mercredi 09 janvier 2008
Les discussions entre responsables politiques, syndicaux et de la société civile se sont poursuivies mardi à Conakry pour éviter une grève générale illimitée prévue par les syndicats à partir de jeudi en Guinée, a-t-on appris de sources syndicales.
Les responsables des "institutions républicaines", du patronat et des dignitaires religieux ont longuement rencontré les syndicalistes mardi après-midi. Ils doivent de nouveau se voir mercredi à 16H00 (locales et GMT), soit quelques heures avant l'expiration du préavis.
Avant cette rencontre cruciale, d'autres réunions sont prévues. Les responsables des "institutions républicaines", du patronat et les dignitaires religieux se concerteront mercredi matin avant de rencontrer le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984.
Les responsables gouvernementaux et les syndicalistes se réunissent de leurs côtés à partir de 09H00.
Les quatre principales centrales syndicales ont l'intention de déclencher "une grève générale et illimitée" à compter du 10 janvier pour protester contre la violation, par le président Lansana Conté, d'accords de partage du pouvoir et exiger le retour au gouvernement d'un ministre limogé.
Justin Morel Junior, qui était ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a été démis de ses fonctions le 3 janvier par le président Conté, sans explication, et remplacé par un proche du chef de l'Etat.
Il était un membre important du gouvernement de consensus mis en place après les violences de janvier-février 2007. Son limogeage a été perçu par les syndicats comme une tentative de l'entourage du président Conté de regagner de l'influence après les concessions faites début 2007 pour sortir de la crise.
Ces discussions sont cruciales pour la stabilité de ce pays d'Afrique de l'ouest, premier exportateur mondial de bauxite, où un mouvement de protestation contre le général Conté, au pouvoir depuis 1984, avait fait 186 morts en janvier-février 2007 à la suite d'une violente répression.
"La meilleure garantie pour la paix dans ce pays, c'est le respect des accords qui ont été signés. Celui qui viole ces accords n'est pas pour la paix", a indiqué mardi soir à l'AFP Ibrahima Fofana, le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).
"L'intersyndicale est toujours disposée à dialoguer pour trouver une solution au problème posé", a-t-il souligné, tout en appelant une nouvelle fois à l'"application intégrale des accords" de partage du pouvoir et au retour du ministre limogé.
Mais "si elle (l'intersyndicale) n'est pas écoutée, la grève prévue le 10 janvier aura bel et bien lieu", a-t-il averti.
Une autre responsable syndical, Rabiatou Sérah Diallo, la secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) a pour sa part lancé un appel au calme.
"Nous avons bien entendu l'appel des +institutions républicaines+ à la retenue et nous demandons à la jeunesse et à toutes les femmes de garder leur calme jusqu'à nouvel avis", a-t-elle déclaré.
"Nous sommes en négociation, nous sommes les porte-voix des sans-voix. Nous espérons que la sagesse prendra le dessus sur l'orgueil", a-t-elle conclu.
Par AFP-Conakry
Pour www.nlsguinee.com