous les contentieux en suspend (les dérives de l’ancien et de l’actuel régime y compris les assassinats politiques) et organiser des élections claires, transparentes, créer de nouvelles institutions dont les acteurs seront choisis sur la base de critère intellectuel et de probité moral, approprié aux ambitions de la Guinée.
Je lance un appel patriotique à tous les Guinéens et plus singulièrement aux dirigeants politiques du pouvoir « PUP » et de l’opposition à penser à l'intérêt majeur de notre nation et à faire en sorte que la raison la sagesse et la tolérance priment vos démarches pour éviter que la Guinée ne pas tomber dans la violence aveugle.
Il est grand de rappeler aux guinéens que si «l’on peut produire des révoltés et des rebellions avec des doctrines, on peut aussi en fabriquer avec l’injustice sociale». Tel est, tristement, le cas aujourd’hui en Guinée. L’injustice a atteint un point de non retour et sachant que Général Lansana Conte n'a jamais écouté personne depuis 21 ans sauf lui-même, il est temps d’arrêter cette hypocrisie.
Général Lansana Conte sait tout du mal guinéen dont il est le premier acteur mais il s'en fou orgueilleusement parce qu’il n'y a rien à rectifier au contraire tout est à refaire, on attend plus rien de lui à part son départ.
Aura t-il la raison et l’extrême sage que Dieu gracieusement confère à tout individu au crépuscule de sa vie pour que Général Lansana Conte reconnaisse qu’il est le vrai problème, le véritable obstacle et l’authentique frein à l’épanouissement de la Guinée, pour qu’il parte sans délai avec sa mafia de famille et laisse les Guinéens et Guinéennes se reconstruire et de vivre en paix.
Dr Mamadou Diallo
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