Guinée : Démocratie Guinéenne source de progrès ou de misère?
23 octobre 2005
La Démocratie africaine est-elle une autre forme de division ou de rapprochement entre africains ?
Vers les années 90 le vent de la démocratie a soufflé en Afrique, ce qui signifie que le pouvoir appartient au peuple.
Mais est-ce le cas de nos jours ? Nous nous posons sérieusement la question.
La Démocratie fut acceuillie à bras ouverts par certains et avec beaucoup de méfiances pour d’autres. Naturellement ceux qui ont souhaité la bienvenue à la Démocratie sont une partie des intellectuels africains qui se trouvent généralement exclus des différents gouvernements.
Ayant beaucoup d’ambitions politiques, touchés par une certaine injustice de la part des gouvernants, voulant le bien être de leurs peuples, certains intellectuels africains se sont lancés dans la politique. Ils ont décidé de donner leur énergie, leur corps et (leur) âme pour changer un système qu’ils jugent périlleux.
C’est ainsi qu’en Guinée vers 1990, dans cette perspective ambitieuse de bonne gouvernance, le vent de la Démocratie a soufflé. Et comme résultat, il y a eu la création de plusieurs partis politiques qui se fixent pour but une réelle démocratisation du pays.
Ces partis se sont donc véritablement engagés dans un processus pacifique de changement du mode de vie du guinéen par la voie des urnes.
Ces partis politiques se sont engagés à lutter contre un système piloté par des dirigeants qui ont toujours montré leur scepticisme face à ce processus de démocratisation qui sous entendait pour eux la fin de leur pouvoir ainsi que la perte des multiples privilèges au détriment de l’intérêt la grande majorité des populations.
À partir de ce constat, il était donc tout à fait logique de la part des dirigeants d’user de toutes les stratégies possibles et imaginables pour se maintenir au pouvoir.
Ainsi, mascarades électorales, irrégularités, truquages en tous genres, etc sont devenus les armes de prédilections pour les dirigeants qui n’entendent pas se laisser déposséder d’un pouvoir qu’ils ont parfois chèrement acquis.
Il ne restait aux partis d’oppositions que l’organisation de quelques meetings, la dénonciation et la contestation des résultats électoraux sans constituer une réelle force d’alternance.
Pouvoir et opposition agissent tous au nom du peuple; et pourtant ce même peuple continue de subir une des crises les plus dures de son histoire.
S’il y a aujourd’hui en Guinée une chose très sûre, c’est que la Démocratie a creusé un grand fossé entre compatriotes, entre membres d’un même village, entre membres d’une même ville et même entre membres d’une même famille…
Nous pensons qu’avant d’antâmer ce grand processus démocratique, il fallait procéder à une très grande sensibilisation de la population sur ce qu’on appelle la Démocratie. Que le peuple sache qu’avoir des opinions différentes ne signifie pas être des ennemis, adhérer à des partis politiques différents ne signifie pas non plus être des ennemis.
Les partis politiques veulent tous le bien être du guinéen, n’est-ce pas ?
Nous constatons hélas par manque d’éducation démocratique, une éfusion du sang au nom de la démocratie chose qui est très déplorable. Toutes les élections qui ont eues lieu en Guinée furent soldées par un certain nombre de morts.
Nous voulons savoir si réellement les partis politiques en compétition écoutent ou se soucient de la situation de précarité du peuple.
Puisque On fait croire au peuple qu’avec la démocratisation celui-ci étant toujours en quête de l’homme providentiel parviendra à dénicher l’oiseau rare qui viendra panser les plaies et résoudre de façon durable tous ses problèmes quotidiens.
C’est une approche faussée du problème car rares sont ceux qui s’attaquent directement au système qui reste pourtant l’obstacle premier qui empêche l’implantation d’une véritable Démocratie.
La population n’a pas besoin d’un homme providentiel mais plutôt d’un système efficace. Elle n’a pas besoin d’aller au ciel pour trouver une solution à ses problèmes, elle est fatiguée des fausses promesses, et la patience a atteint ses limites chez certains. Il faut donc agir car l’urgence se situe ailleurs: manger à sa faim, boire à sa soif, se soigner, se déplacer aisement,…
Nous dépensons chaque fois des milliards au nom du peuple pour organiser des élections mais pour quel résultat? Nous avons toujours les mêmes personnes au pouvoir et rien ne change si ce n’est la souffrance qui augmente de jour en jour. Nous pensons au paysan désoeuvré très croyant qui est utilisé pour avoir des crédits à l’étranger. Ah pauvre paysan !
Nous nous souvenons à une des phrases du Général Lansana Conté qui s’adressait aux guinéens en ces termes: «aller cultiver au champ, tout le monde ne peut pas être à Conakry.»
Certes tout le monde ne peut pas être à Conakry mais cultiver avec quel moyen? Avez-vous mis à la disposition les moyens nécessaires à ces paysans ou à ces gens qui viennent peupler Conakry pour qu’ils puissent cultiver ou bien voulez-vous qu’on reste toujours dans l’antiquité en ulitisant une petite houe?
Nos arrières arrières grands parents ont tous utilisées cette petite daba et on n’a pas eu de progrès ni de déveleppement et puisque le monde bouge, il est nécessaire de bouger avec lui. Nous voudrions dire que cultiver est une noble idée, mais fournissez- nous des tracteurs, des engrais, des herbicides pour que nous puissions avoir une bonne récolte est beaucoup plus noble.
Peut être même on pourrait assurer notre autosuffisance alimentaire et cesser d’attendre l’arrivée d’un navire étranger pour s’approvisionner en riz. Nous chantions à un certain temps de gauche à droite la construction d’un barrage hydroélectrique qui fut nommé ‘’GARAFIRI’’. Qu’avec ce barrage on alimente en électricité toute la Basse Guinée et une partie de la Moyenne Guinée. La seule chose qui reste certaine de nos jours c’est que la Guinée est toujours dans l’obscurité et le projet ‘’GARAFIRI’’ démeure toujours une véritable chimère.
Nous dirons en fin que le bateau est au bord de la noyade et l’accastillage doit tout faire pour éviter la mort dans l’océan avant qu’il ne soit trop tard. Cette fois-ci l’exorcisme ne marche pas, le patient a besoin d’un véritable soin.
Chers politiciens guinéens, faites en sorte que votre Démocratie qui n’apporte aucun changement politique notable puisse au moins permettre aux guinéens de se nourrir et de se vêtir…
Analyse de M SIDIBE Gando
Membre de la rédaction de www.nlsguinee.com
Zurich, Suisse
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