vendredi 04 janvier 2008
En tout cas si cela était il y-a quelques mois quasiment impossible, le vrai ou faux discours du président vient rappeler á chacun, que même diminué par la maladie, il demeure le chef incontesté de la Guinée.
Cet homme affaibli par un diabète chronique et qui avait suite á la grève générale de janvier 2007 pourtant perdu une bonne partie de ses prérogatives vient de montrer une fois encore qu’il était un animal politique sur lequel il fallait compter pendant longtemps. L’homme ne sait montrer ses talents que dans l’adversité.
De la commission d’enquête sur les massacres de janvier, en passant par l’indépendance de la banque centrale vis-á-vis de la présidence, les audits et enfin les décrets de restructuration des ministères, Conté a réussi á bloquer net l’élan des partisans du changement et par surcroît á mettre en sursis le gouvernement de Kouyaté. L’homme aime apparaître naïf bien qu’il soit d’une intelligence supérieure à ses adversaires, fin manipulateur et de surcroît grand connaisseur du Guinéen. N’avait-il pas averti, qu’il ne perdait jamais une guerre ?
Aujourd’hui pas besoins d’être un grand observateur de la vie politique en Guinée pour se rendre compte qu’il a toutes les cartes en main . Ce Soldat paysan a une culture de patience et sait attendre son heure. Il savait dès le début que l’unité des meneurs du changement n’était que de façade et que la division des guinéens finirait tôt ou tard par apparaitre et casser l’édifice. Bien que ceux-lá n’en soient pas encore conscients, Conté tient non seulement Kouyaté, mais aussi le syndicat (Rabiatou et Fofana en particulier).
L’homme a beaucoup appris des évènements de janvier et, a certainement mis des stratégies au point pour que cela n’arrive plus jamais. Ce discours, bien que kouyaté naivement veut faire croire que cela n’émane pas de la présidence est á mon avis un ballon d’essai lancé par les hommes du président ou le président lui –même pour voir la réaction des populations après que la publication du dernier décret semblent être passée comme une lettre á la poste.
Dans un pays normal, le premier ministre devrait prendre ces agissements comme un désaveux et tirer toutes les conséquences devant une situation qui ne rassure plus personne en dé-mi-ssio-nant. Mais, cette situation ne risque pas d’arriver car exactement comme ses prédécesseurs (Sydia et Cellou Dalein), Kouyaté essayera jusqu’á la dernière minute de se convaincre que le président le soutient et l’aime et que s’il rendait le tablier, la Guinée perdrait toutes les conventions signées.
Voilà le drame de nos premiers ministres, ils ne savent pas lire comme François Louncéni Fall a su le faire, le signe des temps et c’est bien dommage !
Ousmane BERETE, Sénégal
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