mercredi 06 février 2008
L’essentiel n’es-il pas de participer même si in fine on ne rentre pas au pays avec le trophée de la compétition pour laquelle la nation toute entière a été tenue en haleine pendant un certain temps ? La formule ne convient pas à la situation que le peuple de Guinée vient de vivre au travers d’une défaite indécente non pas par le score mais par l’attitude même de ceux qui sont censés porter avec honneur le symbole identifiant de la Guinée aux yeux de la communauté africaine et au-delà.
Les 5-0 sont peu de choses au regard de la conduite que l’on est en droit d’attendre de ceux qui jouaient pur nous ce dimanche, perdre est une chose, fuir devant l’adversaire en est une autre peu honorable pour l’ensemble du pays. Encore faudrait-il savoir que le ballon que l’on pousse pèse sur les pieds des millions de guinéens, que l’interprétation d’une attitude anti sportive se fait à charge de tout un pays, que par conséquent l’image du pays et ses habitants prend un sacré coup de sabot.
Sans vouloir faire une généralité au sein de l’équipe nationale, tous le joueurs ne sont pas irresponsables, n’est-il pas juste d’exiger des autorités sportives de retenir aussi, désormais, comme critère de sélection le respect d’un minimum de valeur car il est des attitudes que le meilleur des compétiteurs ne peut s’émanciper l’observation.
Perdre un match est logique, c’est cela le sens même d’une rencontre sportive (gagner ou perdre), fut-elle de la plus haute importance, mais abandonner le drapeau national est chose incompréhensible si tant est que les joueurs sur le terrain, ce jour, mesuraient l’humiliation qui était la nôtre.
Autre affront était aussi l’idée que certains footballeurs se font de la disciplinaire sportive qui, dans pareilles compétitions, en appelle à celle attribuée à tout un pays : « les guinéens se battent-ils aussi facilement, les guinéens ont-ils peu de considérations pour des règles quelque peu élémentaire du vivre ensemble ? Il y eut des comportements dont nous ne pouvons être fiers, mais toute chose mise à plat, il y a parfois des choses qui peuvent s’expliquer sans pour autant être acceptées comme il y des choses dont une nation se doit de proscrire dans ses rapports avec les autres nations. Les joueurs seraient nos ambassadeurs sur le terrain, ils exprimeraient des talents issus de notre peuple, s’ils arrivaient, même par mégarde, qu’ils aient des attitudes semblables à celles qu’ils ont eues pendant cette coupe d’Afrique, sommes nous responsables de leurs actes ? Peut-être que si !
La pagaille nationale sur tous les plan ne traduirait-elle pas les comportements dont nous nous empressons de nous offusquer, ces joueurs ne sont-ils pas des enfants du pays, dignes héritiers de l’irresponsabilité, de la culture de l’impunité et du voyou érigé en champion.
Il serait temps que l’exemple soit donné par les aînés, que les commis de la nation soient irréprochables, bref un nouveau départ vers des valeurs Ô combien bafouées et jadis inhérentes à notre société.
Plus qu’une question de score, la Guinée a perdu le match des valeurs et de la discipline, l’humain étant présumé s’amender gageons que nous serons capables d’un sursaut national en matière d’éducation et non particulièrement pour le cas précis de football.
Par Titi Sidibé
E-mail : sidibetiti@yahoo.fr
Correspondant de www.nlsguinee.com en Belgique
Pour www.nlsguinee.com