mercredi 19 décembre 2007
Dans 24 heures pratiquement pour la fête d’El Fitre ou fête de Tabaski et dans quelques jours précisément, la Guinée s’apprête à célébrer les fêtes de fin d’année 2007, le 24 et 31 décembre. Et c’est dans la joie et l’enthousiasme que des familles entières se préparent activement à être dans le bain de cette célébration. Mais hélas ! Cette joie est plutôt tristesse, inquiétude et perplexité dans certaines familles très pauvres.
Pour la quasi totalité des ces familles défavorisées, trouver un plat de riz constitue un réel parcours de combattant. Et si le plat est trouvé le soir, tard dans la nuit, il est partagé entre plusieurs personnes selon la taille de la famille. Et à la fin de chaque repas le père demande seulement si on a mangé et non si on est satisfait ou rassasié. L’exemple du riz est à citer puisqu’il constitue pour l’essentiel une denrée de première nécessité pour tout guinéen pouvant se l’offrir.
D’une manière générale, le marché guinée reste inabordable pour la population. Tout est cher dit-on, tout est rare. Les femmes se plaignent à longueur de journée, dans les différents marchés de la capitale guinéenne.
L’augmentation des prix des denrées et autres marchandises est au centre de tous les débats dans les foyers et autres lieux de regroupement. Pour preuve, un sac de riz, à la veille de fête se négocie à plus de 150.000 fg. Alors que le gouvernement avait promit d’importer ce riz et de le vendre à 85.000 fg à la population. Une façon de tenir concurrence aux commerçants importateurs du riz en Guinée. Pour la circonstance d’ailleurs le PM et le ministère du commerce avaient aussi promis de faire en sorte que le gouvernement dispose d’un stock de riz, pour assurer une sécurité alimentaire durable. Pour y parvenir des commandes devraient être faites aux pays asiatiques. Mais, seulement l’on continu d’attendre ces stocks qui tardent a venir. D’ici là, les commençants et autres marchands détaillent continuent de fixer les prix selon leurs règles de jeu qui les conviennent de mieux.
Autres problèmes auxquels se trouvent confrontés les pères de familles est sans doute celui de l’acquisition des tenus de fête pour la famille. Les tissus de tout genre ont connu une augmentation de prix sans précédant. Il est vrai que le marché guinéen est un grand consommateur en habit et vêtement.
Les femmes qui sont confrontées à toutes les difficultés supportent tout ou presque le poids de la famille. Et bonjour les plaintes. Voici un extrait d’un ras-le-bol exprimé par une dame de la place publié l’hebdomadaire d’investigation L’Enquêteur. Mme Camara Fatou Sylla, ménagère : « Je ne peux rien vous dire sur ce qui se passe au marché, il faut aller voir vous-même. Parce que quand on vous parle vous aurez l’impression que nous sommes en train de vous mentir. C’est dire que ce qui se passe aujourd’hui au marché est inexplicable. Tout est devenu cher, les commerçants n’ont pas pitié à plus forte raison les gouvernants. Je viens du marché comme ça, j’avais 250 mille francs rien que pour acheter les habits de mes enfants, mais ce n’est pas possible. Deux complets m’ont enlevé 150 mille francs. Et le reste n’a pas suffi pour acheter les chaussures. Il me faut encore aller me débrouiller pour le reste du temps avant la fête pour augmenter l’argent afin de trouver les chaussures pour mes enfants. Et je n’ai pas encore acheté les condiments pour la fête et je sais que d’ici la fête, les choses vont augmenter encore de plus tandis que mon mari ne travaille pas. Je me débrouille avec ce que je gagne dans mon petit commerce pour faire face à la famille. Le kilos de viande coûte 15 mille francs, une boîte de tomate qui était dans les temps à 100 francs est montée aujourd’hui à 1000 francs, le kilo de la farine est vendu à 2500 francs, le sucre de 1000 francs à 5000 francs le kilo. Vous ne trouvez pas ça incroyable ? le riz on en parle pas, il coûte plus cher aujourd’hui malgré tout ce que le nouveau gouvernement a dit, rien ne se réalise sur le sol guinéen sauf la pauvreté et la souffrance. Il faut se dire la vérité, nous souffrons, il faut que les gens là aient pitié de nous en faisant face aux problèmes de la population. Ce n’est pas parler seulement qui arrange les gens. Ils ont promis beaucoup de choses qui tardent à se réaliser. Avant le courant même était un peu régulier, mais maintenant il n’y en a plus.
Quant à l’eau, il faut aller très loin pour puiser au puits. Et tous les jours nos enfants rencontrent des difficultés pour traverser la route. »
Par Lansana A. Camara, Conakry
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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