mardi 16 octobre 2007
La conquête du pouvoir d'Etat est une question de rapport de force. Quant à sa gestion, elle s'apprend. A ce niveau, le gestionnaire actuel de notre pays, Lansana Kouyaté, n'a rien appris. Depuis son arrivée à la primature, il n'a cessé de pousser le ridicule devant sa porte en voulant, contre vents et marées, consolider un pouvoir qu'il croit détenir. Il oublie que Lansana Conté qui continue d'exercer, illégalement ou pas, les fonctions de chef de l'Etat, détient, jusqu'à preuve du contraire, le pouvoir de le congédier à tout moment. De toute manière notre constitution ne prévoit pas le poste d'un simple 1er ministre à plus forte raison celui d'un 1er ministre chef de gouvernement.
Avant sa prise de fonction, Lansana Kouyaté aurait dû prendre des dispositions pour ne pas se retrouver dans une situation qui porte confusion. Il aurait dû exiger de Lansana Conté, par exemple la dissolution de l'Assemblée Nationale, la révision de la constitution et l'arrestation des principaux fossoyeurs de la République, puisque la situation lui était très favorable à l'époque. Aux yeux de l'opinion nationale et internationale, il serait devenu un véritable héros national. Il disposerait, en ce moment là, d'un réel pouvoir.
Mais malheureusement, cet homme n'était ni préparé, ni disposé à mener une lutte victorieuse pour un vrai changement. Connaissant les appétits matérialistes de Lansana Kouyaté, cet échec était prévisible. Car, il faut le noter, la direction de la gestion d'un pays ne doit pas être confiée à un individu peu soucieux de l'intérêt national. Le couple contre nature formé par lui et Lansana Conté et imposé au pays par la force des choses n'avait, dans cette condition, aucune chance d'aboutir à un résultat satisfaisant.
L'espoir de voir, un jour, surgir une nouvelle force déterminée à assumer efficacement l'avenir du pays s'amenuise de jour en jour. Et pendant ce temps, le vieux Général attend. Il prend son temps. . Et comme dirait l'autre, « Tout vient à point à qui sait attendre ».
Le moment venu, il décidera. Lansana Kouyaté descendra alors de son piédestal pour prendre vulgairement la petite porte sur la pointe des pieds comme un mal propre.
C'est le sort que le bon Dieu réserve à tous ceux qui trahissent la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour que les autres puissent vivre dans de meilleures conditions.
Cécé Roger Haba, France
Membre du Bureau Politique National de l'U.P.G.
Chargé des Relations Extérieures
Pour www.nlsguinee.com