samedi 29 décembre 2007
Apres plusieurs mois de silence faute d'événements et de nouvelles (dignes de ce nom) venant de Conakry vaillant commentaires hormis les interminables voyages de la Primature (devenue ambulante) et la saga "Cellou Dalein (alias "Doux Lein"), je renoue avec le Net en cette fin d'année en constatant que toutes les prédictions des bons analystes politiques incrédules aux verbiages "PDGistes" de Kouyaté se sont avérés pertinentes. En effet, toute proportion gardée, Lansana Kouyaté en 10 mois a causé plus de mal sur le plan social (la cohésion social) que Lansana Conté en 20 ans. Quant à la gabegie occasionnée par son goût prononcé pour les honneurs et le luxe, seul un audit après son départ (le plus tôt sera le mieux pour le Pays) pourra nous situer sur l'étendue du gaspillage et autres "anomalies"financières.
En ce qui concerne les partis politiques pour ceux qui en doutent encore, ils ont montré leurs limites et leur désarroi. Le parachutage de "Doux Lein", (pardon!)Cellou Dalein pour raviver (probablement surtout financièrement) le Parti du Doyen BA Mamadou en est la pitoyable preuve. Cet ex-Premier Ministre a certes des qualités mais je doute fortement de ceux de leader politique et son charisme me laisse pantois. A moins qu'il se révèle bientôt être un "Paul Kagamé"(Rwanda) en devenir, je reste très réservé sur la stratégie de l'UFDG. Comme toujours, tout nouveau tout beau: après l'engouement, l'enthousiasme et la curiosité des premiers jours, à moins qu'un Cellou "Doux Lein" ne fasse place à un leader de haut calibre (pour une fois) nous risquons de retomber dans le cas Sidya Touré. C'est-à-dire beaucoup d'espoir pour beaucoup de désespoir sur le plan politique.
Néanmoins, que ce dernier venu rafle la mise au détriment des ténors de l'opposition qui ont investi toute leur vie pour ne jamais arriver à leur fin (par manque de courage/détermination) serait une bonne occasion de tourner la page et laisser la place à une autre génération qui je l'espère sera plus active et déterminée avec la Guinée au cœur de ses préoccupations avant ses intérêts personnels.
Cette année qui se termine résume en elle seule la tragédie de la Guinée. Que signifie le mot "Intégrité" et la crainte de Dieu pour les Guinéens?
En Guinée on craint l'homme (Sékou Touré et le Général Conté) et on ose et défie Dieu!
Après les tueries de janvier-fevrier 2007, que n'avons-nous pas entendu comme promesses, profession de foi et autres déclarations? Les syndicalistes (à quelques exceptions prés) leaders émérites de la tentative de changement ont été les premiers à trahir leur serment pour des raisons évidentes d'intérêt personnel (et parfois ethnique). Les nombreuses associations formées ici et là se sont toutes essoufflées ou ne sont plus médiatisées. Les partis politiques sont égaux à eux même en terme de passivité et de neutralité qui sont le contraire de la définition d'un parti politique. La promesse d'élections législatives prochaines ne peut justifier leur profil bas qui a toujours été ainsi de toutes les façons. Et puis après tout: "il vaut mieux un couard vivant qu'un héro mort". La politique en Guinée est l'art de théoriser et non de poser des actes concrets risqués pour leurs leaders!
Ces attitudes nous permettent de réarranger cette petite devinette en ces termes: quel est le point commun entre le Français, le crocodile/caïman et maintenant le Guinéen? Réponse: grande gueule et petits bras.
Au cours de cette année, nous avons connu un ras bol populaire avec des émeutes, un Président malade et désavoué par tout le monde, une armée (sans "A") qui retourne ses armes contre son peuple (qui l'a engendré) pour des raisons matérielles, un PM courtisan parachuté corrupteur qui a désintégrer de façon satanique ce qui restait du tissu social; et pour finir nous avons des cadres facilement corruptibles sans convictions qui sont tellement "croyants" qu'ils sont convaincus que leur destin ne repose pas entre les mains de Dieu mais entre celles du pouvoir. Pauvre Guinée! Peut on encore espérer?
Ma conclusion de tout ceci est que contrairement à l'idée largement répandue, le problème dans notre pays n'est pas politique en premier lieu mais plutôt la perversion des mœurs et des croyances: voler le Peuple est devenu une vertu gratifiée par l'admiration et le respect de la Société; et aller ou envoyer des gens à la Mecque avec l'argent "sale"(mal acquis) est devenu normal et courant. Pour ne citer que ces cas.
Même après notre Général (Conté), il nous faudra beaucoup de travail pour changer les mentalités et rétablir des valeurs morales acceptables. Lansana Conté n'est que le fruit de notre attitude et comportement, tout comme le Kouyaté naissant et ses atteintes aux libertés individuelles depuis 10 mois (seulement). Où sont les syndicalistes, Société civile défenseurs des citoyens, à défaut des politiques? Il y a eu plusieurs atteintes aux droits des citoyens et même d'avocats. Autant que nous sachions, ils ont dû se débrouiller tous seuls!
Finalement, les Forces du Changement n'ont été qu'un feu de paille, le temps apparemment de quelques promotions et décaissements (rumeurs?)!
En bon stratège le Général a encore gagner la bataille après un retrait tactique et il est en phase de gagner la guerre avec le décret de restructuration en cours, "check et mat": "même si tu n'aimes pas le lièvre, reconnais qu'il court plus vite que toi"(proverbe).
Tout le monde est d'accord sur les critiques et les maux qui minent notre Pays mais chacun fait exactement ce qu'il dénonce avec véhémence lorsque l'opportunité se présente à lui. C'est cela aussi le paradoxe guinéen.
Que faire maintenant ?
Ce qui reste des forces du changement (syndicats, Société civile et religieux) doivent cesser de tergiverser et reprendre leur courage à deux mains pour affronter de nouveau la "bête". Cette fois, il ne faut plus craindre d'associer les politiciens qui ne sont pas de bons politiques (c'est un fait!) mais devraient savoir par contre comment gérer les affaires de l'Etat. Si l'implication de ces derniers pouvait en janvier-fevrier 2007 être exploiter par le pouvoir pour réprimer, ceci lui sera plus difficile cette fois parce que les Guinéens ont compris les manipulations et démagogie du régime.
Ces 10 mois perdus pour la Nation montre qu'il n' y a plus d'autre alternative de sortie de crise que la création d'un gouvernement ad hoc d'union nationale de transition. Autrement, quiconque nommé ne sera pas en mesure de travailler, a fortiori s'il est aussi incompétent que Lansana Kouyaté.
Il faut former une équipe dont la seule et unique mission sera la restauration de l'Etat et la justice pour l'organisation des prochaines échéances électorales de façon libre et transparente. L'économie et le développement qui sont des chantiers de longue haleine ne devraient pas être dans leur agenda car sources de gabegie et de conflits d'intérêt vu le temps qui devrait leurs être imparti pour organiser les élections. Il est important qu'aucun leader politique ne participe à ce gouvernement mais plutôt envoie des représentants. Ils n'ont qu'à consacrer leur effort pour leur campagne électorale.
Bonne et heureuse année 2008 et que Dieu sauve la Guinée!
Par Ibrahima Diallo-"Ollaid"
London, UK
Pour www.nlsguinee.com