lundi 22 octobre 2007
La misère est là. Nous la vivons au quotidien. Dans les familles, dans
la rue, dans les lieux de travail, dans les lieux de culte. Partout,
elle a envahi notre univers. Ils sont des jeunes, des femmes, des
hommes et des adultes. Ils sont pauvres. Aucune catégorie sociale n'est
à l'abri de cette peste des sociétés modernes. Bien au contraire. Il
semble même établi que, plus nous parlons de développement, plus la
misère frappe à nos portes. Elle heurte et choque notre conscience collective et individuelles impuissantes à trouver la solution à la faim, aux maladies, aux soins de santé primaire, à l'oisiveté et à la désolation de ces cœurs meurtris vivotant dans les allées et recoins des maisons.
La campagne internationale contre la misère que la communauté mondiale fête chaque année, est certainement, un moment judicieux pour porter un regard sur ce qui passe autour de nous. A qui
la faute, quand ceux qui ne travaillent pas sont de plus en plus nombreux ?
La réponse n'est point aisée. Evidemment, la tentation de mettre sur le dos des pouvoirs politiques l'accroissement de la misère humaine sur terre est grande et légitime. L'explication est toute simple. Ceux qui gouvernent le monde ne sont pas dans la misère. Plus ceux d'en haut s'enrichissent, plus les pauvres d'en bas, deviennent encore et encore, plus pauvres. Il en est ainsi depuis la nuit des temps. Les systèmes politiques construits par les féodalités, les capitalistes et les plus grands défenseurs du socialisme démocratique de l'Est et de l'Ouest, n'ont pas pu résoudre à cette équation terrible, posée à toue l'humanité entière, inquiète du reste de son avenir. Le contrôle du pouvoir par des voies démocratiques ou non, se
révèlent être la clef d'accès au mieux être ou à la descente à l'enfer sur terre et la misère.
On ne peut certes fermer les yeux sur les efforts consentis par les pouvoirs publics favorables au capitalisme
ou au socialisme, en terme de recherche de solutions alternatives à la pauvreté. Jamais pourtant, la lutte contre la pauvreté n'a autant pris de place dans les préoccupations des bailleurs de fonds, des pouvoirs
publics et de la société civile. Seulement, voilà. Nous sommes bien loin des résultats escomptés des programmes et des stratégies de lutte contre la pauvreté. Bien au contraire. Et, ce n'est point d'ailleurs
par hasard que, les plus avertis dans ce domaine bien délicat, parlent de réduction de la pauvreté. C'est un aveu d'impuissance qui ne dit pas son nom. Il ne faut point s'y tromper. Les projets nourris ici et là dans nos villes et dans nos campagnes, pour soutenir l'insertion des jeunes ou pour accroître les revenus des femmes, ne pourront au mieux qu'alléger les souffrances des populations les plus faibles économiquement et socialement. De ce point de vue, la misère sera sans nul doute contenue et réduite dans son ampleur. C'est mieux que rien.
Toutefois, l'humanité devra impérativement se rendre compte de l'évidence. Il est assez révélateur que ceux qui vivent de la lutte contre la pauvreté, soient mieux nantis que les plus pauvres à qui ils viennent en aide. Quel paradoxe insoutenable et ahurissant. La misère croissante et l'exclusion de la société de franges significatives des pauvres, qui ne sont que des conséquences de la mauvaise répartition des richesses et de l'organisation absurde de la société humaine, vont inéluctablement se conjuguer aux conflits. La lecture attentive des guerres, tribales, inter ethniques, religieuses et les conflits de sécession, les conflits indépendantistes vont se multiplier.
L'irruption du phénomène du terrorisme qui n'est que l'expression d'une révolte sociale et culturelle prenant la forme religieuse laisse penser que la misère sociale mérite d'être traitée
autrement et de manière plus cohérente à l'échelle du monde. Il n'est
pas acceptable qu'une minorité contrôlant les pouvoirs de décision, les moyens de production et les circuits de la finance internationale, soit dans l'abondance la plus criarde, au moment où la majorité des
populations et des travailleurs croupit dans le dénuement le plus total. Tout est fait pour que cette fracture sociale se creuse.
Comment alors s'étonner que notre monde soit celui de la guerre, des
conflits, de la terreur et des révoltes périodiques de jeunes
désorientés par les inégalités les plus absurdes tissées de main de
maîtres qui ne voient que leurs intérêts. Il faut renverser cette
tendance de la misère. Il y va de la sécurité des biens, des personnes
et de l'équilibre des sociétés humaines. C'est pourquoi, la justice
sociale et les droits humains exigent que les Etats trouvent des
réponses à une meilleure prise en change des plus pauvres qui ne
demandent guère des solutions trompe l'œil et au chômage des forces
vives des nations et à l'injustice sociale multiforme. Le droit au
travail et celui à la vie sont inaliénables.
Par Sidimé Alpha Kabinet
Membre de l'Equipe d'Analyse et de Reflexion de Neoleadership
Correspondant de www.nlsguinee.com au Sénégal
Contact alpha.sidime@gmail.com
Pour www.nlsguinee.com