dimanche 04 novembre 2007
Dans le cadre des préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance de la Guinée, les enfants et veuves des victimes du Camp Boiro ont organisé hier samedi 3 octobre 2007 une cérémonie de commémoration dénommée vision 2008. L’événement s’est déroulé au cinéma Liberté et au Pont des pendus, le Pont 8 novembre, à la rentée de Kaloum.
Cette mobilisation a été organisée par l’Association Guinéenne des Enfants des Victimes de Camp Boiro. Apres l’installation des invités, il y a eu la projection d’un film réalisé par un enfant d’une victime David Achkar. Plusieurs discours ont pointé la rencontre dont entre autre celui de l’association des enfants des victimes, celui du président de l’,OGDH organisation Guinéenne des défenses des droits de l’homme, les témoignage combien pathétique des certains rescapés du tristement célèbre Camp Boiro. « parmi les victimes, j’ai des amis, des camarades de classe, des gens avec lesquels j’étais dans le parti, dans le syndicat etc. Ils sont tous partis par des actions criminelles contre les cadres et autres illettrés. Il est normal qu’on rappelle cela au peuple » dira le président de l’OGDH Dr Thierno Maadjou Sow.
Pour Alseny Réné Gomez, ancien ministre, rescapé du Camp et auteur d’un ouvrage sur le Camp Boiro, cette cérémonie a une signification hautement symbolique et il ajoute : « normalement cette cérémonie aurai pu se faire le 18 octobre, parce que c’est dans la nuit du 18 octobre que qu’on a pendu certains Guinéens civils et militaires. Ce qu’il faut retenir dans tout ça c’est la volonté des enfants et des victimes de Camp Boiro de rechercher la vérité et ensuite de penser à la réconciliation. »
D’autre part dans la logique de ce témoignage, un des rescapés se présente et prend la parole. Son nom Abass bah. Il raconte : « On aura jamais assez témoigné et on aura jamais assez tout dit. Mais il est certain que d’après ce qui a été vécu que dès qu’un monsieur est arrêté, il cessait d’être un nom, il cessait d’être un homme, il devenait un numéro. Un numéro pour tout le temps qu’il sera resté à Boiro. Soit il sort par ses pieds ou il sort par la tête. Quand on vous arrêtait, on vous déshabillait et on vous jetait dans une cellule vide de tout. On ferme la porte et on écrit la lettre D, ça voulait dire diète (cellule où l’occupant n’a doit ni à l’eau ni à la nourriture durant 7 jours NDLR). J’ai vu un tortionnaire avec un bouquin qui portait le titre suivant : Encyclopédie de la torture humaine. »
Pour sa part le responsable de l’Association des Enfants des Victimes de Camp Boiro fera un long discours pour dénoncer les abus et les tortures dont leurs parents ont fait l’objet. Fodé Maréga dira pour l’occasion : « A cet instant les 50 milles victimes répertoriés du régime de Sékou Touré sont parmi nous. Ils nous écoutent persuader que justice leur sera faite. Nous sommes de l’opinion que la page doit d’abord être lue à haute voix avant d’être tournée. »
Toutefois, ce qui est évident c’est que si la dénonciation des auteurs des actes criminels durant le premier régime est une chose, la traduction des ces bourreaux en justice en est une autre. Car comme on le sait, la plupart des ceux qui sont accusé être à l’origine de ces actes ne vivent plus de nos jours. Ce qui tout naturellement doit faire croire qu’il est plus que temps que les uns et les autres se retrouvent pour partager un esprit de pardon et de réconciliation nationale. Car comme le dit l’autre la haine et les règlements de compte ne peuvent conduire nulle part.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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