mardi 23 octobre 2007
Les joutes électorales pour les prochaines législatives se profilent à l'horizon 2008. Les populations guinéennes ont besoin de quoi se nourrir, se soigner, se loger, se déplacer et se vêtir. Elles veulent aussi donner leurs avis sur les décisions importantes concernant leur avenir. Le réveil est donc nécessaire si elles souhaitent éviter de retomber dans les filets que veulent tendre les nostalgiques de l'ancien régime, dont l'actuel 1er ministre Lansana Kouyaté, pour s'assurer une majorité absolue à l'Assemblée Nationale.
Les mailles de la corruption, de l'injustice et de la magouille ne peuvent être rompues que s'il y a une réelle prise de conscience aiguë de tous les citoyens. C'est pourquoi, si demain les élections se passent mal, ils auront leur part de responsabilité pour n'avoir pas joué leur rôle en dénonçant et pour n'avoir pas tenté au moins d'apporter leur assistance à une élection en danger .
Le fait dominant de la gouvernance guinéenne est ce qu'on pourrait appeler "l'unilatérisme". Ce phénomène est à la base des régressions au niveau de l'équité et de la transparence des élections organisées jusqu'ici dans notre pays. Il est de notoriété publique qu'en République de Guinée, les consultations électorales sont des occasions rêvée pour se livrer à des fraudes massives. Cette course effrénée à la fraude intervient avec une telle hostilité qu'on sait que le pouvoir lui-même en est le promoteur et de loin le grand mécène.
C'est pourquoi, pour que la vie politique guinéenne soit assainie, c'est à dire pour que les guinéens vivent désormais dans la paix et la concorde, il faudra impérativement engager, dès après ces élections législatives, de véritables réformes politiques et institutionnelles pouvant déboucher sur la mise en place d'un système de gouvernance consensuelle. La démocratie telle que nous la vivons actuellement est unijambiste c'est à dire ne reposant pas sur les deux interfaces que constituent majorité et opposition, mais uniquement sur la "majorité présidentielle".
Aussi, il est important de savoir que pour s'assurer une victoire totale sans contestation, le pouvoir a une fâcheuse habitude de faire usage d'une procédure classique, bien connue des spécialistes en la matière : l'émasculation de la démocratie par la complexité des procédures, la multiplication des documents à fournir, l'augmentation des charges financières , bref les tracasseries administratives. Ce qui constitue un sérieux handicape à la participation, principalement, des partis de l'opposition.
En effet, la majorité des partis politiques, communément appelés "petits partis", ont peu de moyens et ne bénéficient pas de financement public important. Comment peuvent-ils couvrir l'ensemble du territoire national, payer les cautions, revenir sur le terrain pour cause de contestation sur les listes ? Enfin, comment pourront-ils et dans le même temps surmonter l'ésotérisme, le cafouillis des dispositions entourant le scrutin ?
Mais, fort heureusement, personne n'est dupe. Toutes ces honteuses dispositions ne sont destinées qu'à gêner la seule opposition qui ne dispose que de modestes moyens et qui doit, en fin de compte, se battre non seulement contre un pouvoir qui ne renonce jamais mais aussi contre une administration à la dévotion de ce même pouvoir.
C'est pour toutes ces raisons, que nous lançons un appel solennel à tous nos concitoyens de faire des élections législatives de mai 2008 le commencement d'une vie nouvelle, celui du vrai changement , celui de la liberté et de la paix. Ces élections doivent constituer une occasion pour tourner définitivement la page en confiant l'avenir du pays à une nouvelle génération de femmes et d'hommes compétents, honnêtes, sérieux et déterminés à lancer les bases d'un vrai développement durable où chaque citoyen, sans esprit de ségrégation, trouvera son bonheur.
Nous savons tous que les dignitaires du régime vont encore sortir, comme ils ont l'habitude de le faire, beaucoup d'argent et de gadgets (tee-shirts, casquettes, etc.) pour acheter la conscience des électeurs Lansana Kouyaté a déjà donné le ton en offrant de l'argent et des sacs de riz à des populations en détresse. Nous demandons donc à tous nos concitoyens de bien en profiter, mais de savoir dissocier le bon grain de l'ivraie, le moment venu c'est à dire au moment des votes. C'est ce que nous, militants de l'U.P.G. républicains dans l'âme, appelons le vote utile autrement dit la victoire en chantant.
Cécé Roger Haba, France
Membre du Bureau Politique National de l'U.P.G.
Chargé des Relations Extérieures
Pour www.nlsguinee.com