jeudi 27 décembre 2007
Décidément le calvaire des malades couchés dans les différents Centres Hospitalo-universitaire (CHU) est de plus de plus préoccupant. C’est surtout à la veille des fêtes de fin d’année que des malades hospitalisés rencontrent beaucoup de difficultés. Pour preuve à la veille de la fête de Tabaski ou fête des moutons le personnel de certains CUH se sont tout simplement donner congé de près d’une semaine. C’est le cas du CHU Ignace Deen , où nous avons assister à un peuplement massif des médecins, le mercredi 19 décembre derniers. Avant de quitter les lieux, les médecins sont venus voir les malades couchés dans les différentes cabines. Motif ? Informer les malades et leurs parents de l’absence des médecins traitants pour 5 jours durant, pour raison de fête de tabaski. A propos, Madame Camara, une institutrice de son état, venue accompagner son époux, nous a fait un témoignage assez révoltant : «Je suis auprès de mon époux depuis deux jours. Il souffre de la fièvre typhoïde chronique et nous sommes hospitalisés au service de traumatologie. Ce mercredi alors que sa maladie évolue encore, les médecins sont venu nous dire qu’ils rentrent tous à la maison pour une semaine, histoire d’aller faire la fête auprès de leurs familles. Et nous nous restons seuls auprès de nos malades. Ils nous ont prescrit des ordonnances pour qu’on puisse aller acheter des produits. Et de surcroît, les médecins nous dit que nous avons le choix entre resté à l’hôpital ou aller à la maison avec nos malades. Pour ma part je suis obligé de rejoindre la maison avec mon époux malade. C’est terrible !»
Par ailleurs la situation de cette dame est un cas parmi milles autres. A quelques mètres de lui, une autre ménagère, très soucieuse, ventile son époux à l’aide d’un carton. Presque complètement paralysé, le malade en question arrive à peine à avaler une gorgée d’eau ou d’aliment. Il souffre d’une hypertension artérielle. «Moi je ne peux pas rentrée à la maison avec mon époux. Regardez vous-même son état de santé. Il arrive difficilement a avaler quelque chose. Donc je préfère rester sur place et attendre le retour des médecins.» nous dit la dame avec la voie tremblante.
C’est autant dire que des problèmes dans les CHU et autres centres de santé du pays sont énormes : manque de personnel soignants, faible niveau de formation du peu qui existe, manque d’infrastructures sanitaires, un nombre exorbitant des malades, la corruption dans les milieux sanitaires etc.
L’on se demande si le département en charge de la Santé publique est bien conscient de l’immensité des tâches qui l’attendent. La ministre de la santé, elle, revient de la Mecque et bonjour les mamayas de réceptions alors que les malades continueront de croupir dans les lits des hôpitaux.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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