Guinée : Economie, éthique et nos dirigeants
24 octobre 2005
La Guinée est aujourd’hui entre les mains d’une certaine élite intellectuelle, d’un certain nombre d’officiers militaires et quelques commerçants sans scrupule.
Notre chère Guinée, l’un des derniers pays africains à ne pas avoir l’eau courante, l’électricité et tout le reste, est toujours fidèle à elle-même, elle suit tranquillement son bonhomme de (mauvais) chemin dans le sous développement. Une partie de son élite qui, en connivence avec le premier des guinéens au pouvoir, continue d’enfoncer l’économie du pays. Il est aisé de remarquer que ces gens ont fait disparaître le mot éthique dans leur dictionnaire en se consacrant à l’enrichissement personnel.
On dit que le domaine de l’éthique est celui du bon et du juste, tendis que celui de l’économie est celui de l’efficacité et de l’efficience. Voilà pourquoi, souvent, les deux sont considéré comme feu et eau.
Aujourd’hui tout le monde est unanime que nos dirigeants et hauts fonctionnaires ont prouvé qu’ils étaient efficaces dans l’enrichissement personnel par le biais des détournements des deniers publics et des aides extérieures accordées aux pays « pauvres ». Cependant, ils doivent savoir que, contrairement à ce que l’on pense, l’éthique est littéralement liée à l’économie et que l’un sans l’autre ne mène nulle part.
Sans activité économique, pas de survie animale et sans éthique pas de condition humaine. Cette dernière, la plus importante, est bafouée alors que la dimension morale est une des caractéristiques les plus essentielles de l’homme et la responsabilité de ses actes est la base de sa dignité. Malheureusement, la dignité à son tour s’est évanouie depuis bien longtemps.
Le milliardaire Howard Hughes disait que « on ne peut pas avoir à la fois de grands principes et de grands bénéfices ». Nos dirigeants et tous ceux qui gravitent autour d’eux ont bien compris cette citation, car ils ont mis de côté les grands principes qui pouvaient développer un pays, le respect de la chose publique, l’amour de sa patrie, la soif de reconnaissance par son travail et son mérite, etc.
Ils transforment l’Etat en « riche-mendiant », le prostitue dans les rues de l’Occident pour avoir un peu d’argent et acceptent certaines conditions sans toutefois les remplir honnêtement. L’Occident en donnant de l’argent nourrit ce système qui lui est favorable, souvent en donnant toujours plus d’argent qui, par le biais des détournements des deniers publics, est aussitôt récupéré.
Cette augmentation graduelle d’aide au développement, pour des élections municipales, législatives, présidentielles et autres n’apportent rien à la Guinée et à tous les autres pays soumis à cette loi. Car « augmenter le prix de la prostitution ne la rend pas équivalente à l’amour » Ohman O. (Harward Business Review, May-June 1955).
L’éthique est de plus en plus loin des consciences de nos dirigeants, c’est déplorable et nous devons tous dénoncer et combattre cela. Il est indispensable que nos dirigeants changent et réfléchissent un peu avant qu’il ne soit trop tard.
Mr L. D.
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