jeudi 09 janvier 2008
Les quatre principales centrales syndicales de Guinée ont décidé mercredi de suspendre jusqu'au 31 mars leur mot d'ordre de grève générale illimitée qui devait débuter jeudi dans ce pays d'Afrique de l'ouest, premier producteur mondial de bauxite.
Dans un communiqué transmis à la presse, elles "décident de la suspension du mot d'ordre de grève", détaillent une série de mesures à prendre pour que le partage du pouvoir entre le président Lansana Conté et son chef de gouvernement soit respecté et fixent "la date butoir de mise en oeuvre au 31 mars 2008".
Les syndicats veulent "oeuvrer sans délai avec le gouvernement à l'amendement du décret" du 5 décembre, qui attribue l'essentiel des pouvoirs au secrétaire général du gouvernement au détriment du Premier ministre nommé par consensus début 2007.
Ils demandent aussi la "mise en place d'un cadre permanent de concertation et de dialogue pour permettre l'évaluation et le suivi de l'application des accords" de partage du pouvoir. Un "comité de suivi" sera en conséquence mis en place "avec des représentants du gouvernement, des institutions républicaines, de l'intercentrale, du patronat, de la société civile et du conseil des sages".
Les syndicats souhaitent "rendre plus opérationnelle la structure de veille constituée par les autorités religieuses", demandent la "publication immédiate des résultats d'audit des départements ministériels" et exigent des enquêtes sur les dernières violences, notamment celles de début 2007.
La suspension de la grève intervient après plusieurs jours de discussions avec les institutions républicaines, le patronat, les dignitaires religieux et la société civile. Le gouvernement avait demandé un peu plus tôt dans la journée aux syndicats de suspendre leur mot d'ordre de grève.
Les quatre principales centrales syndicales avaient menacé d'"une grève générale et illimitée" à compter du 10 janvier pour protester contre la violation, par le général Conté au pouvoir depuis 1984, d'accords de partage du pouvoir et exiger le retour au gouvernement d'un ministre limogé. Justin Morel Junior, qui était ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, avait été brutalement et sans explication limogé le 3 janvier par le président Conté et remplacé par un proche du chef de l'Etat.
Il était un membre important du gouvernement de consensus mis en place après les violences de janvier-février 2007. Son limogeage a été perçu par les syndicats comme une tentative de l'entourage du président Conté de regagner de l'influence après les concessions faites début 2007 pour sortir de la crise.
Mais le cas du ministre limogé n'apparaît pas dans le communiqué des syndicats, alors que son retour au gouvernement était une des principales revendication de l'intersyndicale.
Ces discussions étaient cruciales pour la stabilité de ce pays, où un mouvement de protestation contre le général Conté avait fait 186 morts en janvier-février 2007 à la suite d'une violente répression.
Par AFP-Conakry
Pour www.nlsguinee.com