vendredi 04 janvier 2008
Les centrales syndicales guinéennes ont annoncé vendredi qu’elles déclencheront le 10 janvier 2008, une grève générale illimitée pour dénoncer « les violations » du protocole d’accord du 27 janvier 2007, ayant mis fin à la grève du début d’année 2007, a appris APA sur place.
Cet appel est lancé par l’Inter - centrale composée de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), élargie à l’Organisation nationale des syndicats libres de Guinée (ONSLG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).
« J’invite tous les Guinéens à se mobiliser de nouveau pour exiger le respect du protocole d’accord du 27 janvier qui aujourd’hui est violé dans toutes ses composantes par le chef de l’Etat », a déclaré Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’USTG, qui avait à ses côtés à leur siège de la Bourse du travail, ses collègues Hadja Rabiatou Serah Diallo et Yamodou Touré.
« Nous allons déposer aujourd’hui même l’avis de grève que nous lançons le 10 janvier prochain, étant entendu que celle-ci n’était que suspendue grâce à l’intervention de la CEDEAO. Tant que le président ne revient pas sur ce décret qui définit l’institutionnalisation du poste de Premier ministre et qui confirme l’autonomie de la Banque centrale, nous n’arrêterons pas », a poursuivi Hadja Rabiatou Serah Diallo.
Elle a aussi indiqué que «nous savons aussi que le président est sur le point de prendre d’autres décrets limogeant des ministres pour des raisons que nous ignorons. Mais nous veillerons à ce qu’on ne nous ramène pas en arrière ».
Pour les syndicalistes, l’autre « violation grave » du protocole par le président Lansana Conté, est le limogeage jeudi soir du ministre de la Communication et NTIC Justin Morel Junior, contre la volonté du Premier ministre Lansana Kouyaté.
Mercredi, Justin Morel Junior, qui est en même temps porte-parole du Gouvernement avait lu une déclaration du Conseil des ministres dans laquelle le Conseil déclarait qu’il ne reconnaissait pas le décret du 05 décembre signé par le président.
La même déclaration gouvernementale lue par Morel rappelait que le Conseil avait expressément demandé au chef du gouvernement de déposer un autre projet de décret qui définirait l’autonomie de la Banque centrale et qui fixerait clairement le statut de la Primature.
Les Guinéens redoutent de nouveaux remous dans le pays. L’an dernier la grève avait provoqué plus de 130 morts et des centaines de blessés.
Le limogeage de Justin Morel Junior a entraîné vendredi des soulèvements dans certains quartiers de la capitale, sans pour autant entraîné de victimes.
Par APA-Conakry, Guinée
Pour www.nlsguinee.com