jeudi 27 décembre 2007
Bilan et perspectives
M. Cellou Dalein Diallo, tout nouveau Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a entamé une mission de contact avec les communautés guinéennes des Etats- Unis et d’Europe depuis la mi- décembre 2007. Il était accompagné, dans sa tournée, qu’il vient d’achever de personnalités du Parti : MM. Bâ Mamadou et Saliou Bella Diallo, respectivement Président d’Honneur et vice- Président de l’UFDG.
La dimension que revêt cette première mission, dans un contexte de recomposition de la scène politique guinéenne semble avoir été bien perçue par les guinéens vivant à l’étranger. La mobilisation des différentes communautés et les échos qui nous parviennent de part et d’autre sur l’intérêt qu’ont suscité les discours de M. Cellou Dalein lors des différentes rencontres nécessitent une analyse approfondie. C’est ce que je me propose de faire en plusieurs parties.
Première Partie : Du renoncement à créer un Parti politique à l’accession à la présidence de l’UFDG
Cette première partie porte essentiellement sur les clarifications données par M. Cellou Dalein Diallo sur les raisons et le parcours politique émaillé de réflexions personnelles, mais également, de concertation qui l’a conduit à accepter la présidence de l’UFDG.
L’arrivée de M. Cellou Dalein à la tête de l’UFDG a soulevé, tout naturellement, plusieurs interrogations. En effet, qu’ils militent ou non dans un parti politique, les guinéens ne semblent pas avoir été indifférents au changement qui est intervenu au sommet du Parti.
Le départ du Doyen Bâ Mamadou, leader imposant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et son remplacement par M. Dalein a fait La Une de l’actualité politique guinéenne. Cet événement sans précédent dans l’histoire du pays, c’est à- dire, le départ volontaire et la désignation sur une initiative personnelle du successeur était impensable pour beaucoup de guinéens. Il est vrai que la personnalité de M. Bâ ne laissait pas présumer une telle perspective. Il n’est exagéré de dire qu’un certain nombre de personnes expriment encore un doute sur la réalité du passage de flambeau.
M. Bâ Mamadou est très souvent emmené (entre deux interventions de M. Dalein) à défendre sa bonne foi pour rassurer quelques sceptiques
Le retour en Guinée : entre sollicitations et réflexions personnelles
L’on se souvient que le retour de M. Dalein en Guinée, après un an d’exil (volontaire, tactique ou politique ?) avait tout autant provoqué supputations et questionnements sur ses ambitions que ses nouvelles fonctions. Il appartenait tout naturellement à l’intéressé d’apporter des réponses aux préoccupations des guinéens de l’étranger, à l’opinion nationale et internationale. Il l’a fait devant les guinéens d’Atlanta, de New- York, de Paris et de Bruxelles.
M. Dalein a affirmé que dès son retour au pays, nombreux ont été les guinéens qui sont venus le voir pour lui suggérer, sinon demander explicitement, de ne pas créer un nouveau parti politique. Les arguments étaient essentiellement appuyés sur l’existence d’une infinité de partis politiques. D’autres avançaient la crainte de scission au sein de la Moyenne- Guinée qui verrait un parti politique de plus s’ajouter à la multitude déjà existant.
De toutes les propositions, arguments ou craintes des uns et des autres, M. Dalein a dit avoir mis en avant la question de l’unité nationale. Seul ce dernier aspect a fondé son choix personnel, a – t- il indiqué. Que la Moyenne- Guinée soit un fief électoral a, certes, son importance. Il a souligné que son ambition de se positionner en leader d’un parti national a prévalu sur toute autre considération.
C’est ce souci d’unité qui aurait conduit M. Dalein à se donner le temps de la réflexion et de la concertation. C’est dans cet objectif qu’il aurait demandé à tous ses interlocuteurs, notamment politiques, de lui accorder le temps nécessaire à la réflexion et de lui faire des propositions.
Les négociations avec l’UPR, franc jeu ou test politique déguisé ?
L’Union pour la République (UPR) était justement l’un des interlocuteurs de M. Cellou Dalein. D’emblée, il a tenu à rappeler aux différents messagers et responsables de l’UPR qu’il émettait des réserves sur « sa venue dans ce parti. » Il leur aurait rappelé qu’il a combattu l’UPR au profit du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP). Il ne voudrait pas qu’on le lui reproche dans l’exercice de ses fonctions. Sans fermer la porte au dialogue, il aurait dit que, dans tous les cas, il ne croit pas être l’allié naturel de l’UPR.
Toutes réserves émises, la concertation a continué au plus haut niveau. Dans ce cadre, il aurait demandé des propositions concrètes sur le rôle qu’il jouerait au sein du parti. En outre, il s’est entretenu longuement et très sérieusement avec M. Bah Ousmane qui venait de rentrer de son voyage en Europe.
Au cours de l’entrevue, M. Cellou aurait fait part à M. Ousmane Bah de l’accord de principe de l’UFDG de rejoindre l’UPR. En effet, M. Dalein avait réussi à convaincre les hauts responsables de l’UFDG de la nécessité de l’union des deux partis. Rappelant que l’UPR est le fruit du combat de feu M. Siradiou Diallo et M. Bâ Mamadou lui- même, il avait obtenu l’adhésion de M. Bâ à sa thèse.
A l’issu du tête- à- tête, M. Ousmane Bah aurait demandé quelques jours pour pouvoir consulter sa base. Il affirmerait être, quant à lui, d’accord avec les arguments de M. Dalein et sa thèse d’union. Ayant donné son accord de principe, il a indiqué avoir besoin d’au moins 48h pour fédérer autour de l’union. M. Cellou Dalein affirme être toujours en attente de la réponse de M. Ousmane Bah qu’il n’a pu revoir depuis ce jour.
Enfin, M. Dalein a précisé que la décision de l’UPR de le nommer Président d’Honneur du Parti est unilatérale. D’après lui, personne n’a demandé son avis. Il n’aurait été consulté à aucun moment. Il aurait appris, comme tout le monde, la décision du Parti de le désigner Président d’Honneur, par voie de presse.
On peut penser que l’absence de réponse s’en est déjà une. La décision de lui réserver un titre honorifique, alors qu’il a été le numéro 2 du pays, en disait long sur la réponse jusque- là attendue. Toutefois, à le croire, la volonté d’union l’anime toujours. L’ancien Premier Ministre affirme queM. Ousmane Bah et l’UPR sont toujours des interlocuteurs qu’il respecte tout autant qu’un autre parti politique. Il est prêt au dialogue dans un esprit d’unité, de loyauté et d’égard mutuel avec tous.
De l’engagement à l’UFDG
M. Cellou a indiqué que l’UFDG s’est montré, très tôt, disposé au dialogue ; que ce parti lui a ouvert ses portes sans arrière- pensée et accepté tous les critères d’adhésion qu’il a soumis tant à Bah Ousmane qu’à Bâ Mamadou. Cependant, sa démarche, comme dans le cas de l’UPR, a été la même : se garder de toute décision hâtive. C’est face au blocage des négociations avec ce dernier Parti et à la décision de l’UFDG de lui proposer la Présidence qu’il s’est engagé et renoncé à la création d’un parti politique.
M. Dalein a souligné que la décision de M. Bâ Mamadou de lui céder volontairement la présidence de l’UFDG l’honore à plus d’un titre. Il a assuré, tant à Paris, Atlanta, New- York que Bruxelles, sa détermination à se montrer en homme politique mobilisateur. Il affirme que l’UPR n’est pas un Parti ennemi même s’il se révèle (ce qui est en l’état actuel des choses normal) en adversaire politique. Dans tous les cas, il considère M. Bah Ousmane avec tous les égards du à son rang.
M. Cellou Dalein a également insisté sur le fait qu’il n’a jamais lancé, comme on l’a fait croire, une OPA sur l’UPR. Cela, n’a nullement traversé mon esprit, a- t- il ajouté. Je sais que mon arrivée à l’UPR , tout comme à l’UFDG, n’était pas unanimement souhaitée. Cela est normal, si d’aucuns considèrent qu’ils ont longtemps milité dans l’un ou l’autre parti et qu’ils ne comprennent pas encore que notre combat est commun. A suivre
La deuxième partie porte : La conférence de Paris de M. Cellou Dalein et les préoccupations de guinéens de France
Par Lamarana Petty Diallo
lamarana@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com