mardi 18 décembre 2007
L’Aïd El Kébir ou la fête du mouton approche à grands pas et les fidèles musulmans de Guinée doivent faire face à l’achat du mouton sacrificiel, dans un contexte de cherté de vie, malgré les efforts consentis par le Gouvernement pour juguler l’inflation des prix des produits de première nécessité.
Au parc animalier de Momo Liberté, situé dans la commune de Dixinn, dans la banlieue de Conakry, Ismaël Diallo, vêtu d’un boubou bleu, un bâton à la main, a les yeux rivés sur les passants. Il ne veut perdre la moindre occasion pour interpeller les clients qui se font rares à 72 heures de l’Aïd El Kébir.
Ce vendeur de mouton a une trentaine d’animaux qu’il propose à la clientèle à des prix divers, les moutons, selon leur taille, sont vendus de entre 200 mille francs guinéens, soit environ 20 mille FCFA et 450 mille francs guinéens, soit 45 mille FCFA.
Ces prix s’appliquent à la catégorie des moutons issus des élevages de Guinée, précisent des spécialistes.
En revanche, les animaux importés du Mali voisin, voient leur prix varier de 600 à 800 mille francs guinéens, soit près de 80 mille FCFA.
"Comme vous avez pu le constater vous-mêmes, les prix des moutons ont été revus à la baisse cette année, par rapport à l’année dernière où on avait franchi la barre du million de franc guinéen, pour le prix d’achat d’un mouton", nous lance Ismaël Diallo, décidé coûte que coûte à nous convaincre à porter notre choix sur ces bêtes, qu’il importe de Sébory, une localité de la moyenne guinée.
Cette baisse relative des prix tire provient de la lutte contre l’inflation engagée par le nouveau gouvernement, une inflation qui est passée de 40 à 28 pour cent.
L’abondance de moutons, qui inondent les différents parcs animaliers de la capitale guinéenne est une autre cause explicative de la baisse des prix.
Malgré cette baisse des prix du mouton, il est loin d’être à la portée du Guinéen moyen, dans un pays où les salaires les plus élevés dans la Fonction Publique, sont inférieurs à 500 mille francs guinéens, soit moins de 50 mille FCFA.
Avec de tels revenus, comment faire face au prix d’un mouton, même vendu à 200 mille francs guinéens (20 000 CFA) ?
Ousmane Cissé, enseignant dans un collège de la place, trouve que les moutons coûtent cher, vu son revenu mensuel qui est de 250 mille francs guinéens, soit 25 mille FCFA.
Pour offrir un mouton à sa mère, pour la tabaski de cette année, il lui a fallu emprunter de l’argent auprès d’un usurier, moyennant un profit de 25 pour cent.
Le sacrifice du mouton s’apparente à un véritable parcours du combattant et de nombreux fidèles musulmans ne cachent pas leur préoccupation par rapport au sacrifice inspiré du Prophète Mohamed (PSL).
Par APA-Conakry, (Guinée)
Pour www.nlsguinee.com