dimanche 30 décembre 2007
Un brûlot d'un certain "Jean Leforestier ", paru dans le sulfureux site de promotion personnelle de l'errant Lansana Kouyaté, Guinee24, fondé par Diawara, un sans-papier en errance en Italie, spécialiste en insultes et insinuations de tout genre, accuse Sam SOUMAH de ‘‘ falsification des décrets de restructuration des cabinets ministériels ''.
Le ton emprunté, les accusations gratuites, les calomnies montrent, si besoin en était, la nature du régime que Lansana Kouyaté et ses sbires veulent imposer aux Guinéens : une dictature où la contradiction et même la correction d'un texte administratif ne sera pas tolérée. Une république où il y a des personnes chargées de concevoir les décisions administratives et les autres, mêmes les supérieurs hiérarchiques, qui sont chargées de les appliquer à la lettre sans la possibilité de proposer des modifications, même une virgule. Sam SOUMAH est ainsi jetée en pâture. Les accusations sont-elles fondées ? Voilà des questions qui interpellent les analystes de la politique guinéenne.
De quoi est accusé Sam SOUMAH ?
Pour le ‘‘ Forestier '' qui pourrait bien dissimuler le ‘‘ Savanien '', les décrets signés par le Chef de l'Etat ont été falsifiés par le secrétaire Général à la Présidence en ce sens que ‘‘ les décrets de restructuration signés le 5 décembre dernier, ne sont pas ceux de Bel-Air ''.
Leforestier ou le commanditaire de l'article ajoute : " Nous sommes en face d'un acte délictueux, guidé par des intérêts obscurs, personnels et égoïstes. Nous possédons l'original du document de restructuration du secrétariat général à la présidence. Il ne figure nulle part le passage qui remet la Banque Centrale à Sam Soumah ''. Plus loin, il poursuit : " Sam Soumah a fait faux et usage de faux, falsifiant des documents destinés au Chef de l'Etat pour la signature. Profitant de sa proximité avec le Président il a saisi l'occasion pour trafiquer les documents ".
Il n'est pas étonnant qu'en conséquence d'actes ainsi posés, le Forestier soutient que ‘‘ nombreux [à prendre dans le sens de ses partisans] sont ceux qui demandent le départ de Sam Soumah''. Mais diantre, pour quelle raison ? Forestier a la réponse : Sam Soumah est ‘‘ la taupe de l'ancien système tombé en disgrâce au début d'année au sein du Gouvernement de Consensus. Avec la mission de nuire aux actions gouvernementales, pouvant faciliter le retour des prédateurs qui ont pillé durant plus de deux décennies les ressources du pays''.
La chanson est dite, les intentions dévoilées. Il faut réduire à néant toute personne susceptible d'entraver l'exercice du pouvoir personnel de Lansana Kouyaté. N'est-ce pas les motivations d'un tel article ? Le contexte de la prétendue ‘‘ falsification '' n'est-il pas à préciser ? Falsification ou modification, correction par un supérieur hiérarchique ?
Les faits : le Gouvernement se réunit à Bel-Air et fait adopter (sous quelle forme et de quelle manière ?) des projets de décrets. Ces projets sont rédigés par le Gouvernement (adopté en Conseil ?) et déposés auprès du Secrétariat Général de la Présidence pour signature du Chef de l'Etat. Après signature, le Gouvernement estime que les décrets auraient fait l'objet de modification. Mais en Conseil des Ministres, le Gouvernement félicite le Secrétaire Général à la Présidence et, travail de roublardise sans doute, le Premier Ministre commandite des articles incendiaires contre celui qu'il considère désormais comme son ennemi n°1, celui qui l'empêche d'avoir une mainmise sur les ressources publiques et de financer la prise du pouvoir qu'il convoite tant. Lansana Kouyaté et l'Ambassadeur Mamady CONDE savent de quoi je parle.
La qualification des faits : falsification ou modification normale ?
Selon Le Petit Larousse, ‘‘falsifier (du latin falsus , faux) signifie ‘‘ modifier volontairement en vue de tromper ; altérer, dénaturer ''. La falsification, le faux et usage du faux auxquels il est fait référence dans l'article suppose, comme toute infraction, l'existence de trois éléments : l'élément légal, l'élément matériel et l'élément intentionnel . L'inexistence d'un seul de ces éléments constitutifs rend l'effraction non constituée. On ne reviendra pas sur l'élément légal .
Le droit pénal guinéen, comme le droit pénal de tous les pays, est strict en matière de falsification, de faux et d'usage de faux. Encore que des novices peuvent confondre vol et escroquerie, assassinat et homicide involontaire. Les ignorants sont nombreux. Il faut encore les éduquer davantage. Forestier fait partie de cette catégorie de personnes qui confondent l'or et le cuivre.
Falsifier un décret suppose avant tout l'existence de ce décret. Que celui-ci ait été signé par le Président de la République .
Seule la signature du Président confère à un document quelconque la nature de décret. Avant, c'est un projet susceptible de modification par les services compétents de l'auteur de ce décret, en l'occurrence le Secrétariat Général de la Présidence , à moins de penser que c'est le Président CONTE lui-même qui doit utiliser son ordinateur pour modifier les papiers à lui soumis !
Le Président doit-il se référer au Premier Ministre ou au Gouvernement avant de modifier un décret ?
Au regard du droit positif guinéen, il n'en est pas obligé. Doit-il répercuter au Gouvernement les discussions entre lui et le Secrétaire Général de la Présidence ? On ne saurait le soutenir. Le Président peut-il signer un tel décret d'intérêt national sans en discuter la teneur, les implications et conséquences avec son cabinet ? Ce serait insensé et contraire à l'exercice du pouvoir d'Etat. L'élément matériel n'aurait existé que si le Secrétaire Général de la Présidence fait signer au Président un décret et change le contenu dudit décret en falsifiant la signature du Président ou en substituant les feuillets paraphés par d'autres. La charge de la preuve appartiendrait au plaignant. Or, en l'espèce, on accuse, à tort, Sam Soumah d'avoir fait des modifications avant de soumettre le projet à la signature du Président.
Personne ne peut apporter la preuve d'une intention de tromper le Président. Si tel était le cas, seul le Président a le droit de se plaindre. Il a signé les décrets en toute liberté et en connaissance de cause. Si donc l'élément matériel n'existe pas, il n'y a pas lieu de spéculer sur l'élément intentionnel .
Dès lors, le Secrétaire Général à la Présidence est fondé à intenter une action en justice pour diffamation contre le fondateur du site guinee24 et le journaliste, auteur dudit article. Sam Soumah est une personne respectable. Il ne tombera pas dans cette poubelle et piège qui veut le projeter sur la scène publique alors qu'il est focalisé sur la pérennisation des institutions républicaines.
Quelles sont les intentions cachées des auteurs et commanditaires de l'article ?
A quel titre accuse-t-il Sam Soumah d'être une ‘‘ taupe de l'ancien système tombé en disgrâce au début d'année au sein du Gouvernement de Consensus. Avec la mission de nuire aux actions gouvernementales, pouvant faciliter le retour des prédateurs qui ont pillé durant plus de deux décennies les ressources du pays'' ? Lansana Kouyaté ne s'est-il fait entourer des Bhoh Keita, autre cadre de l'ancien système ? Mieux, l'ambassadeur Mamady CONDE n'est-il pas l'un de ses hommes de main ? Pour ceux qui l'ignorent encore, Mamady Keita était l'un des piliers du régime tortionnaire de Sékou Touré.
A plusieurs reprises, au cours des cérémonies officielles, Mamady CONDE évite les caméras pour, selon lui, que ‘‘ les gens ne disent pas que c'est l'ancien régime qui est de retour ''. Il existe une grande différence entre utiliser Sam Soumah qui, jusqu'à preuve de contraire, n'est auteur d'aucun délit, crime et utiliser Mamady CONDE, ancien tortionnaire, ayant participé à plusieurs dénonciations, infiltrations et autres qui ont occasionné la mort de plusieurs de nos compatriotes. Que dire alors de tous les autres membres du Gouvernement issus de l'ancien système ? Sont-ils bons ou mauvais suivant leur degré de fidélité à Kouyaté et à ses sbires ?
Le dos du nageur est visible . L'enjeu n'est pas le respect des Accords tripartites. Kouyaté n'a que foutre de ces Accords. Il ne saurait le nier. A titre d'exemple, on peut lui rappeler qu'il a fait venir l'ancien représentant du RPR, parti de Jacques Chirac, ancien conseiller d'Houphouët Boigny à Conakry pour lui demander de l'aider à utiliser son réseau pour prendre le pouvoir. Je ne reviendrai pas sur toutes les péripéties de cet entretien. Je me limiterai à quelques phrases fortes.
Ecoutons Kouyaté : ‘‘ Avez-vous vu un seul premier ministre au monde qui n'est pas ambitieux ? N'ai-je pas le droit de convoiter le fauteuil présidentiel … ?'' N'a-t-il pas exigé que ce monsieur ne rencontre Sidya et Ba Mamadou, ses autres amis et connaissances ? Celui qui nie cela aura les détails les plus importants relatifs à cette affaire ainsi que d'autres, encore plus graves. Les Accords tripartites sont donc un prétexte et non l'objet de l'exercice du pouvoir par Kouyaté. La plupart des syndicalistes et les membres de la société civile le savent. La population le sait. Personne ne descendra sur la rue pour défendre un gouvernement qui passe son temps à prêcher pour ses intérêts personnels au lieu de se préoccuper de l'intérêt général. Personne ne descendra sur la rue si Conté limoge aujourd'hui Kouyaté, à plus forte raison pour avoir soumis la Banque centrale et les grands projets au contrôle du Secrétaire Général de la Présidence.
Quelles sont les ambitions de Kouyaté en voulant contrôler les grands travaux et la Banque Centrale ? Veut-il y instaurer la transparence à l'image de ce marché (de riz) de gré à gré de plus de 100 millions de dollars accordé à son ami ? Une énormité que ne saurait commettre tout bon gestionnaire ! Ou bien voudrait-il brader ce qui reste de patrimoine à l'Etat à l'image de ces hôtels qui, en l'espace de quelques secondes, sont devenus biens libyens en échanges de réseaux, d'armes et d'entrainement de mercenaires au Burkina ?
Sam Soumah doit dormir tranquille. Que le crachat venimeux des aigris ne l'inquiète pas. Fidèle à sa politique de roublardise, il n'est pas exclu déjà que Kouyaté l'ai appelé pour ‘‘dénoncer'' les agissements de ses sbires et présenter ‘‘sa solidarité'' et son ‘‘soutien'' face à ceux qui ne comprennent pas. A moins que Kouyaté ait voulu tromper les syndicalistes, c'est-à-dire, donner ces institutions en échange de la signature du Président. Auquel cas, s'il est responsable, il devrait purement et simplement le reconnaître. Il éviterait ainsi de jeter d'honnêtes citoyens en pâture. On comprendrait mieux le sens des félicitations adressées à Sam Soumah. Le peuple guinéen retient ces félicitations pour inscrire le Secrétaire Général à la Présidence parmi les fils valeureux de la République , n'en déplaise aux caméléons.
Par Mohamed T. SYLLA
Analyste politique
Contact : syllataf67@gmail.com
Pour www.nlsguinee.com