vendredi 30 novembre 2007
Le Lieutenant Colonel Demba SOUMAH, Commandant du sous groupement tactique de Gaoual est décédé le dimanche 25 novembre 2007 à Conakry dans son domicile.
Il était venu passer quelques semaines dans sa famille et rencontrer sûrement la hiérarchie militaire dit-on.
Il devait rentrer à Gaoual le même jour. Une place lui avait été même réservée au matin par le Taxi qui devait partir pour Gaoual à son lieu de commandement.
Après ses ablutions, il fait face à la Kaaba. C’est dans cette position qu’il tombe et s’éteint. Laissant ainsi derrière une très nombreuse famille.
Pour mémoire, lors des événements de janvier et février 2007 et pendant les nuits des 16 et 17 février, en pleine période d’état de siège qui renforçait le pouvoir des autorités militaires, à Gaoual les militaires du sous groupement tactique qui étaient sous sa commande, incendient volontairement 96 cases dans le seul quartier Hafia de la commune urbaine.
Sans doute pour mater les supposés auteurs des destructions des édifices publics lors de la manifestation populaire du 11 février. Ils profiteront pour régler des comptes et porteront d’énormes préjudices a beaucoup d’innocents. Même un vieil homme aveugle (CAMARAKE) dont ils incendieront les 4 cases.
Entre désobéissance et ordre on ne sait au juste ce qui s’était passé ces nuits là à Hafia.
Seul feu le Commandant Demba SOUMAH, principal responsable, pouvait mieux expliquer à la Commission Nationale d’Enquête, le mobile ou les raisons de ces actes criminels.
Aujourd’hui, 9 mois et 9 jours soit 279 nuits après les crimes, le plus grand responsable tire sa révérence, fuyant involontairement ainsi la justice des hommes. Sa disparut ion est doublement regrettée. D’un coté l’armée guinéenne regrette d’avoir perdu un si haut perché dans sa famille et de l’autre coté les victimes regrettent une mort qui pourrait effacer des preuves d’actes criminels.
Mais en droit, tout pourrait maintenant se rabattre sur son adjoint et les autres officiers militaires qui étaient là.
On se demande ce que la Commission Nationale d’Enquête attend pour faire son noble travail car plus les jours passent, plus les traces des crimes et délits s’effacent, soit par la mort des suspects, des accusés et des victimes, soit par leurs déplacements d’un point à un autre sans oublier la prescription de l’action publique (qui est de 10 ans en matière criminelle comme c’est le cas). Car, les questions de droit sont les questions de temps.
Par Boubah Bah et Me Mamoudou SANE, Gaoual (Guinée)
Contact : boubah12fr@yahoo.ca
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