mardi 08 janvier 2008
Depuis l’annonce de la grève illimitée par l’intersyndicale pour le 10 janvier, une pluie de déclarations tombe chaque jour soit pour dénoncer l’attitude « antirépublicain » de cette annonce ou tout simplement appeler à la bouder. Les syndicalistes comme Hadja Rabiatou, Fofana Ibrahima ou Yamodou Touré y sont traités de tous les noms d’oiseaux à savoir corrompus, traitres, va-t-en guerre et j’en passe.
Le syndicat est aujourd’hui accusé de vouloir faire la guerre d’une personne en l’occurrence Justin Morel ou tout simplement du gouvernement conduit par Kouyaté. Ayant connu les Fofana, les Rabiatou Diallo dans les années 90 au moment où ma mère était du syndicat, je sais que toutes les attaques qu’ils subissent ne sont l’œuvre que de personnes déçues de n’avoir pas fait parti du gouvernement mis en place après les évènements.
Je sais aussi que si les Fofana, Rabiatou et consorts voulaient tirer avantage de leur victoire, ils seraient aujourd’hui parmi les guinéens les plus aisés financièrement. Connaissant assez bien à travers ma mère le mouvement syndical, je sais que des propositions n’ont pas manqué pour amadouer ces personnes. Si celles-ci étaient mues par la recherche du gain, elles auraient été aujourd’hui toutes ministres et leurs enfants dans les plus grandes universités à travers le monde et cela, il faut le reconnaître.
Tout comme il faudrait reconnaître qui si Lansana a plié c’est grâce à la pression de ce même syndicat. Il faut reconnaître que si la grève de l’année dernière a connu un grand succès (avant l’arrivée de certains opportunistes pour s’adjuger la paternité de cette réussite) c’est grâce aux syndicalistes.
D’aucuns parlent aujourd’hui de syndicat à la solde du gouvernement tout en oubliant que ce même syndicat avait tout fait, signer des protocoles d’accord attirant l’attention du gouvernement précédent sur la situation qui prévoyait avant de déclencher la grève. Cela ne prouve t-il pas leur impartialité, leur indépendance vis-à-vis de tel ou tel gouvernement ?
D’autres sont convaincus que ce syndicat a été corrompu se gardant bien de donner les preuves de cette corruption.
Ce qui semble faire courir tout ce beau monde est sans doute une question d’intérêt.
Les partis politiques sont frustrés de ne pas faire parti d’un gouvernement qui leur aurait permis de s’accaparer d’une manne financière en vue des prochaines élections législatives.
La société civile ou ceux qui la représentent sont frustrés de n’avoir pas eu leurs hommes dans le gouvernement dit de consensus.
Quoi qu’il en soit, quelque soient les attaques qu’il subira, le syndicat restera toujours fort. Il restera toujours cette force que Conté respecte et respectera car étant le seul corps ayant osé lui dire non et de surcroît l’ayant obligé (chose inimaginable il y-a quelques années) à abandonner une partie du pouvoir au profit d’un premier ministre.
Ce syndicat reste fort car pour limoger Morel, Conté a dû solliciter l’armée au cas où.
Ce syndicat est fort car grâce à son mouvement d’humeur toutes les institutions ( ?) de la république sont en branle pour trouver une issue heureuse à cette situation.
A cause de cela, le syndicat n’a pas à rougir il compte et comptera pour longtemps dans le cœur des hommes et femmes qui rêvent d’une autre Guinée, une Guinée respectée dans la sous- région et dans le monde, une Guinée où il fait bon vivre, une Guinée de justice. Ce syndicat doit avoir le dos large et la peau épaisse et faire fi de toutes les attaques non fondées qu’il subit. Ne dit-on pas qu’on n’est jamais prophète chez soi ?
Bien qu’en hommes intelligents nous devrions préserver ses acquis obtenus de haute lutte avec le sang de centaines de jeunes guinéens en travaillant avec ce syndicat, en améliorant certaines de ces prises de position, nous le combattons de toutes nos forces et ne nous rendons même pas compte qu’on est entrain de faire le lit des hommes et femmes pourtant responsables de la mal gouvernance qui a conduit ce pays dans ce chaos que nous déplorons tous.
Croyez-vous qu’après avoir combattu ce syndicat, le réduisant à néant, Conté fera appel à vous dans le gouvernement ?
Croyez-vous qu’après avoir combattu ce syndicat Conté négociera avec vous sur l’avenir de ce pays ?
Quand est-ce que vous comprendrez que vous ne représentez rien pour Conté car vous n’avez que la bouche pour négocier ou internet pour le combattre ?
La déclaration pathétique de ces syndicalistes se disant prêts à se sacrifier pour la cause vous a-t-il laissé de marbre ?
Combattez-les, c’est votre droit mais n’oubliez pas après les avoir écrasé d’écrire sur leurs tombes : « ceux-là étaient des Hommes »
Dans l’histoire récente de la Guinée, Conté n’a négocié que trois fois à savoir : lors des grèves des enseignants en 91, lors de la mutinerie de 96 et lors des dernières grèves. Cherchez la similitude entre ces évènements et vous comprendrez la mentalité de ce monsieur.
Malheureusement et vous l’apprendrez très bientôt à vos dépens ce monsieur ne négocie que quand il sait que son adversaire est prêt à tout.
Bonne négociation tout de même et que Dieu vous donne raison pour le bonheur de ce pays qui n’est pas encore sorti de l’auberge.
Par Ousmane Bérété, Sénégal
Pour www.nlsguinee.com