mardi 15 janvier 2008
Ces derniers temps l’état d’insalubrité dans la capitale guinéenne inquiète plus d’un citoyen. Certes on ne le dira jamais assez, Conakry est sale et très sale d’ailleurs. Ce manque d’appui à l’assainissement et à la propreté de Conakry est devenu tellement préoccupant que la presse nationale publique et privée en fait largement échos tous les jours que Dieu fait.
Pour tout observateur attentif, les montagnes d’ordures sont remarquées ça et là dans les marchés et sur toutes les places publiques. Apparemment aucune culture de gestion des ordures n’est maitrisée par la population qui se permet de jeter les ordures où bon leur semble. Et c’est dans cette immondice, dans cette saleté qui se passe de tous les commentaires que les femmes passent leur journée en vendant des aliments destinés directement à la consommation.
Parmi ces aliments l’on peut citer par exemple les galettes, les pains, les légumes, les feuilles de patate et de manioc vendus tous nus, sans aucune protection. A côté il y a aussi de la viande et des poissons et les poulets importés vendus dans des conditions insalubres. Les vendeuses de ses condiments directement consommables n’observent aucune mesure d’hygiène alimentaire. Et la population est exposée à toutes les maladies diarrhéiques ou toutes maladies infectieuses telles le choléra, la dysenterie amibienne, transmises par les agents vecteurs qui se trouvent être les mouches et autres insectes qui peuplent les montagnes d’ordures.
Partant d’un constat général les marchés les plus sales sont par exemple Madina, Matoto (voir photo), Ratoma et Kaloum. Seulement, le paradoxe est que ces différents marchés fournissent des sommes importantes au titre des taxes au Gouvernorat de Conakry. Mais la population se demande à quelle fin sont utilisés ces montants qui devraient servir pour l’assainissement des marchés publics à travers la capitale.
Pour mémoire, l’on se rappelle qu’en 2005, le chef de l’Etat avait offert 22 camions de poubelles de 10 tonnes chacun au Gouvernorat de Conakry. Ce geste devait servir pour la collecte, le ramassage et le transport des ordures dans les quartiers en vu d’un assainissement général de la capitale guinéenne.
M. Sory Dioubaté, à l’époque gouverneur de Conakry disait que l’acquisition de ces camions va permettre d’embellir la ville. Et des soit-disant programmes d’assainissement avaient été élaborés et soumis au financement des bailleurs de fonds tels la Banque Mondiale à travers le PDU 3 (Programme de Développement Urbain 3).
Pour ce faire les 35 PME ont été chargées de colleter les ordures dans les quartiers, les marchés, les entreprises et autres lieux, de transporter ces ordures au point de regroupement ou à la décharge. Le service Public de transfère des déchets SPTD quant à lui a été chargé du transfère à la décharge des ordures stockés dans les points de regroupement, l’élimination dans les quartiers de gros tas d’ordures. Ainsi des fonds important avaient été débloqués à l’époque. Mais la gestion de ces fonds est restée à jamais opaque.
Près de trois ans la plupart des camions travaillent maintenant au compte des maires dans les Communes urbaines. Et la population notamment les femmes continuent de végéter dans les montagnes d’ordures, alors qu’elles s’acquittent régulièrement et totalement des impôts et taxes réclamés chaque jour par les services des impôts dans les marchés.
La cohabitation des femmes avec les ordures cause un grand préjudice à la santé de ces dernières comme témoigne une dame, veuve et vendeuse de tomates posées à même le sol dans le marché de Matoto : « je vends des légumes et surtout les tomates depuis plus de 10 ans ici. Mais chaque année la situation est la même. Les chefs de la commune nous promettent de dégager les ordures, mais c’est toujours des promesses non tenues. Une fois mon enfant est tombé malade ici à cause des ordures qui sont là mais je ne peux rien. C’est ici que je gagne ma vie. »
Comme quoi, au lieu de penser à s’éterniser au pouvoir, le gouvernement ferait mieux de prendre ce problème à bras le corps pour le bien des populations ainsi que pour l’amélioration de l’image de la capitale guinéenne.
Par Lansana A. Camara, Conakry
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Pour www.nlsguinee.com