mardi 18 décembre 2007
Monsieur le Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée,
Monsieur le Président d’Honneur de l’UFDG,
Monsieur le vice- Président de l’UFDG,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Honorables invités et chers compatriotes,
Monsieur le Président,
L’honneur me revient, au nom de toute le Communauté Guinéenne des Etats- Unis, de vous souhaiter la bienvenue. C’est une grande fierté de vous compter, vous, et votre honorable délégation parmi nous.
Vous me permettrez avant tout de m’adresser à Monsieur le Président d’Honneur de l’UFDG pour lui livrer le message de remerciement et surtout, de reconnaissance, que toutes les guinéennes et tous les guinéens réunis ici m’ont confié.
Monsieur le président d’Honneur de l’UFDG et Doyen de l’Opposition Démocratique de Guinée, vous avez ouvert une double voie de progrès et de démocratie dans notre pays. Cette voie devrait inspirer tout guinéen qui aspire présider aux destinées de notre peuple. En tout premier lieu, vous êtes l’un des tout premiers à avoir fondé un Parti d’Opposition dont le siège est sur le territoire national. Vous l’avez fait dès le lendemain de la fin du Parti Démocratique de Guinée (P.D.G.) et avant même l’autorisation des mouvements politiques en Guinée. A ce titre, il n’est nullement exagéré de dire que vous êtes, par votre combat pour la liberté de la presse et votre audace à dénoncer le système en place, l’un des acteurs principaux, voire un précurseur, du multipartisme dans notre pays. Admirateurs et adversaires reconnaissent que l’amorce de l’ouverture démocratique de la Guinée est inséparable de votre action et de votre courage politique.
Vous venez, tout récemment, d’ajouter à votre palmarès d’homme politique, une action dont la dimension historique est sans précédent dans notre pays et rarement enregistrée ailleurs en Afrique. En effet, vous avez, de votre propre initiative, passé la main au moment même où certains s’obstinent à s’accrocher au pouvoir. Ce geste qui peut être assimilé à une geste, c’est- à- dire, à un acte de bravoure et de vaillance devrait, une fois de plus, inspirer plus d’un. Il en va de l’unité nationale et du devenir de notre pays. Comme le disait quelqu’un, l’Histoire saura vous rendre hommage en inscrivant votre nom en lettres d’or parmi les grands hommes qui font la fierté de la Guinée.
C’est ce message que les guinéens d’Amérique me chargent, Monsieur le Président de l’UFDG de transmettre à Monsieur le Président d’Honneur en guise de remerciement et de gratitude.
Monsieur le Président de l’UFDG, vous comprendrez notre joie face à l’honneur que vous nous faites en réservant à la communauté guinéenne d’Amérique l’une de vos toutes premières sorties officielles. Permettez- moi de vous dire que cet honneur ne nous étonne guère, tout simplement, parce que nous nous avez toujours témoigné votre attachement et votre confiance.
Nous saluons votre arrivée à la tête de l’UFDG. A cette occasion, nous renouvelons l’espoir que nous plaçons en vous. Cet espoir dépasse de loin le cadre de cette assemblée : il est national.
Monsieur le Président, notre pays, ce n’est un secret pour personne, ne se porte pas bien. Le rêve de janvier et de février 2007 a été brisé. La désillusion gagne de plus en plus nos compatriotes. Les guinéens de l’intérieur et de l’extérieur s’interrogent aujourd’hui, peut être, plus qu’hier, sur l’avenir de notre chère patrie.
La lutte que vous devez menez, vous le savez plus que moi, est celle du renouveau. Le changement tant attendu semble avoir montré ses limites. Tout homme politique devra, désormais, s’inscrire dans la rupture : rupture dans le choix des hommes ; rupture d’avec les méthodes de gouvernement, dans la gestion du bien public, dans la manière de considérer les guinéens qui, jusque- là, ont été infantilisés par les pouvoirs successifs. Plus que le changement donc, les guinéens demandent la rupture. Mais celle- ci ne devra aucunement se faire dans un esprit revanchard.
Monsieur le Président, l’UFDG pas plus qu’un autre Parti politique ne doit ignorer les exigences de notre peuple : ce vaillant peuple qui s’est tant sacrifié mais qui attend toujours celui qui saura lui rendre le prix de ses souffrances. Nous osons croire que cet homme sera vous !
Les guinéens attendent, de celui qu’ils appellent le Ministre des grands travaux, des actes décisifs, salutaires, unitaires, rassembleurs et constructifs ! Vous avez montré par le passé vos capacités de gestion. Vous avez fait preuve de vos qualités d’écoute, de patience, de pondération. Nous attendons qu’elles se concrétisent à un niveau encore plus élevé de responsabilité : celui de la magistrature suprême. Pour celles et ceux qui vous connaissent, ce souhait est non seulement largement mérité, mais aussi digne d’être concrétisé.
Monsieur le Président, en dépit de vos qualités, vous savez aussi bien que moi, que le chemin est long et risque d’être semé d’entraves de toutes sortes. Les surmonter nécessite une démarche, une stratégie politique bien définie. Surtout, une personnalité et une envergure d’homme qui saura résister aux tentations de la toute puissance.
Monsieur le Président, ce combat, notre combat, ne peut se gagner que dans le dialogue et la concertation. C’est pour cela que nous vous appelons à continuer les démarches que vous avez engagées avec les partis politiques. Nous vous invitons à n’esquiver ni les uns ni les autres. Sachez qu’un grand espoir est né avec votre désignation à la tête de l’UFDG. Plus d’un guinéen est persuadé qu’une nouvelle ère est née ; que le combat pour la démocratie peut être gagné avec vous !
Monsieur le Président, vous ne cherchez le pouvoir contre personne. Vous vous engagez dans le combat pour le bonheur de la Guinée. Par conséquent, l’un de vos premiers devoirs doit être la lutte contre la division qui est basée sur l’ethnocentrisme : cette plaie qui ronge notre pays depuis son indépendance est actuellement élevée en méthode de gouvernement. Montrez que vous êtes soussou, malinké, kissié, guerzé, toma, diakanké, et peul en dernier lieu. Montrez, sans renier votre origine que vous êtes tout simplement guinéen. Un homme sur lequel le peuple de Guinée tout entier peut compter ! Rassurez nos compatriotes en continuant de faire de l’UFDG un parti rassembleur dont les composantes proviennent de toutes les entités nationales.
Nous avons besoin de partis politiques nationaux qui mettent fin aux groupes d’intérêts à caractère ethnique, régionaliste et clientéliste. Il faut que vous montriez qu’une autre Guinée est possible ; qu’un autre mode de gestion peut nous sortir de la misère endémique qui n’a que trop duré.
Monsieur le Président, il faut que justice soit rendu pour les victimes des événements de janvier et février 2007. Aucune unité n’est possible dans l’oubli, si ce n’est le mépris des morts et blessés des événements qui ont endeuillé nos familles en janvier et février. Il ne s’agit nullement de chercher de bouc- émissaire, mais d’arrêter et juger, dans la justice et l’équité, les acteurs des massacres. Il n’y a aucune raison qui justifie qu’on épargne les coupables dans le mépris de la mémoire des victimes !
Monsieur le Président, si toutefois Le Tout Puissant guide vos pas jusqu’au sommet de l’État, vous vous en doutez que ce soit là notre souhait le plus ardent, nous comptons sur vous pour instaurer dans notre pays la vraie démocratie : celle qui fait appel à la participation de tous les guinéens d’où qu’ils se trouvent. Nous ne saurions trop insister là- dessus, nous guinéens de l’extérieur, nous ne voulons plus être des citoyens de seconde zone. Nous le disons ici, que nous sommes des citoyens à part entière. Celui qui ignore cette évidence devra se passer de notre soutien. Nous le disons sans détour ni aucun esprit de chantage. Notre but, c’est de faire savoir à tout le monde que notre participation aux événements de janvier et février 2007 ne relève d’aucun opportunisme mais qu’elle s’inscrit dans la conscience patriotique qui nous anime !
Enfin, Monsieur le Président, qu’il me soit permis de renouveler au nom de tous les guinéens d’Amérique, notre message de bienvenue. Vous êtes ici chez vous, auprès des vôtres ! Nous sommes toutes et tous disposés au débat duquel, je l’espère, sortiront des axes de réflexion, de propositions, d’actions et d’espoir pour le futur de notre patrie commune : la République de Guinée.
Vive l’UFDG !
Vive la démocratie dans l’entente, la paix et l’unité !
Vive la Guinée !
Le Président de la Communauté des Guinéens d’Amérique
Mohamed Sarah Diallo
Information communiquée par Lamarana Petty Diallo
Pour www.nlsguinee.com