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    Guinée : de l'uranium pour de l'aluminium ?

     lundi 26 novembre 2007   

    La Guinée, pays d’Afrique de l’Ouest, est un « coffre-fort minier » qui attire bien des convoitises : c’est le premier exportateur mondial de bauxit (minerai qui se raffine en alumine puis en aluminium) dont les prix flambent sur les marchés internationaux avec la demande chinoise d’aluminium. Avec 40 milliards de tonnes, le sous-sol guinéen recèle un tiers des réserves mondiales de bauxite mais abrite également deux gisements de fer d’importance mondiale, de l’or et des diamants.

    De quoi mériter l’appellation de coffre-fort minier ? Pourtant, les revenus miniers sont ridicules : à peine 84 millions d’euros pour 2006, soit 9 euros par habitant et par an…Trois causes principales à ce faible revenu : la corruption qui règne en maître (la Guinée serait selon Transparency International le pays le plus corrompu d’Afrique), la non transformation des minerais sur place et la faiblesse des taxes minières calculées sur les bénéfices des compagnies (qui s’arrangeraient pour être toujours déficitaires…).

    En août 2007, l’uranium vient de prendre place dans ce coffre-fort minier, sous la forme de résultats prometteurs d’une société d’exploration australienne – Murchison United NL..

    Cette société aurait caractérisé une zone de « minéralisation uranifère » près de Firawa (province de Kissidougou), à 600 kilomètres de la capitale Conakry : un possible gisement de 2 km de long, avec une épaisseur de 12 mètres et une teneur de 771 ppm d’uranium (ce qui veut dire 771 grammes exactement de minerai d’uranium par tonne…), le maximum étant atteint sur deux mètres avec 995 ppm d’uranium. Ces résultats ont été obtenus en forant plus d’une trentaine de puits d’exploration, totalisant plus de 2000 mètres…

    Le communiqué de Murchison (communiqué Murchison octobre 2007.pdf), optimiste mais prudent, établit qu’il existe suffisamment d’éléments intéressants pour lancer un programme plus important de forage sur cette zone (et dans les deux autres zones attribuées à Murchison) au début 2008, le but étant d’établir un rapport d’exploration complet respectant les règles du JORC (Joint Ore Resource Committe, organisme australien certifiant via des normes les résultats de prospection minière – manière de ne pas faire prendre des vessies pour des lanternes pour les investisseurs…).

    Cette nouvelle a bien sûr été relayée par le gouvernement du président Lansana Conté, qui avait bien besoin d’une telle annonce dans le climat actuel en Guinée de crise politique et sociale. Ainsi, à la sortie du conseil des ministres le 8 août 2007, Justin Morel Junior, ministre de la Communication pouvait déclarer : « Pour terminer, chers compatriotes, je suis heureux de vous annoncer que pour notre pays, les beaux jours arrivent. En effet, le Conseil des ministres informe officiellement le peuple de Guinée, qu’il est désormais prouvé que des gisements d’uranium existent bel et bien en Guinée ». D’où l’expression du ministre : «pour notre pays, les beaux jours arrivent ». Ce qui a eu pour effet de pousser le citoyen lambda à entrevoir la transformation presque imminente de la Guinée en un eldorado par la magie du yellow cake, le produit issu de la transformation du minerai d’uranium.

    Dans la foulée de cette annonce gouvernementale, le président Conté déclarait qu’il avait autorisé le ministère des affaires étrangères à se rapprocher de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique de Vienne (agence des Nations Unies en charge de la promotion des usages pacifiques de l’énergie nucléaire) afin que la Guinée puisse bénéficier des bienfaits de l’uranium dans les domaines agricole, médical et industriel. Le gouvernement a même parlé d’un éventuel programme nucléaire pour augmenter la production d’électricité nationale.

    Tout porte à croire, étant donné les «antécédents » géologiques que la Guinée pourrait détenir une part significative d’uranium, si l’on en croit une étude opportunément mise à jour par le journal guinéen Le Diplomate (séminaire uranium Guinée 1982.pdf). En effet, une conférence sur les ressources minières de la Guinée s’était tenue à New York le 28 juin 1982 et avait déjà conclu à un possible avenir uranifère radieux pour la Guinée. Nous sommes en novembre 2007, 25 ans après…

    Malgré le volontarisme du gouvernement guinéen, les délais seront longs avant que la Guinée ne soit exportatrice d’uranium.

    Ainsi la possible mise en valeur de la mine de Firawa ne pourrait être effective avant, au mieux 2015 : il faut en moyenne 10 ans pour commencer l’exploitation d’un site minier, compte tenu des délais administratifs et techniques (l’exemple des gisements de fer des monts Nimba, qui n’a toujours pas débutée, est à méditer…).

    Mais avant tout, le présupposé est l’adhésion de la Guinée à l’AIEA, ce qui lui permettra de bénéficier des programmes de coopération technique de l’Agence. Toute une infrastructure technique, réglementaire, administrative et sécuritaire est à mettre en place avant de pouvoir utiliser l’énergie nucléaire. Signalons au passage que celle-ci ne se limite pas aux réacteurs générant de l’électricité : l’AIEA promeut dans bon nombre de pays sous-développés les usages agricoles, médicaux ou scientifiques de l’énergie nucléaire.

    Que peut faire la Guinée de cet uranium ?

    Il lui faudra d’abord choisir le modèle d’exploitation minière : la Guinée voudra-t-elle exporter du minerai d’uranium brut ou le produit semi-fini que représente le « yellow cake », premier produit industriel du cycle du combustible nucléaire ? Le yellow cake est, souvenez-vous, issu du processus de concentration qui traite le minerai brut pour en extraire l’uranium : avec les teneurs annoncées du gisement de Firawa par exemple, il faudra extraire et traiter 1 tonne de minerai pour avoir 771 grammes d’uranium qui, une fois concentré sous la forme de yellow cake donnera 77 grammes… Pour information, la livre de yellow cake (453 grammes) se négocie ces jours-ci à 90 dollars… Dans une optique de valorisation de son patrimoine, la Guinée devrait s’orienter sur cette voie du raffinage de l’uranium, pour offrir un produit à plus grande valeur ajoutée que de « simples cailloux d’uranium» extraits de la mine…

    Par ailleurs, la possession des premières réserves mondiales de bauxite devrait permettre à la Guinée de prendre une place de choix dans la mondialisation : l’alumine, issu du raffinage de la bauxite, est la matière première de l’aluminium, indispensable à la croissance chinoise et des pays émergents. Or, la Guinée ne possède aucune installation de raffinage de la bauxite et encore moins de fonderie d’aluminium car elle manque d’énergie…

    A côté d’un potentiel hydroélectrique manifestement sous-exploité, la possession d’un réacteur nucléaire dédié à l’alimentation électrique pourrait permettre l’installation de fonderies d’aluminium d’Alcoa, d’Alcan et de Rusal (les trois majors) en Guinée. A ce titre, il faut noter que l’Afrique du Sud développe un nouveau modèle de réacteur nucléaire – le PBMR, adapté aux besoins électriques des pays sous-développés voire émergents.

    Verra-t-on l’implantation d’un tel réacteur sud-africain en Guinée d’ici 2015, afin de produire l’énergie nécessaire aux producteurs d’aluminium ?

    L’uranium guinéen profitera-t-il à la Guinée ou alimentera-t-il seulement les centrales nucléaires du Nord ?

    Y aura-t-il un lien entre bauxite et uranium en Guinée, permettant un décollage économique et une insertion dans la mondialisation ?

    Beaucoup de questions auxquelles va devoir répondre la Guinée, en attendant les prochains résultats d’exploration…

    Par Courrier International
    Pour www.nlsguinee.com


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