vendredi 23 novembre 2007
Un appel pour la réparation et réhabilitation des familles victimes de l'agression barbare Portugaise contre la Guinée le 22 Novembre 1970
Après plus de 60 ans de domination coloniale française, la République de Guinée est le premier pays de l’Afrique occidentale française à prendre sa destinée en main le 2 octobre 1958.
Dès la première ère de l’indépendance, ce jeune Etat indépendant a crée une solidarité internationale pour l’émancipation des peuples africains et en développement sous domination coloniale. A travers son engagement et son organisation sociale, la Guinée a lancé d’importantes initiatives diplomatiques et politiques pour lutter contre le colonialisme en Afrique, en Amérique Latine et en Asie.
« Il n’y a pas de dignité sans liberté, nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » A dit le Président Ahmed Sékou Touré
La charte des Nations unies dans son chapitre XI, art. 73-74 énonce les principes qui continuent de guider l’action de l’ONU en matière de décolonisation, au premier rang desquels le respect de l’égalité de droit et de la libre détermination de tous les peuples sans distinction de sexe, de langue, de race ou de religion.
Dans le but de la défense des idéaux de la Charte, en vue d’accélérer le processus de décolonisation, l’Assemblée générale a adopté en 1960 la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés, dans laquelle elle a affirmé que tous les peuples ont le droit de libre détermination et proclame la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sur toute ses formes.
"Nous ne seront jamais libre tant qu'il aura un pays d'Afrique noire sous la domination coloniale " Un des principes de fondation des idéaux de la jeune Nation indépendante.
Dans le but d'accélérer l'indépendance des Etats Africains, la Guinée a servit de base arrière sur tous les plans (militaire, idéologique, diplomatie, financier etc.) à tous les mouvements progressistes panafricain pour les indépendances; c'est pourquoi l'occident impérialiste avait du mal de voir un Etat Rebel se construire en Afrique francophone au détriment de ses intérêts bullionistes.
Le 22 Novembre 1970 a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la Guinée :
De l'agression d'un Etat souverain au terrorisme d'Etat à la répression d’un régime sanguinaire contre les populations civiles
Le 22 Novembre 1970 à minuit moins de quart, la capitale guinéenne (Conakry) fut le théâtre d'un assaut d'une expédition de 200 commandos portugais assistés par une centaine de guinéens. D'importants moyens militaires (bateaux de débarquement, Al -France, avions de chasse Fiat, hélicoptères Alouette et vedettes Argos) ont été déployés pour libérer les prisonniers Portugais détenus (à Conakry) par le Parti Africain de l'indépendance de la Guinée -Bissau et les Iles de Cap-Vert (PAIGC) d'Amical Cabral ; et certains groupes entre les agresseurs voulaient profiter de l’occasion pour renverser le régime dictatorial de Sékou Touré.
Cette attaque armée a fait plus de 365 morts, de nombreux blessés et d'importants dégâts matériels dans la capitale.
Les réactions Ouest-africaine, africaines et internationales furent promptes. Les résolutions exprimant la solidarité avec le peuple et le Gouvernement Guinéen fusèrent de partout: de la Conférence de l'OERS de Bamako le 24 Novembre 1970 au Conseil des Ministres de l'OUA à Lagos (9-12 décembre), Conférence des Ministres de l'OCI à Karachi et aux Nations Unies à New York.
Les sales besognes de SALAZAR, le dictateur portugais et ses compagnons criminels génocidaires de l’Elysée ont plongé le peuple de guinée dans le goulag dès le lendemain de l'agression, le régime Stalinien de Conakry a mis sur pied des tribunaux révolutionnaires fantômes pour en finir avec les opposants. Les listes de persécutions furent dressées, des cascades d'arrestations commencèrent à Conakry et dans toute la Guinée. Pour les autorités de Conakry, il ne peut avoir de complot sans la complicité des guinéens, c'est ce qui explique la formation de la 5ème colonne.
Le "Camp Boiro" (célèbre camp tortionnaire où le Premier Secrétaire Général de l'Union Africaine, Telli Diallo est mort), a été transformé en boucherie humaine.
Dès 1971 des exécutions extrajudiciaires, violations massives des droits humains, massacres, tortures et pendaisons publiques ont commencé partout en Guinée.
A l'approche du cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée, nous lançons un appel auprès des autorités guinéennes, les organisations de la société civile guinéenne, la diaspora guinéenne, les Organisations de la société civile africaine, les Etats Africains, la Diaspora panafricaine, les ONG internationales, l'Union Africaine, l'Union Européenne, le gouvernement Portugais et Français, à la mise sur pied :
- d’une Commission consultative de haut niveau pour faire la lumière sur ce passé sombre qui fragilise encore la Guinée ;
- de créer un tribunal spécial hybride sous l’égide de l’Union Africaine et les Nations Unies afin de traduire les criminels responsables de ce génocide ;
- Favoriser un dialogue à l’échelle nationale en vue de la reconnaissance de la vérité pour la réconciliation entre les familles ;
- Création d’un Fonds d’affectation spéciale pour indemniser les victimes ;
Nous ne pourrions fêter les 50 années de l’indépendance de la Guinée en beauté sans passer par l’administration de la justice et le respect des droits humains.
Pour se faire, la jeunesse qui est la partie saine d’une Nation, veut savoir la vérité sur le passé pour tourner la page de l’histoire de la guinée vers un décollage économique et social.
Fait à Genève, le 22 Novembre 2007
Par Almamy Bocar Biro Diawara
Pour www.nlsguinee.com