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    Guinée : Recherche investisseurs, désespérément

     mercredi 12 décembre 2007   

    Plus de 300 hommes d’affaires et des décideurs rassemblés pendant deux jours dans un grand hôtel parisien face à la Seine. Objectif : conclure des accords dans les domaines des mines, de l’énergie, des transports et de l’agriculture. Des investissements dont la Guinée a cruellement besoin.

    La Guinée a décidé de prendre en main sa destinée en matière d’investissements. Pour cela, le Premier ministre de la République de Guinée Lansana Kouyaté, nommé en avril dernier, a choisi de se rendre à Paris à la rencontre des milieux d’affaires français et décideurs européens.

    Les revendications sociales de début 2007 sont à l’origine de la profonde crise que traverse le pays. Lansana Kouyaté a axé son action sur le redressement économique et l’amélioration du cadre de vie des Guinéens. Pour financer sa politique, l’Etat guinéen a besoin de liquidités. Boycottée par la communauté financière internationale, la Guinée ne reçoit, en effet, qu’une aide minimale de la part des bailleurs de fonds étrangers.

    Le forum intitulé « Investir en Guinée », organisé à l’initiative des autorités guinéennes, a pour objectif d’encourager les entreprises internationales à s’engager dans le pays aux côtés des grands groupes qui se sont déjà installés dans le pays. Pour les convaincre, Lansana Kouyaté a entrepris de présenter à ces investisseurs potentiels toutes les opportunités qu’offre son pays.

    La Guinée dispose en effet de vastes étendues de terre cultivables, d’immenses ressources énergétiques, mais aussi et surtout d’un exceptionnel capital minier. Des contrats cadres ont d’ores et déjà été signés au cours de ces journées, notamment pour planter du tournesol, du maïs et du jatropha utilisés pour la fabrication de biocarburants. Le ministre guinéen de l’Agriculture a signé une convention en ce sens avec un groupe français, Agro Energie, qui a des projets similaires au Mali et au Burkina Faso.

    Le groupe Bolloré a également envoyé un émissaire auprès du ministre des Transports pour négocier la future concession du terminal à conteneurs de Conakry. Le ministre, interrogé par RFI, a confirmé que la privatisation pourrait avoir lieu en mars prochain.

    Premier exportateur mondial de bauxite

    La Guinée possède les plus grandes réserves au monde de bauxite, un minerai servant à fabriquer l’aluminium. Les revenus de cette industrie, qui constituent plus de 90% des exportations, sont étroitement contrôlés par le régime. D’ores et déjà, la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite avec plus de 15 millions de tonnes par an. Le premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, interviewé par RFI, affirme que les réserves de bauxite de son pays sont de l’ordre de 40 milliards de tonnes. En comparaison, le second producteur mondial, l’Australie, en possède 5 milliards.

    D’autres minéraux (fer, or, diamant, nickel, etc.) se trouvent dans le sous-sol guinéen, soit des profits annuels de l’ordre de 500 millions de dollars avec des contrats signés sous l’ère du premier président, Sékou Touré. Ces conventions minières sont jugées trop favorables aux multinationales.

    Le gouvernement guinéen a d’ores et déjà purement et simplement annulé 69 conventions. Mais d’autres contrats miniers sont en cours de renégociation, 13 au total, par une commission interministérielle mise en place par le gouvernement. Parmi les points clés, selon le ministre guinéen des Mines, Ahmed Kanté, « le prix beaucoup trop bas de la bauxite, qui contrairement à celui de l’aluminium, n’est pas fixé sur un marché mais par ces conventions ». Toujours selon Ahmed Kanté, « des concessions minières gigantesques ont dans certains cas été confiées à des sociétés qui n’ont la capacité d’exploiter qu’une petite partie des gisements qui leur sont attribués, privant d’autres pour des siècles ».

    Reste que cette situation n’inquiète pas outre mesure les miniers qui se ruent depuis plusieurs mois à Conakry. C’est le cas du conglomérat anglo-australien, second géant mondial, Rio Tinto, et du groupe minier BHP Billiton qui ont confirmé il y a un mois à peine leur décision d’investir en Guinée : 10 milliards de dollars pour le premier, 6 milliards pour le second. D’autres géants miniers investissent la place, Alcoa/Alcan, Ruski Alumini par exemple pour la bagatelle de 16 milliards de dollars.

    30 milliards de dollars d’investissements

    A terme, l’objectif pour le gouvernement est de tirer des revenus directs de l’exploitation des ressources minières, au lieu de se contenter uniquement des placements en banques. Des recettes qui, aujourd’hui, servent au remboursement de la dette extérieure guinéenne et au financement de programmes de développement.

    En tout, prés de 30 milliards de dollars d’investissements sont en cours de réalisation dans les secteurs phares des mines, de l’énergie et des transports.

    Car l’enjeu pour la Guinée se présente aussi sous la forme d’un défi pour le gouvernement. Le pays, qui reste très dépendant du secteur minier, veut aussi attirer des investisseurs dans d’autres secteurs, les transports, les services, les télécommunications. Quatre opérateurs se partagent actuellement le marché de la téléphonie mobile, on attend l’arrivée d’un cinquième opérateur. Le gouvernement a également hérité d’un réseau de distribution d’eau et d’électricité en piteux état. Malgré les progrès enregistrés ces derniers mois, grâce notamment à des investissements indiens, de gros efforts restent à faire.

    Par Myriam Berber, RFI
    Pour www.nlsguinee.com


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