jeudi 17 janvier 2008
Le 2 octobre 2007, j’intitulais un article : « La Guinée guettée par la tragédie de l’ethnicisme .» Avec ce titre, j’essayais d’alerter les Guinéens sur le prochain embrasement de notre pays par le pompier pyromane qui se trouve être le PM actuel.
Depuis le 5 décembre 2007, la Guinée est devenue l’âtre où Lansana Kouyaté enfouit les dernières bûches qui enflammeront notre pays. Oh que de sang va inonder les artères caillouteuses et semées de nid de poule de nos villes ! Que la larve ethnique consumera bien les liens tissés depuis que la Guinée traverse les âges et les temps ! L’humanitaire volera au secours, pourquoi faire alors qu’il faut agir maintenant ? Et nous voici, nous Guinéens, complaisamment absents ou inconscients en se positionna en observateurs passifs au lieu d’agir !
Comment expliquer qu’un gouvernement comme celui de Kouyaté puisse entrer en résistance contre celui qu’il affabulait et pour lequel le PM se rependait en remerciements ? Il avait oublié le peuple qui l’a placé si haut et jurait que Lansana Conté est son bienfaiteur, qu’il ne s’opposait pas à ses initiatives. Il nous abreuvait de discours mensongers en pensant nous mentir ou tromper alors qu’il se mentait à lui-même. Il avait acheté au prix fort la place de la primature en ayant une conception sûrement ludique du pouvoir au lieu d’avoir la conscience que les responsabilités de PM s’assument avec gravité et patriotisme, qu’elles donnent une hauteur de vue dans la gestion du pays. Ces critères commandent d’emprunter les marches de l’évolution en relevant la tête pour balayer le lointain horizon pourtant si proche du regard politique afin de prévenir, de préparer et de réussir les conquêtes qui récoltent le soutien de ses contemporains que de le leur quémander. Combien de fois je lis ou entends dire « accordons notre soutien au gouvernement de consensus » qui n’en est point. Kouyaté n’avait qu’à travailler, à prêter attention à l’appel du pied du peuple et écouter sa profonde aspiration au bonheur. S’il l’avait fait, il ne serait pas le mendiant d’un soutien qui ne lui sera pas accordé en dehors de celui des mouches de coche qui bourdonnent dans ses oreilles l’empêchant d’entendre la vérité des faits. Ils ont fait de lui l’arbre trop feuillu d’apparence alors qu’il n’est qu’un arbre résineux à aiguilles. L’échec de la grève annoncée le 10 janvier 2008 aurait pu lui enseigner cette vérité ? Je n’en suis pas certain parce qu’il se retranche maintenant dans la résistance qui n’en vaut pas la peine et qui ne produira rien, car il s’est marié avec le diable au moment où la plus belle femme, le peuple, lui tendait la main en s’offrant généreusement à lui.
Pour lui et mes compatriotes, il faut retenir que Lansana Conté ira jusqu’à brûler la Guinée sans qu’aucune fibre de ses sens n’en tremble. Nous avions prévenu Lansinè Kouyaté, mais il a préféré s’accommoder aux délices éphémères du pouvoir épisodique que le système conté confie, à chaque fois, à un personnage assoiffé d’apparaître. Combien de PM ont été usés par ce monstre ?
Monstre ! Lansana Conté l’est en pure et en pire. Souvenons-nous de son ingratitude qui a fait enfouir trop tôt son oncle sous terre aujourd’hui. Je veux parler du Commandant Sylla. Ce vieux soldat est celui qui l’inscrivit sur la liste des enfants de troupe. Il lui donna une éducation sévère comme savaient le faire les militaires de l’époque. Quand Conté usurpa le pouvoir le 3 avril 1984, le vieux Sylla se retrouva, peu de temps après, commandant du camp militaire de Labé. Un jour, Lansana Conté décida de s’en débarrasser. Un décret tomba en plein jour sur le télex du camp de Labé pour annoncer la mise à la retraite de Sylla comme si la retraite se décrétait. Le pauvre ne put jamais supporter cet affront et ne s’en était pas remis. Il en mourut quelques temps plus tard. Voilà un aspect du retors que Kouyaté Lansinè a choisi contre les Guinéens. Alors en ce moment où le compte à rebours à commencer, il doit accepter de consommer sa part d’ingratitude envers le pays. Celle de son adversaire viendra après lui ; c’est-à-dire quand, lui, Kouyaté sera démis. Ceci est inscrit dans l’ordre des choses. « Le vautour qui se pose sur le cadavre du voisin d’hier, se posera sur le sien. » Kouyaté n’a pas compris cette sentence et s’était distancé des Guinéens. Qu’aucun citoyen, qu’aucun patriote ne daigne se mêler de la lutte que les deux Lansana se livrent. Dans quelques jours, l’issue sera connue.
Que Kouyaté Lansinè veuille résister pour enflammer la Guinée est un crime. Et nous ne pourrons jamais ni compatir à son sort scellé depuis sa nomination, ni l’accompagner dans sa dérive actuelle. Il avait programmé la déflagration sociale, mais pas pour de sitôt. C’est un crime parce qu’il reconnaissait que sa nomination est de la volonté de Lansana Conté, mais alors qu’il reconnaisse la même volonté au moment où elle décide de le renvoyer.
Que faire Guinéennes et Guinéens ?
L’heure de notre combat sonnera bientôt quand finira la marche feuilletonesque que nous suivons depuis le 5 décembre 2007. La Guinée retrouvera sa liberté perdue dès le premier jour de la proclamation de la souveraineté nationale.
Maintenant que Lansana Conté ressemble à l’arbre qui meurt, lui réclamer la destitution de ce PM qui rêve de s’accaparer de la présidence pour ressusciter le PDG est un devoir patriotique. Sinon le malheur nous poursuivra encore pendant longtemps. Retenons que le moment est grave, car le risque d’une guerre civile n’est pas à écarter tellement que nous y sommes assez proche.
Paris, le 17 janvier 2008
Par Jacques Kourouma
E-mail : jacques.kourouma@orange.fr
Pour www.nlsguinee.com