mardi 02 octobre 2007
« Si vous êtes journalistes, nous on s’en fout. Personne ne rentre ici. Écrivez ce que vous voulez. Quittez ici, sinon c’est pas bon pour vous » lançait un béret rouge aux journalistes.
A l’occasion de la 49eme anniversaire de l’indépendance guinéenne, une grande cérémonie a été organisée par le gouvernement pour célébrer cette journée du 02 octobre 2007.
L’événement a commencé par la place des martyrs où les membres du gouvernement, les corps diplomatiques et consulaires agrémentés en Guinée, les organisations internationales, la presse publique et privée avait déjà pris place vers 9h 30 mn. Il était question que le General Lansana Conté fasse lui même le déplacement, mais selon des sources dignes de fois sa santé ne pouvait le permettre d’y prendre part.
En lieu et place du président de la République, c’est le cortège du Premier ministre Lansana kouyaté, qui débarqua, dans un brouhaha de fanfares et trompètes. Apres avoir salué les membres de son gouvernement et les corps diplomatiques, Lansana Kouyaté s’est dirigé vers la place des martyrs pour déposer des fleurs afin de saluer la mémoire de nos illustres disparues pour service rendu à la Nation Guinéenne.
Ensuite, direction pour le palais du 25 aout, actuel siège du Conseil National de la Communication (C.N.C). Là le PM et toutes les délégations ont fait leur rentrée pour écouter les différents discours prononcés par le comité d’organisation du cinquantenaire de l’indépendance de la Guinée, qui sera célébré l’année prochaine. Apres le discours du ministre de l’économie président de ladite commission, il est revenu au PM de prendre la parole et de s’adresser à toute la nation guinéenne au nom du président de la République, Lansana Conté.
Mais, que s’est- il passé réellement dans la salle historique du 25 aout ? L’on ne saurait répondre à la question dans la mesure où l’ensemble de la presse privée avait été brutalisée, humiliée et chassée sous la véranda. Des forces de sécurité (police, gendarmes, militaire et paramilitaires) avaient tous reçu l’ordre de ne pas laisser un journaliste mettre son nez dans la salle. C’est du moins ce que nous dira un béret qui coordonnait la sécurité devant la porte d’entrée :
« Ecoutez on ne vous laisse pas entrer car il n’y pas de place pour vous. » dira –il poliment aux journalistes massés devant la porte d’entrée.
Un confrère d’une radio privé pose cette question. Pourquoi nous ne pouvons pas entrer pour couvrir l’événement, nous sommes des journalistes non ? »
Au béret rouge de répondre : « Si vous êtes des journalistes il y a quoi. Quittez d’ailleurs ici allez sous le soleil là-bas si vous voulez ou alors rentrée chez vous. »
A peine qu’il (le militaire) ne termine sa phrase, je m’apprêtais à faire une photo. Il tourne le dos et dit : « Si tu fais des phots là-bas je te casse la gueule et je casse ton appareil photo. Tu es ‘espion ou quoi » Voici quelques jeux auxquels se sont livré les journalistes et les forces de l’ordre devant la salle, au moment où des discours étaient prononcés à l’intérieur.
Ce qu’on ne comprend pas c’est que 49 ans après l’indépendance de la Guinée, la démocratie est loin d’être une réalité pour les guinéens dans leurs ensemble. Quant au gouvernement de consensus, rien ne montre encore les signes d’un bon départ pour un changement de comportement dans les façons de faire.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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