samedi 05 janvier 2008
Le décret du 5 décembre 2007 a fait du poste de Premier ministre une coquille vide. Alors garderait-on encore Lansinè Kouyaté et Lansana Conté qui n’ont pas respecté les accords tripartites ?
En effet, les accords tripartites de mars 2007 avaient été conclus sur la base de l’article 41 qui transfert une partie du pouvoir du Président de la République à son employé de Premier ministre. Malheureusement, Lansinè Kouyaté conçut cette délégation comme une manne du ciel en refusant de s’ouvrir à l’aspiration des Guinéens manifestée profondément les 22 janvier et 9 février 2007. Dans la même logique, il ferma les yeux sur les crimes abominables commis sur nos enfants, même s’il feint de se réveiller maintenant. En lieu et place, il s’est transformé en PM vagabond auquel de très « généreux amis » ont souvent affrété des avions pour sillonner les pays du monde, sans qu’aucun Guinéen ne sache pourquoi une telle générosité si désintéressée ? N’est-il pas parti à la Mecque avec l’argent sanguinolent du sang de nos enfants ?
Pendant presque douze mois, Lansinè Kouyaté n’a regardé que dans le miroir lui reflétant sa vanité et a tourné le dos à la souffrance des Guinéens. Pourtant il est placé là pour les amenuiser sinon les enrayer ! Ainsi jamais n’a-t-il projeté l’avenir du pays. Mieux, il s’est évertué à le diviser ethniquement à travers une gestion calamiteuse pour laquelle ses soutiens, très intéressés par sa « largesse », sont devenus des apologistes.
Or, un homme digne de responsabilité n’est jugé qu’à travers les résultats qualitatifs de l’amélioration des conditions de vie des citoyens pour lequel il a été appelé. Quel projet d’une envergure digne nous a été présenté ou proposé par Lansinè Kouyaté en dehors des voyages qu’aucun PM guinéen n’a effectué sous sa primature ? Il s’est moqué de la mort précoce de nos enfants et autorisé le PDG à profaner la mémoire des victimes de Sékou Touré le 22 novembre 2007. Tout cela a un prix que si Lansana Conté lui demande de payer nous ne pouvons que le féliciter même si nous souhaitons son départ. Aucun Guinéen digne et patriote ne peut s’émouvoir si Lansana Conté démet Kouyaté. Ce qui compte pour nous ; c’est la Guinée débarrassée de ses bourreaux. Peu importe comment et par qui ?
Disons-nous clairement les choses : le PM s’est emmuré dans le faste, les artifices et les privilèges du pouvoir et a enterré le contenu de la feuille de route. Enivré de fait par l’occupation du fauteuil de la primature, la Guinée et ses populations ont cessé d’exister pour lui. Le voilà qui conteste les décrets de son employeur, et récuse son discours, même écrit par d’autres mains. Il pousse jusqu’à l’affront sur fond de chantage en imposant la rectification du décret de restructuration en conseil de ministre, toute chose qui ressemble à une tentative de coup d’Etat déguisé.
Qui a dit que le pouvoir est un exercice difficile qui ne peut être confié à tous les Hommes de tous les statuts sociaux ?
Ce qui n’est pas su, mais a été envisagé; c’est que par cette attitude, Kouyaté Lansinè voulait prouver au monde que Lansana Conté est amnésique, (donc malade), ce qui lui aurait servi d’argument pour le déposer comme le fut Bourguiba en Tunisie.
Sans vouloir me réjouir du désordre qui prévaut dans notre pays, il ne serait pas inintéressant de débarrasser la Guinée de Lansinè Kouyaté dont la fonction n’est plus qu’une carapace vidée de la chaire. Les accords qui ont décidé sa nomination sont devenus caducs depuis le 5 décembre 2007. Le démettre n’est que doublement salutaire : les caisses de l’Etat économiserait son salaire tout en sauvegardant les accessoires en nature et autres privilèges ; le pays gagnerait en épargnant ses composantes sociales de la fracture ethnique programmée et éviterait à la Guinée la résurrection du PDG.
Par incurie et incompétence le PM donne raison à Lansana Conté « qui n’a jamais perdu de bataille ».
En revanche, quand les syndicalistes ont accepté de signer les accords tripartites, ils avaient suspendu la grève. Maintenant que Lansinè se dispute avec celui qui l’a missionné, il est temps que tous les Guinéens s’engagent à sauver la patrie de nos ancêtres du déshonneur et de l’humiliation. La mobilisation ne doit se faire en la faveur d’aucun des deux. Exigeons plutôt leur départ.
En revanche, accordons-nous pour décider Lansana Conté à renvoyer Kouyaté qui a perdu la mémoire en douze mois pour qu’il puisse se souvenir des circonstances qui l’ont placé là. Pourtant, il est un adage qui dit : « Si tu ne te souviens pas de l’endroit où tu as cogné le pied, rappelle-toi au moins du point de chute ». Qu’a fait Kouyaté pour nos enfants tués de manière barbare et pour les Guinéens frappés par la misère ? Rien !
Plutôt, Lansinè Kouyaté a confirmé la réalité de nos structures sociales qui nous enseigne qu’en dépit de la modernité, nous n’avons pas à violer certaines frontières et places imposées par le statut social et consacrées par nos traditions.
Chers parents, pères et mères déconseillez à nos enfants de se mêler au combat des auteurs de tous nos malheurs ! Même si demain les syndicats décidaient d’une grève, qu’ils le fassent seuls tant que Kouyaté et Lansana Conté seront encore à la tête de notre pays.
Jeunes de Guinée et Femmes de Guinée,
La bataille que l’employeur et l’employé se livrent ne nous concerne pas. Les deux nous ont méprisés, surtout Lansinè Kouyaté. D’aucuns vont vous inviter à soutenir l’un ou l’autre, ne vous exposez pas à la mort par laquelle Kouyaté est devenu PM pour nous oublier après. Jamais, il n’a évoqué volontairement la mémoire de nos héros. Pourquoi chercheriez-vous à vous sacrifier pour lui ? Mieux vaut qu’il parte de la primature !
Paris 4 janvier 2008
Par Jacques KOUROUMA
jacques.kourouma@orange.fr
Pour www.nlsguinee.com