dimanche 09 décembre 2007
Dans mon dernier texte en réaction aux articles de Mr Doré, je crois (à mon tour) qu’il y’ a lieu d’être un peu plus explicite sur certains points afin de lever tout équivoque là-dessus.
Et ce sera la seule fois je promets.
Lorsque j’ai mentionné les baguettes chinoises ce n’était pas pour inviter mes concitoyens à s’en servir ou remplacer la fourchette et loin de moi était l’idée de porter un jugement sur les autres. Par contre le message que j’ai voulu lancer est le suivant :
Personne ne devrait se faire traiter de sauvage parce qu’ il se sert de sa main pour manger encore moins par son compatriote.
L’exemple chinois (et ce n’est qu’un exemple) complète ce message en ce sens qu’eux ils ont réussi à faire accepter leur culture par le reste du monde. Pourquoi nous guinéens (africains) devrions nous être complexés par la notre. L’un des sujets du texte –je le rappelle- traitait justement du mépris.
Deuxième point : en m’adressant à mes frères et sœurs (les jeunes), le message consistait à les inviter à s’intéresser un peu plus à ce qui se passe au pays qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur. La raison étant :
- J’estime que nous avons le devoir (autant que nos aînés) de contribuer à l’édification démocratique de notre nation. Mais aussi et surtout le droit ne serait-ce que de s’interroger et de comprendre ce qui se passe au pays. Nous ne devons pas être d’éternels spectateurs de ce que je crois être notre avenir.
Et cela se traduit par une implication citoyenne quelqu’ en soit la forme.
Dernier point je ne souhaite pas m’engager des débats sur des personnes mais sur des idées et opinions porteuses de messages. Je prierai donc mes chers compatriotes de m’épargner le genre de message à caractère diffamatoires. Toutes les réactions sont bienvenues tant qu’elles ne s’intéressent pas à qui je suis et ce que je fais. Je n’ai qu’un juge; l’Éternel. Je ne fais pas non plus dans la philanthropie.
Ensuite, sans prétendre répondre à ma grande sœur Bilguissa Barry, Je tiens à préciser que je n’ai pas encore le plaisir de la connaître (je souhaite qu’on en aie l’occasion) quoique nous vivions tous les deux à montréal. Dès lors je ne crois pas que nous soyons à mesure de porter un jugement l’un(e) sur l’autre.
C’ est pourquoi, je ne me sens pas visé par son texte. Et d’ ailleurs je partage tout à fait son point de vue.
Je souhaite qu’elle comprenne que mon intention est d’éclairer certaines opinions qui semblent faire le lien entrent nos deux textes à cause des baguettes chinoises. J’invite donc ceux qui sont intéressés à faire une relecture lucide de mon texte.
J’aimerai toutefois saisir l’occasion pour aborder un autre sujet (car ce n’est pas de moi qu’il s’agit et je souhaite que cela demeure ainsi) qui me tient à cœur depuis un moment;
Il est vrai que les « radots » au sein de la communauté à Montréal (et ailleurs), ont fait beaucoup de torts.
Cependant combien de temps la division va –t-elle régner entre nous? À quoi et à qui ce clivage sert-il?
J’ai vu beaucoup d’organisations guinéennes se faire et se défaire depuis que je suis arrivé dans ce pays, toujours pour les mêmes raisons sur lesquels mon avis sera insignifiant.
Mais je l’ai vu dans d’autres pays et d’autres communautés aussi. La différence est que (j’en ai l’impression) dans beaucoup d’endroits les choses s’améliorent et les gens s’organisent malgré les douleurs qui caractérisent certaines relations.
Ne serait –il pas temps qu’on surmonte nos peines pour le bien de la communauté? Je n’ai pas la prétention de connaître les 5000 guinéens résidents à Montréal -je viens de réaliser qu’on est vraiment nombreux -. Par contre j’en connais un bon nombre et je sais que certains de nos compatriotes ont des questions qui auraient pu trouver leurs réponses au sein d’une bonne organisation communautaire.
Qui n’a pas été avertit de se méfier des guinéens à son arrivée?
À force de fréquenter d’autres communautés je me suis rendu à l’évidence que la différence entre eux et nous réside sur le fait que les gens restent ensemble malgré leurs problèmes.
En tant que jeune guinéen à Montréal, je constate (malheureusement) qu’il y’ a un net écart entre nos aînés et nous les jeunes. Il y’ a pourtant beaucoup de ressources qui auraient pu servir non compatriotes d’une façon ou l’autre. Encore faut –il qu’il y ait une plateforme d’échange et de dialogue. Chacun s’étant recroquevillé pour des raisons qui lui sont propres.
Je ne crois pas qu’il y ait une personne capable de faire la différence pour le reste. Par contre une communauté bien organisée fait toute la différence.
Dans d’autres villes et d’autres pays, il y’a des organisations guinéennes qui fonctionnent (ou commencent à fonctionner) et qui rendent service aux leurs Il y’ a désormais des exemples à suivre notamment en France aux USA en Allemagne etc.
Convaincu que personne ne peut rendre service plus qu’une communauté, j’aimerai inviter nos aînés à essayer encore et maintes fois. Ce n’est pas une obligation c’est une question de choix bien entendu.
Mais méditons alors sur ce qui nous défavorise par rapport aux autres communautés.
Excellente Journée à tous.
Par Boubacar Diallo , Montréal
E-mail : barrosdiallo@hotmail.com.
Pour www.nlsguinee.com