mercredi 17 octobre 2007
La Guinée, l’un des plus pauvres pays de la planète, est paradoxalement le pays où tout se chiffre, pour être modeste, en millions sinon en milliards.
Pour rénover un appartement du PM, on a parlé de milliards, pour opérer le clivage de la jeunesse, des millions ont été déboursés, pour être ovationné, des millions, ….
Lorsqu’on évoque des vols, dont le politiquement correcte veut qu’on appelle détournement de deniers publics, ce sont des milliards, les voyages de hautes personnalités drainent les mêmes chiffres, il est de même des frais d’hôtel. Ces faramineuses dépenses, à tourner la tête, occultent les besoins primaires du citoyen. Autour de ces lieux d’où vient l’odeur ou la senteur de ces mirobolantes sommes sont nés des vautours voltigeurs qui sont devenus de grands donneurs de leçon. Certains, sentant encore le lait de leur tétée, s’essaient pour qu’aux pas grandissant, ils ne soient en retard demain. Cette ambition les excite à entrer dans la danse aux millions, mais avec maladresse parce qu’improvisée et peut-être incomprise.
Trieurs des faits historiques sans les avoir bien appris ou compris, les voilà devenant des négationnistes en confondant certaines victimes avec leur bourreau. Après, ils s’exercent à déparler lorsqu’ils pensent évoquer l’intellectuel guinéen qui serait malade. Mais malade de quoi ?
L’issue fatale de cette démarche se veut-elle être la censure ? Pour eux, personne ne doit plus être regardant de la trajectoire chaotique des Hommes au pouvoir ou dans l’opposition. Autour d’eux se construit un mur de peur. Comme c’est à la mode, ceux qui osent dire la vérité des faits sont accusés d’ethnicisme, de la haine, de la trahison et de la peur de l’autre comme si nous étions dans un film fantastique dont les acteurs feraient peur.
Non, soyons sérieux !
Ceux qui ont accepté d’investir la place publique resteront soumis à la lumière la plus vive du projecteur des consciences et sans complaisance parce qu’ils ne s’appartiennent plus, ne sont plus d’aucune région, ni religion, ni ethnie. Ils sont guinéens et leurs actions sont et seront surveillées et décryptées dans les moindres détails. C’est par cette démarche que la démocratie trouvera sa place dans la vie publique guinéenne. Cette attitude peut plaire ou déplaire. Les censeurs et rhétoriqueurs qui savent interpréter au lieu de lire les textes des autres pour la bonne compréhension ; ceux-là qui veulent imposer le silence au guinéen pour que son pays soit conduit suivant les caprices d’une poignée d’individus peuvent se détromper. Nous avons dit et écrit dès le lendemain des événements du début de l’année que plus rien ne sera comme avant. Cette exigence est désormais la logique applicable en Guinée. Elle est la boussole qui orientera nos regards portés sur les Hommes au pouvoir. N’eut été cette attitude, les promesses de Lansana Kouyaté auraient continué à pleuvoir dans les oreilles des Guinéens.
Et voilà pourquoi, à la loupe, nous suivrons la conduite du pays par son gouvernement et surveillerons les autres qui ont choisi de vivre l’opposition politique. Personne n’oblige les uns et les autres à y demeurer. Le jour où ils choisiront d’abandonner les activités publiques, ils ne seront plus évoqués. Nous l’avons fait pour leurs prédécesseurs. Depuis que ces derniers ont été congédiés, nous n’avons plus parlé d’eux parce qu’ils sont devenus de simples citoyens dont il faut protéger la vie.
Nous évaluerons, à chaque pas de notre évolution, ceux qui ont choisi de s’occuper de notre patrimoine national. Ils n’y sont pas obligés. Il y a, au moins, sur les 10 millions de Guinéens, 5 millions qui peuvent remplir ce rôle à leur place. Nous ne nous embarrasserons pas avec les mauvais.
Cela peut plaire ou déplaire, nous observerons tous les actes du gouvernement Kouyaté. C’est pourquoi, ce ne sont pas les menaces, les insinuations malhonnêtes, les insolences absurdes pour les uns, les mensonges, les propos calfeutrés par des auteurs fantômes et les accusations des autres qui nous feront baisser les bras. Dans les grandes démocraties, l’homme public est placé sur l’orbite de l’observatoire public, il ne peut en être autrement en Guinée, même si la démocratie y est recherchée.
Ce qui nous amène à cette ONG qui a mobilisé la presque totalité de la maisonnée gouvernementale de Kouyaté. Nous avons lu, ici et là, des millions venant des fonds publics versés à dame du PM. 10 millions du ministère de l’Habitat, 10 autres de celui de la Santé publique quand le ministère de l’environnement décaisse 20 millions. Tout cela n’est pas sérieux et ne répond pas à l’espoir que nous avons mis en l’équipe gouvernementale pour remettre le pays sur la voie du développement.
Dans un pays normal, la subvention des organismes non et paragouvernementaux et des associations se discute avec l’Etat via ses représentants en charge de ces dossiers. Ce ne sont pas des agitations en foire qu’il faut, ni cette mamaya qui ameute un quartier à la manière des personnages de Bouky, l’hyène quand tous les animaux sont déclarés morts.
Pourquoi l’ONG de l’épouse du PM reçoit-elle une telle somme et pas les autres ? Pourquoi les membres du gouvernement se mobilisent-ils tant pour elle et pas pour les autres ? Cela s’appelle abus de biens sociaux dont actes délictueux. Ces ministres qui ont versé de ces sommes doivent fournir des explications aux contribuables que nous sommes. La République n’est pas une affaire de famille, ni de groupuscules aux membres apparentés.
Paris 17 octobre 2007
Par Jacques Kourouma
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