lundi 12 novembre 2007
La Guinée, avec sa potentialité minière apparaît comme un pays de tous les paradoxes du monde. Riche en ressources du sol et du sous-sol, le pays a du mal à poser les bases d’un développement socioéconomique digne de ce nom.
Comment rentabiliser cette ressources naturelles au grand bénéfice de tous et chacun ? La question reste à jamais posée. C’est dans cette perspective de rentabiliser de plus en plus le secteur minier guinéen, qu’une journée de réflexion sur la gestion des titres miniers entre les sociétés, les projets et l’administration minière a été organisée à Conakry le jeudi 8 novembre dernier. C’est le palais du peuple qui a servis de cadre à l’organisation de cette journée de réflexion par la commission désignée à cet effet .Le contexte de cette journée de réflexion fait suite aux mouvements de grève déclenchés par la Central syndical CNTG-USTG élargie à l’ONSLG aux mois de janvier et février 2007 qui ont aboutit à la nomination d’un premier ministre et de la mise en place d’un gouvernement de « consensus ». Le département de tutelle, en l’occurrence le ministère des Mines et de la Géologie a pour cela inscrit dans son programme d’urgence, la revue et la renégociation des accords et conventions minières et l’assainissement du cadastre minier. Pour atteindre ces objectifs, le département à mis en place une commission chargée d’évaluer les titres Miniers accordés aux sociétés et/ou projets.
Cette commission est composée des cadres de la direction nationale des Mines, de la direction nationale de la Géologie et du centre de promotion et de développement minier.
C’est en prélude à la restitution des résultats partiels que les acteurs à tous les niveaux se sont retrouvé dans la salle du 28 septembre au palais du peuple le jeudi 08 septembre à 10h. Lors de cet atelier de restitution on notait la présence des membres du gouvernement notamment, le ministre des Mines et de la Géologie Mr Ahmed Kanté, son homologue du Contrôle Economique et Financier, Ethique et Transparence Mr Saidou Daillo et celui de la Communication et des Nouvelles Technologie Justin Morel Junior. Dans la salle on notait également la présence des représentants de toutes les sociétés minières et projets en Guinée, des cadres des départements des mines, des invités de marque et la presse nationale.
D’entrée de jeu, le ministre des Mines et de la Géologie à introduit les débats à travers une longue allocution sur la situation actuelle des ressources minières guinéens et son enjeu pour un développement harmonieux à la base. « Mesdames et Messieurs les représentants des sociétés et projets miniers évoluant en Guinée, je voudrais au nom du président de la république et au nom du premier ministre, vous remercier du choix que vous avez fait sur la Guinée. Nous pensons que c’est un choix qui a dû tenir compte de plusieurs facteurs, dont entre autres l’existence du potentiel minier en Guinée. L’exploitation de ce potentiel ne peut se faire sans le concours des investisseurs qui disposent non seulement de la positivité de mobilisation des capitaux nécessaire, mais également de la technologie nécessaire pour la mise en valeur de cette potentialité. La première porte d’entrée de l’investisseur constitue bien sûr de son recensement sur le cadastre minier. » a introduit le ministre des Mines et de la Géologie.
Plus loin dans allocution le ministre Ahmed Kanté à tenu à faire l’état des lieux du secteur des mines avant l’arrivé de la nouvelle équipe gouvernementale de l’après grève. Pour lui les conditions d’octrois du permis est de loin les plus avantageux. Il ajoute : « Je ne pense pas qu’il ait un seul pays au monde où le rapport entre le coût du permis et la surface octroyé est d’un dollars au kilomètre carrée environ (1 $/km2) . Si bien que en mars 2007, grâce aux retombées avantageuses des différents forum qui ont été organisées, grâce à la politique d’ouverture qui à été amorcée plus de cinq cent (500) permis de recherches ont été octroyés à plus de deux cent treize (213) sociétés minières. Cela c’est le côté positif de l’affaire. Sur le plan cadastral, cela s’est traduit par l’octroi de près de 60% du territoire national.
Financièrement, le montant qui rentre dans la caisse de l’Etat a été inférieur de trois cent cinquante miles dollars (350 000 $). Il faut dire que pour la bauxite qui est une substance d’intérêt particulier, le total des permis qui ont été octroyés, se chiffre en terme de surface à près du quart du territoire national pour des redevances cumulés qui sont inférieur à quatre vingt miles dollars (80.000 $). Je ne vais pas revenir sur les conditions de définitions de ces tarifs, parce qu’en faite une concession, quelque soit sa largesse peut être faite. Mais la question qu’il faut se poser est celle de savoir, qu’est ce que nous obtenons en contre partis ? »
Parlant de l’administration minière guinéenne, le ministre dira qu’elle se fixe comme objectif de rafraîchir les mémoires sur les liens juridiques qui caractérisent les relations entre l’administration minière et les sociétés en phase de recherche et d’exploration.
Quelle sont les préoccupations de l’administration minière ? S’interroge le ministre. Il répond en disant que la Guinée n’est pas un pays minier. Et pour cause, il souligne : « potentiellement la Guinée est un pays minier. Mais vous le constaterez, de part le nombre de société, la production par rapport au potentiel et même de part l’importance relatives des revenues engendrées, nous ne sommes pas encore un pays minier. Pour être un pays minier, il s’agira pour nous de créer les conditions pour que beaucoup plus de sociétés puissent s’investir. Mais pas n’importe quelles sociétés »
Par ailleurs les résultats obtenus de la commission chargée d’évaluer les titres miniers accordés aux sociétés et/ou projets, se présentent comme suit :
Nombre de sociétés et : ou projets évalués = 213 ;
Nombre de sociétés et / ou projets ayant leurs titres retirés = 68 ;
Nombre de sociétés et / ou projets à contrôler sur le terrain = 145.
Vu ce constat, le ministère à jugé nécessaire d’organiser cette journée dont l’objectif sera de réunir tous les acteurs du secteur minier guinéen pour une concertation sur les nouvelles directives envisagées par le département des Mines et de la Géologie dans le cadre du renforcement de la gestion des Titres Miniers. Pour y parvenir quatre thèmes ont été débattus entre les participants à l’atelier et les organisateurs. Ce sont.
Premier thème : Situation du cadastre minier avant et après le premier nettoyage ;
Deuxième thème : Les conditions de renouvellement et de prorogation des Titres miniers ;
Troisième thème Contrôle et évaluations des titres miniers ;
Quatrième thème : suivi du mécanisme de financement des sociétés minières.
D’autre part, les questions liées à l’environnement n’ont pas été occulté par le ministre des mines et de la géologie qui, au nom du gouvernement exprimera la préoccupation de son département sur ce domaine. « L’une des plus grandes plaies que l’exploitation minière peut laisser à un pays, c’est bien sûr les mines orphelines. Etant dépourvu de minerais, ne faisant plus l’objet de l’intérêt de quelques sociétés que ce soit, ces mines orphelines constituent un piège pour nos population, un piège pour le bétail, un piège écologique dont on ne peut évaluer les conséquences. Nous ne cesserons jamais d’insister sur la nécessité de conduire à bien les projets de réhabilitation des sites qui font l’objet des travaux de recherche ou d’exploitation » conclu Ahmed Kanté ministre des Mines et de la Géologie.
Toute fois les défis qui s’imposent à la Guinée pour une plus grande rentabilité de son secteur minier est énorme. Parmi ces défis, la transparence dans la gestion des revenus miniers occupe une place de choix non négligeable car ce secteur alimente à près de 90 % les caisses de l’Etat.
A noter que selon le DG de la Société russe Rusal Alumini (voir Photo) plus de 4 millions de tonnes de bauxite sont exportées chaque année, soit 250 000 tonnes par mois, le chiffre d’affaire de l’entreprise est 24 -26 millions de dollars /an.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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