jeudi 07 février 2008
Le meilleur moment pour rendre hommage à un grand homme est celui de son vivant, l’expérience montre, du reste, la tendance à le faire une fois que l’intéressé n’est plus de ce monde et ce parce qu’on y avait pas pensé plutôt ou parce qu’on disait avoir toute la vie pour le faire. En quoi l’ami Morel serait un homme à honorer de son vivant ?
En peu de choses si l’action citoyenne ou politique se comptabilise, en une reconnaissance si à contrario la constance et le sens de l’intérêt général restent encore une valeur centrale pour nous autres (ses concitoyens). Le fait d’arme le plus à même de nous interpeller de l’ancien ministre de l’information et des nouvelles technologies n’est t-il pas sa ferme conviction en une Guinée démocratique. En effet, sa foi inébranlable aux hommes et femmes du pays ainsi qu’aux institutions républicaines s’est traduite dans toutes les actions que l’on connait de lui.
La politique n’est qu’une parenthèse dans l’action de cet homme de culture connu pour sa probité légendaire et sa morale quasi-ecclésiastique. C’est à se demander comment Monsieur Morel a pris le risque de descendre dans l’arène politique, mais poser la question c’est inconsciemment reconnaitre la constance de la conviction de l’homme, « La Guinée vaut quelque chose, tous les Guinéens ne sont pas corruptibles ». Accepter de rentrer au gouvernement Kouyaté ne fut pas une erreur, c’était plutôt un courage de collaborer à une administration ( je n’ose pas dire « un régime ») qui a la réputation de louer le diable, de porter le colporteur à la chancellerie. Il est vrai qu’un empêcheur de tourner en rond fait figure d’ovni dans un tel monde où faire allégeance au commandant et baisser son froc pour de vulgaires charges prend le pas sur la défense de l’intérêt général. S’il avait décliné l’invitation de rentrer au gouvernement tous auraient compris, le fait d’accepter est tout aussi compréhensible mais passons…
La derrière crise politique que d’aucuns ont, à tort, vite qualifié de mini-crise démontre, si besoin en était, que la Guinée marche sur la tête, nous nous étions levés pour sauver un démocrate, un citoyen qui avait crû bien faire ; il paraît même que les « syndicalistes avaient pour condition de retour au calme le rétablissement de Monsieur Morel dans son siège de ministre ; mais nous avons vite fait d’oublier l’ami Morel dans son habit de « débarqué du bus ». Qui avait dit qu’aucun guinéen n’était prêt à prendre le risque pour son pays, en voilà un exemple qui se rappellera tôt ou tard à notre conscience.
Je ne préjuge aucunement du fond de l’affaire « décret dit restructuration », il me semble tout simplement aberrant qu’un seul homme soit appelé à répondre d’une situation, d’une crise née du tripatouillage de nos institutions. Et L’ami Kouyaté, est-il resté dans le bateau pour sauver La Guinée ou ses mises, seul l’avenir nous le dira.
A l’ami Morel, maintenant et toujours ma gratitude de citoyen blasé par l’anarchie du système politique guinéen.
Par Titi Sidibé
Correspondant de www.nlsguinee.com à Bruxelles
Rédacteur en chef de www.guineecitoyens.org
Pour www.nlsguinee.com