samedi 03 novembre 2007
A coup sûr, une des plus grandes fiertés du cinquantenaire serait de voir les guinéens face à leur vraie histoire. Il est question ici de procéder, par la manière humaine, à la dénonciation des violations des droits de l’homme à caractère individuel et collectif. Pour l’intérêt de la mémoire collective, et surtout du dialogue pur et sincère entre frères, la Guinée après cinquante ans, a besoin d’un bilan politico-économique et peut-être social.
Cette période qui est aussi une croisée des chemins entre une génération de combattants de l’indépendance, vieillissant avec un secret, et les jeunes générations, plus fortes de volonté que d’expérience sur l’histoire du réellement vécu, ont besoin de transfert pour des piliers plus solides de l’histoire de notre pays.
Ici toujours, il y a lieu d’enterrer les haches de guerre qui ne feront qu’accentuer le fléau du retard. En observant cette procédure, il serait tout, sauf question de desservir les causes d’unité, de justice et de solidarité, pendant que certains acteurs restent encore en vie. Cette confrontation obligatoire n’a que des objectifs conciliatoires. A la place de tous ceux qui ont un quelconque remords, ou qui auraient joué un quelconque rôle dans un quelconque cynisme, il serait louable, sous l’égide d’une autorité centrale protectrice et surtout conciliante, de chercher les voies du repentir en considérant que l’être humain est à la fois faillible et perfectible.
Réconcilier donc la Guinée avec elle-même, paraît l’une des premières démarches qui mettraient la grande locomotive en marche. Les enfants de ce pays, après des décennies de méfiance, de préjugés et de luttes intestines au cours desquels leurs frères et sœurs ont perdu leur vie, été forcés à l’exil ou à la complicité interne, ces guinéens ne sont pas censés oublier cette partie triste de leur chair. Mais, par le sentiment d’appartenance nationale, l’évidence de la volonté de relever la Guinée de la position plate, chacun est obligé d’accepter le pardon de la réconciliation. Cette réconciliation, quoiqu’amère, doit être ouverte, sincère et actuelle. Les retombées ne sont que bénéfiques pour tous ceux qui se réclament de la grande maison Guinée, car la fraternité doit prendre le dessus sur les mélancolies du passé. Le temps, toujours fuyant, commande de ne pas reporter ce qui peut être fait aujourd’hui, surtout que demain se pointe déjà avec ses défis.
Ce cinquantenaire doit être un événement propice pour les guinéens de viser plus ce qui les lie que ce qui les divise.
Par Lamine Sununu Kaba, Washington D.C., USA
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