samedi 29 décembre 2007
Un père de famille est enlevé aux siens en cette fin d’année où la responsabilité parentale est tant sollicitée par les enfants.
Notre compatriote Komara est, depuis le 15 décembre 2007, l’une des victimes du terrorisme de l’Etat guinéen. On parle de lui dans ce milieu pourri comme d’un objet. Il serait « un colis de Mamadouba Bangoura, l’aide de camp du Général Lansana Conté. »
Comment pouvons-nous, en ce siècle, accepter qu’un individu puisse disposer de la vie d’un autre sous le silence couple de la majorité ? A quand le Guinéen sortirait-il de cette résignation maladive dont les conséquences mortelles sont innombrables depuis que la Guinée a proclamé son indépendance ?
Komara n’est pas que le deuxième secrétaire administratif du RPG, il est avant tout un Guinéen. Je me répète sûrement, mais ne disons-nous pas souvent que « Lorsque la case de notre voisin brûle, faisons partis des pompiers qui luttent contre la flamme » ?
Pourquoi ce silence coupable depuis l’enlèvement de Komara ? D’où nous vient cette attitude, chers compatriotes et pourquoi ?
Komara est maintenant dans l’un des trains qui ont conduit aux fosses communes remplies des corps de nos frères et sœurs. Cela est devenu possible parce que chaque Guinéen a toujours balayé la devanture de sa maison tout en oubliant l’espace commun. Et ce comportement a enseveli des milliers de Guinéens sans raison, mais simplement parce que les caprices de criminels l’ont décidé un jour. Les valeureux et dignes enfants de la Guinée ont péri sous le regard accommodant de millions d’autres Guinéens. Pourquoi ?
Alors que nous savons tous ces monstruosités, comment pouvons-nous demeurer inactifs face à des enlèvements et séquestrations aussi crapuleux ?
Je lance encore un appel aux Guinéens pour exiger la libération inconditionnelle de Komara. S’il lui est reproché des choses, alors que justice se fasse en bonne et due forme. Tous les partis politiques, les organisations syndicales et de la société civile ont l’obligation de se mobiliser pour rendre sa liberté à Komara.
La démocratie ; c’est avant tout le respect des droits de tout Homme quelle que soit son crime, or, jusqu’à l’heure où j’écris, rien n’incrimine Komara.
Peuple de Guinée, à partir de maintenant, chacun de nous doit user de tous ses moyens pour réclamer du gouvernement Lansana Kouyaté la liberté de notre frère et surtout du père de famille et de surcroît de l’enseignant Komara. Notre silence nous rend complice des tueurs qui veulent l’assassiner. Qui supporterait demain les regards interrogateurs des enfants de Komara si malheur arrivait à leur père ?
Nous sommes tous présentement en situation de non assistance à Komara en danger. Agissons, ici et maintenant !
La Guinée est à nous tous et l’injustice contre un seul d’entre nous doit être celle contre tous.
Paris 29 décembre 2007
Par Jacques KOUROUMA
jacques.kourouma@orange.fr
Pour www.nlsguinee.com