mercredi 30 janvier 2008
En Guinée, une fois que le chef est installé, c'est commettre une faute politique grave, un péché religieux et une faute sociale sans pareille de ne pas conjuguer le même verbe que lui, et il serait impardonnable de contester ou bien même essayer de rectifier certaines maladresses de la part du chef, même si l'on sait qu'elles auront des retombées négatives considérables sur la vie sociopolitique de la nation.
Quand le chef parle on se tait, il n'ya personne pour signaler ses erreurs. Celui qui se décide de le faire est singularisé dans son action courageuse et est considéré comme la mauvaise graine dont il faut s'en débarrasser. C'est la raison pour laquelle le chef est entouré d'une enveloppe mystérieuse infranchissable:(un mythe en quelque sorte), aux yeux de toutes les couches sociales de notre pays.
Cette enveloppe finira par s'endurcir et permettre au chef de conduire le pays avec un système absolu que nous appelons ''la dictature''.
La dictature ne vient jamais spontanément, elle se développe au fil du temps et atteint son paroxysme quant elle est soutenue par une bonne partie du peuple; surtout cette partie qui trouve son intérêt particulier sauvegardé par cette gouvernance.
Le dictateur se croyant ainsi incontesté et vénéré par toutes les forces vives de la nation, finira par s'installer dans un siège de paranoïa à un niveau qui dépasse les liens existants entre croyants et Dieu à travers les chefs religieux qui finiront par le présenter comme un Dieu sur terre qui mérite toute obéissance au même titre que la puissance divine.
Le social interprétera cela comme une représentation de la puissance divine sur terre que nous devons obéir. Et tous ceux qui se battront pour sauvegarder ce pouvoir <> bénéficieront de sa miséricorde ici bas et aussi dans l'au-delà. Ceux qui se battront le mieux, se verront octroyé une place de choix beaucoup plus près du chef.
Cette couche sociale très fragile chez nous sera la meilleure cible du chef pour perpétuer son pouvoir.
Il nous divisera pour régner sur la base de l'ethnocentrisme et favorisera une ethnie au détriment d'une autre chaque fois que le besoin se fera sentir.
Alors ce n'est plus le développement du pays que l'on verra, ni l'intérêt supérieur de la nation qui va prévaloir, ni la souffrance qu'endure la population, mais la sauvegarde du pouvoir et l'amélioration des conditions de vie de se groupe de corrompus au détriment de cet autre groupe de silencieux marginalisés et étiquetés comme ennemis du chef.
C'est l'une des raisons qui font surtout que toutes les bonnes actions entreprises pour apporter le changement dans notre pays échouent; parce que les initiateurs se verront confrontés non pas seulement au chef et son clan, mais aux chefs religieux, au conseil des sages en provenance de toutes les régions du pays, aux différentes couches sociales de la nation et en plus de tout cela les forces républicaines qui feront tout pour faire croire à l'opinion internationale que la bonne marche ou les procédures de revendication n'ont pas été respectées.
Considérant tout cela, à quand et de qui viendrait le changement en Guinée?
Y'en aurait-il un en Guinée?
Par Malick Diané
Depuis Columbus-Ohio (USA)
Pour www.nlsguinee.com