dimanche 30 septembre 2007
La Guinée s’apprête à fêter son cinquantième anniversaire depuis son indépendance le 02 Octobre 1958. Le gouvernement dit de consensus prépare une grande festivité à cette occasion et une commission a été mise en place pour réfléchir sur cet événement.
Après les événements douloureux qui ont secoué la Guinée, suite aux revendications légitimes de la population Guinéenne pour un changement positif, une meilleure gouvernance, ce n’est pas le moment de faire de grandes fêtes mais au contraire celui du recueillement et des hommages à tous ces jeunes qui ont perdu leur vie dans ces manifestations.
La question que de nombreux Guinéens se posent aujourd’hui est : À quand le changement en guinée ?
Après 8 mois de gouvernance, Monsieur Kouyaté et son gouvernement dirigent le pays vers une rétrogression. On assiste à un grand retour des méthodes du PDG qui a causé assez de dégâts à notre pays ; prenons comme exemple récent le ravitaillement de la population en denrée alimentaire.
La Guinée depuis cinquante ans n’arrive pas à aspirer à l’auto suffisance alimentaire ; et pourtant, ce ne sont pas des terres agricoles qui manquent au pays donc le gouvernement devrait mettre en place une véritable politique agricole pour sortir la Guinée de ce marasme alimentaire. C’est la seule et unique solution pour notre pays. Le ravitaillement en denrées alimentaires ne fait que repousser le problème sans le résoudre.
La semaine dernière le ministre de l’intérieur Monsieur Bô Keita a interdit les manifestations de rue dans certains quartiers de Conakry, selon lui pour des raisons de sécurité au détriment de la constitution Guinéenne. Il semble oublier que c’est la jeunesse qui est à l’origine de son porte-feuille ministériel. C’est lamentable d’agir ainsi.
Huit mois de gouvernance n’ont rien changé au quotidien du guinéen, qui se brouille davantage. Les promesses du premier ministre n’ont pas été tenues, la feuille de route n’a pas été respectée, les dernières nominations de Gouverneurs et préfets en disent long sur ses méthodes de travail, la population Guinéenne récent un sentiment de trahison et le changement attendu s’éloigne.
En parcourant les rues de Conakry on voit l’amertume, la tristesse, le découragement du Guinéen moyen, le changement espéré n’arrive pas, le panier de la ménagère ne s’arrange pas et la monnaie Guinéenne déprécie face à la monnaie étrangère.
L’inflation n’est toujours pas canalisée et les causes sont nombreuses.
Nous citerons la mauvaise gouvernance, l’incompétence, la corruption, le manque de productivité, la falsification monétaire, le manque de politique monétaire de la banque centrale Guinéenne, qui sont entre autres les différentes raisons de l’inflation. Le premier ministre et son gouvernement sont incapables de trouver une solution à cette crise.
En Guinée, les gouvernements se succèdent et se ressemblent par leurs mensonges, le népotisme, le favoritisme gangrenant. Le gouvernement de Monsieur Kouyaté n’échappe pas à ce triste décor.
La nouvelle primature perpétue une fois encore les mauvaises habitudes dans la gestion du denier public. Ainsi, avec la restauration de la résidence du premier ministre, les chiffres annoncés au départ, c'est-à-dire la somme de un milliard de francs guinéens, a rapidement changé pour atteindre la facture de quatre milliards, ce qui au regard des finances de l’Etat est absurde. Cet argent pouvait servir à financer d’autres projets beaucoup plus importants, en l’occurrence la santé, la recherche, l’électricité, l’eau, et surtout l’éducation qui reste un domaine négligé.
Nos universités manquent de tout : pas d’ordinateurs pour les étudiants, la bibliothèque est mal équipé. Et nos professeurs travaillent dans des conditions difficiles. Pour un premier ministre qui aspire au changement, ce n’est pas gagné d’avance.
Parlons des milliards de francs guinéens qui vont être dépensés pour les 50 ans d’indépendance du pays, c’est un vrai gâchis et une insulte à la nation guinéenne, cette population qui se bat tous les jours pour joindre les deux bouts.
Le changement réclamé par la population Guinéen reste un rêve avec le gouvernement de Monsieur Kouyaté. Le quotidien du guinéen reste toujours le même, en un mot la misère. Si le gouvernement de consensus est vraiment là pour la population, ils doivent renoncer à célébrer en grande pompe cette fête. À la place, ils pourraient plutôt organiser une cérémonie moins fastidieuse en l’honneur des victimes des répressions barbares de Janvier et Février.
Alors disons NON à cette fête.
M. Ibrahima Bah
Lausanne (Suisse)
Pour www.nlsguinee.com