lundi 14 janvier 2008
Actuellement par le temps qui passe, le PM guinéen serait dans une position non enviable eu égard à la pression administrative, politique et sociale qui pèserait sur sa tête. Aux dires de certains observateurs de la scène politique guinéenne il n’est nullement aberrant d’affirmer que le PM se trouve actuellement entre le marteau et l’enclume.
D’un coté on parle d’un président de la république très renfermé sur lui même et hostile à toute négociation avec ses subordonnés qu’il qualifie à chaque occasion de simples sujets chargés d’exécuter ses plus hautes décisions politiques et administratives .
« Les relations entre le président de la république et moi sont très bonnes », « le président me laisse travailler librement », tels sont quelques propos que le PM Lansana Kouyaté se plaisait de lancer à la presse nationale ou étrangère. Or les évènements derniers à savoir la publication du décret de restructuration du gouvernement, le limogeage du ministre de la communication Justin Morel Junior, l’interdiction de la tenue du conseil des ministre au Palais Sekhoutouréyah et le rattachement de la Banque Centrale à la présidence…, montre on ne plus que Kouyaté reste loin d’avoir la maitrise de la machine gouvernementale comme le préconisent les accords de février dernier.
Et ce n’est pas sans raison que certains guinéens, notamment ceux de l’extérieur du pays prévoyaient un difficile pour ne pas dire une impossible cohabitation entre Lansana Conté et Lansana Kouyaté.
« On nous a fait croire que tout allait bien avec la nomination d’un premier ministre, chef du gouvernement. J’ai dit à des amis que même si on nomme un demi Dieu comme premier ministre en Guinée, tant que Lansana Conté est au pouvoir, il restera toujours le seul maître à bord du navire guinéen qui coule déjà sous les eaux » disait un guinéen de la diaspora sur les ondes d’une radio étrangère bien écoutée en Guinée.
D’autre part, la pression non moins importante qui pèse sur Kouayaté est le poids des syndicats de la société civile et de la population en générale. Comme on le sait, Lansana Kouyaté doit sa nomination non pas à la volonté de celui qu’il considère comme son bienfaiteur le General Lansana Conté, mais il le doit à la masse populaire, aux martyrs, dans un mouvement d’ensemble guidé par les syndicalistes. C’est autant dire que le PM ne doit pas oublier la feuille de route dont il a la mission de conduire pour le bien être des guinéens. En tout cas les syndicalistes restent à jamais vigilants quant à l’application stricte des accords obtenus entre syndicats, gouvernement et patronat en février 2007.
Et c’est pour cette raison que l’autre force vive de la nation en l’occurrence la société civile guinéenne lançait au gouvernement de consensus : « la qualité et la mauvaise gestion des accords issus des négociations entre les forces de changement, les Institutions Républicaines et les Hautes Autorités de l’Etat est le point de départ de la crise ouverte au sommet de l’Etat. De l’avis de la société civile guinéenne, la préservation de la paix, la promotion de la justice sociale, de la transparence et de la sécurité des personnes et des biens doivent être au cœur des préoccupations de tous les acteurs en vue d’assurer les meilleures conditions de croissance et de développement socioéconomique durables. Comme tel le respect de la volonté populaire exprimée et négociée dans le cadre de l’esprit des accords de janvier doit demeurer au centre de l’action de l’Exécutif et de tous les acteurs de la vie sociale et politique. La responsabilité collective de tout le corps social est ainsi engagée pour assurer la paix sociale… »
Enfin, les partis politiques de l’opposition dite radicale on entend leurs voix à travers une déclaration commune ou réaction des partis politiques. Dans la dite déclaration on constate que l’opposition n’est nullement partante pour une grève mais plutôt pour un dialogue franc et ouvert à tout le monde.
Difficile de prédire ce que l’avenir réserve au premier ministre qui a perdu dans cette mini-crise une bonne partie de ses prérogatives.
Par Lansana A. Camara, Conakry
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Pour www.nlsguinee.com