mercredi 17 octobre 2007
Je voudrais apporter des précisions quant à certaines allégations faites par certains promoteurs de sites Internet à propos de la genèse du Net guinéen. Je dois rappeler que depuis le tout début, soit au milieu des années 1990, je participe activement dans les différents groupes guinéens de discussion présents sur le Net. Mais depuis quelques années, comme mes anciens amis et collaborateurs l’ont déploré, j’ai pris mes distances à l’égard de ces groupes en raison de la baisse notable que j’ai remarquée dans les niveaux de discussions.
Des extrémistes de tous bords avaient pris en otage ces espaces d’échanges guinéens pour en faire des lieux de propagande pour leurs mentors et par conséquent préparer leur entrée politique en Guinée.
Depuis la nomination du gouvernement actuel né des mouvements de dissidence de janvier et février 2007qui ont failli déboulonner le régime Conté, les extrémistes d’hier sont encore revenus mais cette fois-ci avec de nouveaux visages. Ils prêchent maintenant soit pour le régime Conté, soit pour le gouvernement dit de consensus dirigé par Lansana Kouyaté.
De manière plus précise, mon aventure sur la grande toile a débuté en 1996 lorsque, avec quelques amis, nous avons pu créer le groupe de discussion « Guinenet » qui était hébergé par l’université autrichienne où étudiait notre ami Salim Diané. Ce groupe a été pendant longtemps le seul groupe guinéen de discussion sur le Net. Avec son succès de plus en plus grandissant, nous avons songé à en créer un nouveau, plus autonome et libre de toute attache universitaire. C’est dans ce contexte qu’est né le groupe « soc.culture.guinea-conakry ». Ce fut l’un des premiers groupes de discussion de cette catégorie créés par des Africains. Plusieurs étudiants africains vivant à l’étranger ont suivi notre exemple pour créer le leur. J’ai été très surpris que le promoteur de Guinenews ne cite pas mon nom parmi les pionniers du Net guinéen et de surcroît qu’il s’accapare en partie aujourd’hui de la paternité de la création de ce groupe. Dans son exposé de l’historique du Net guinéen qu’il publié sur son site, il a omis ouvertement de citer l’ensemble des pionniers qui se sont battus pour inscrire notre pays sur la grande toile. Pour la mémoire collective, les véritables pionniers qui ont inscrits notre pays sur le Net sont composées d’un trio de jeunes patriotes guinéens qui son respectivement : Salim Diané, Baillot Diallo et Cellou Barry (moi-même) auxquels se sont joints par la suite d’autres compatriotes dont entre autres Ani Touré, Sadio Barry, feu Pounthioun Diallo, Mori Diané, Boubacar Caba Bah et Faya Millimono. Je m’excuse si j’en ai oublié d’autres car il y avait plus de deux cents personnes inscrites sur ce groupe. Les personnes citées étaient toutefois les principaux animateurs de ces groupes. L’objectif visé était de provoquer un éveil de conscience chez nos compatriotes à l’égard des problématiques de notre pays et d’y apporter des solutions durables. Les discussions étaient d’un bon niveau intellectuel à cette époque. Les discours extrémistes n’y avaient pas leur place car ils étaient immédiatement condamnés par l’ensemble. Par exemple, le promoteur de Guinenews a voulu inciter à la création d’une République du Foutah en Guinée mais il a été tellement critiqué pour son projet ethnocentriste qu’il a été contraint de se retirer de Guinenet. D’autres extrémistes ont aussi voulu suivre son exemple pour inciter à leur tour à encourager la création d’une entité Manding autonome en Guinée. Ils ont été forcés finalement à renoncer à leur sinistre projet car n’ayant pu obtenir le soutien de la majorité des participants de Guinenet.
Pour la petite histoire, c’est en réaction de son retrait dans le net guinéen de l’époque que Boubacar Bah a créé son site Guinenews qu’il a voulu au départ faire financer par ses compatriotes. Avec les manipulations dont il est capable, il a pu convaincre certains de répondre à son appel. Il faut savoir qu’en même qu’il participait à la création de soc.culture-guinea, il travaillait fortement à la mise en ligne de son site. Ce que les Guinéens doivent savoir ce n’est pas suite à un sursaut patriotique qu’il a créé ce nouveau site car Guinenet répondait déjà suffisamment au besoin d’échanges des Guinéens de l’étranger et de l’intérieur. Cette dénomination est encore utilisée par les outils de recherche sur la grande toile pour identifier les portails Internet guinéens. Il faut mentionner que c’est la mise en ligne de Guinenews, avec son concept de portail guinéen, qui a fait ombrage à Guinenet et à soc.culture-guinea. Quant à Boubah.com qui est directement identifié à son créateur, au contraire de Guinenet et de soc.culture-guinea, cet autre site Internet ne peut prétendre être un espace d’échanges guinéens à l’abri de toute manipulation ou propagande politique. En effet, on ne sait pas qui sont les véritables commanditaires de ce site (en dehors des quelques publicités qu’on y voit) ainsi que les objectifs poursuivis par ses promoteurs.
Étant foncièrement républicain, je considère que je n’ai aucune rancune quant à l’arrivée de Guinenews sur la grande toile. Cela a permis plutôt de diversifier l’information accessible aux Guinéens sur le Net. D’ailleurs, je le visite régulièrement, comme le font d’ailleurs plusieurs de mes compatriotes pour m’informer des actualités mon pays natal. Toutefois, il aurait été encore plus souhaitable d’unir au départ nos forces pour créer un site guinéen totalement républicain ne souffrant d’aucun ethnocentrisme et régionalisme à envergure nationale; ce qui n’est pas le cas de plusieurs portails guinéens de nos jours.
Voilà la petite histoire du Net guinéen expliquée brièvement par un ancien pour ceux qui n’ont pas suivi sa genèse. Mon retour dérangera certainement les imposteurs qui se sont autoproclamés « pionniers » du Net guinéen.
Par Dr. Cellou Barry, Ph.D
Pour www.nlsguinee.com