Guinée : Dinguiraye, arrêt sur images !
27 octobre 2005
Adossée sur les pittoresques montagnes, à cheval entre la Haute et la Moyenne Guinée, la préfecture de Dinguiraye est aujourd’hui frappée de plein fouet par un enclavement sans commune mesure.
Les difficultés d’accès à partir des préfectures voisines, notamment Tougué, Dabola,… font la cité de Elhadj Oumar Tall, une bien belle bourgade oubliée des services compétents. C’est à se demander d’ailleurs si le 0,4% de redevances minières accordées à la ville n’atterrissent pas dans les proches de quelques particuliers, au grand dam d’une préfecture complètement sclérosée et coupée de tout. Une sombre et insoutenable situation que le préfet Selère Camara reconnaît sans fausse modestie : « L’accessibilité de Dinguiraye à partir de la route nationale est difficile et les voies secondaires qui mènent aux collectivités sont aussi dans un état peu commode ». A ce titre, il rappelle que son combat est celui du désenclavement routier et téléphonique de Dinguiraye. Cela, sans pour autant occulter la réalisation d’une structure d’accueil pouvant abriter tous hôtes de marque.
Reste que les ondes de la radio nationale et celles de la radio rurale de Faranah sont quasi inexistantes. Mais l’octroi d’une radio commentaire par le comité national de lutte contre le sida vient de tout remettre en cause.
Notons par ailleurs que, dressé sur une colline, à quelques mètres du bloc administratif préfectoral, le service des postes et télécommunications sert plutôt de lieu de rencontres pour les adeptes du jeu de dames.
Dinguiraye, situé à 545 km de la capitale souffre aussi de la vétuste du faisceau au niveau de Dabola et de la dégradation de l’axe reliant ces deux préfectures de la savane.
Avec ses 12.250km², la cité de Elhadj Oumar Tall, ses belles villas inhabitées, Bhouria, Kouroula et Manding est déconnectée. D’autres villages sont accrochés au flanc des montagnes où arbustes rabougris et environnement dénudé se disputent l’espace. Et c’est là que les populations de Djélikourou, Sébèkoro, Tafsirla et Koumbia assurent leur vie sans le moindre équipement de base.
M. Fodé SOW
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