mardi 11 décembre 2007
Les violences meurtrières survenues en Guinée, en marge de grèves générales lancées par les syndicats en janvier et février 2007, ont fait 186 morts et près de 1.200 blessés, indique un rapport d'enquête publié lundi par plusieurs ONG, médecins légistes et le barreau du pays.
Le rapport révèle les résultats d'enquêtes effectuées par une coalition regroupant huit organisations et constituée pour la défense des droits des victimes des évènements de janvier-février, a expliqué Thierno Mâdjou Sow, président de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH), membre de la coalition.
Ces investigations, effectuées du 1er juillet au 18 octobre derniers à travers le pays, font état de 186 morts, notamment à la suite d'"exécutions sommaires".
Ont également été recensés "1.188 blessés, 940 arrestations suivies de détention et tortures, 611 pillages, 202 incendies, 1 disparu et 28 viols", ajoute le rapport, accusant les forces de défense et de sécurité d'avoir " frappé sans discernement les populations qu'elles sont censées protéger".
Un bilan officiel publié en mai faisait état de 137 morts et plusieurs centaines de blessés.
Ces violences sont survenues lors d'une vague de contestations, durement réprimées, ayant accompagné deux grèves générales en Guinée contre le régime du président Lansana Conté du 22 janvier au 26 février.
Pressé par les syndicats et des médiateurs internationaux, le président Conté, au pouvoir depuis 23 ans, avait finalement nommé un nouveau Premier ministre, Lansana Kouyaté, pour sortir d'une crise marquée également par l'instauration de l'état de siège.
Les membres de la coalition ont expliqué avoir décidé de faire coïncider la publication de leur rapport d'enquête avec la journée internationale des droits de l'Homme, célébrée le 10 décembre.
Outre l'OGDH, la coalition regroupe les Mêmes droits pour tous (MDT), le barreau de Guinée, l'Organisation guinéenne des droits et devoirs du citoyen (OGDDC), l'Association guinéenne des assistantes sociales (Aguias), Terre des hommes, Sabou Guinée et la Médecine légale.
Ces organisations ont affirmé avoir recensé par ailleurs 451 plaintes.
Elles ont recommandé aux autorités de rendre immédiatement opérationnelle la commission nationale d'enquête indépendante, réclamé l'instruction des plaintes déjà déposées et que la traduction en justice des auteurs ou commanditaires des exactions.
En mai 2007, l'Assemblée nationale guinéenne avait adopté une loi instaurant cette commission d'enquête indépendante sur ces violences, mais sa date d'entrée en fonction n'a pas été précisée et la commission n'a toujours pas été constituée.
Par Le Monde, lemonde.fr
Pour www.nlsguinee.com