Guinée : Médias : Lansana Conté libère le Rédacteur en chef du journal la "Guinée Actuelle"
04 novembre 2005
Après avoir passé plus de 24 heures en détention à la maison d’arrêt centrale de Coronthie, notre confrère Louis Espérant Célestin, rédacteur en chef du journal la "Guinée Actuelle" a enfin retrouvé sa liberté ce mercredi 2 novembre par une décision du chef de l’Etat le Général Lansana Conté, suite aux démarches personnelles de l’épouse du journaliste, Aminata Camara, directrice de publication de ce journal.
L’on se rappelle que le journaliste était poursuivi selon le procureur du tribunal de première instance de Conakry, Yaya Kaïraba de « diffamation et injure publique » et ce suite à la publication d’une série d’articles de presse provenant de l''Internet. Ces articles révélaient les dessous de l’attribution de la quatrième licence GSM qui fait le duel Sultan-Cellou.
Sur le mobile de son arrestation, Célestin se a déclaré à Guinéenews© : « Hier midi (mardi 1er novembre, ndlr), la police a fait irruption dans notre rédaction munie d’une convocation en me demandant de me rendre avec eux à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). Je leur ai demandé de me devancer et que je viendrai d’un moment à l’autre. Ce qu’ils ont refusé. Ainsi, je leur ai demandé si c’est une convocation ou un mandat d’amener. Cette interrogation les a rendus furieux et ils m’ont embarqué manu militari dans leur fourgonnette, direction DPJ. Là, j’ai été immédiatement auditionné avant d’être déposé au Tribunal de Première Instance de Kaloum. Le procureur Kaïraba sans tarder a fait un mandat de dépôt pour m’enfermer à la prison civile où j’ai passé la nuit. »
Pour sa libération, le journaliste ajoute : « le lendemain (mercredi 2 novembre), vers midi, le colonel Sougoulé de la présidence est venu me chercher en prison avec la Directrice de publication de mon journal, direction la présidence où j’ai été reçu par le chef de l’Etat. Il m’a demandé les raisons de mon arrestation. Après m''avoir écouté, il m’a dit : tu es libre, vas chez toi. Quiconque vient désormais t’arrêter, dis-lui que c’est moi Conté, je dis maintenant de ne plus t’arrêter. Cela en présence du président de l’Assemblée Nationale et d’autres personnalités du gouvernement. »
Reconnaissant le bienfait du chef de l’Etat, notre confrère dit : « je remercie le président de la République pour sa prompte intervention et son humanisme. Et, surtout l’attention particulière qu’il porte à l’égard de la presse. » C’est tout dire pour qui connaît l’esprit de tolérance qu’anime le général Conté. Il est souvent sans savoir les causes des bavures de certains gros bonnets infligés à de paisibles populations, sans raisons.
N’eut été la bravoure de la Directrice de publication de la "Guinée Actuelle", l’infortuné journaliste allait durer en prison. Car, la presse guinéenne dans son ensemble est restée en marge de cette présente situation, sauf quelques exceptions près. Ce qui démontre aujourd’hui à quel niveau le milieu médiatique guinéen est miné par l’affairisme et la guerre...
Sanassa Camara
Conakry, Guinée
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