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    Guinée : Lansana Kouyaté, sera-t-il le démon par lequel le pire y arrive

     jeudi 27 septembre 2007   

    Depuis 8 mois, après les tragédies meurtrières qui ont secoué le pays, suite aux revendications légitimes des Guinéens pour une meilleure gouvernance, le pays, au lieu de se diriger vers le changement positif, aspiré par tous les citoyens, plonge dans la rétrogression. On revient au temps du PDG et des ravitaillements, sans oublier le terrorisme d’État qui a ensanglanté le pays, avec le célèbre « Camp Boiro » et la police secrète qui avait régné en maître incontesté même dans les cellules familiales.

    Aujourd’hui, la Guinée, après 49 ans d’indépendance, fait marche arrière, et revient pleinement dans cette époque noire du PDG ou l’on interdit les rassemblements des citoyens en contradiction avec la « Charte des Nations Unies sur les droit de l’Homme et des Peuples ».

    Après 8 mois à la tête du pays, ayant traversé à la pirogue le fleuve de sang de plus de plus de 300 Guinéens, le Premier Ministre, a totalement bâclé sa légitimité et sans raison d’être.

    Les choses ne se sont guère améliorées mais se compliquent d’avantage. Elles ont plutôt empiré, allant jusqu’au blocage des institutions. Il n’a pas tenu ses promesses et n’a pas respecté les règlements de la feuille de route qui l’ont porté à ce poste. Ces manquements persistants, combinés au népotisme qui a coloré la nomination des membres de son gouvernement, la nomination des Gouverneurs et Préfets, ont amené les Guinéens à réaliser et à se sentir gravement trahis, par le Premier Ministre, Lansana Kouyaté (« Fouyanté », comme l’homme de la rue l’appelle maintenant au pays).

    Huit mois de règne de Lansana Kouyaté ont été marqués par de l’amalgame et la confusion des pouvoirs, la violation des principes fondamentaux et constitutionnels de l’État de droit, la mauvaise gouvernance, et maintenant la violation impunie des droits fondamentaux de la personne, ainsi que la culture de l’impunité et la surdité aux appels au bon sens par les Guinéens encore lucides. En Guinée aujourd’hui, une personne a plus de chance d’être jugée et mise en prison si elle vole un œuf que si elle vole un bœuf, ou si elle tue une autre personne ou vol des millions de Francs Guinéens. Les prédateurs des deniers publics ne sont pas inquiétés et se glorifient de leurs forfaits.

    Comme l’avait bien dit Albert Einstein : « La vie, c’est comme une bicyclette. Il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre et tomber ».

    Si sous le règne de Lansana Kouyaté, le pays n’avance pas, c’est certain que le pays perdra son équilibre et va tomber.

    Les Guinéens doivent de départir de cette amnésie collective pour se concentrer sur les causes des maux qui minent et rongent le pays, et qui risquent de le plonger dans une instabilité vectorielle et exponentielle aux conséquences imprévisibles.

    Les Guinéens n’ont-ils rien appris des 49 dernières années ?

    Les ravitaillements de riz seront –ils la solution aux problèmes de corruption, de népotisme, et la misère qui torturent l’ensemble du pays ?

    Pourtant nous apprend t-on que : « L’expérience est un professeur cruel car elle vous fait passer l’examen, avant de vous expliquer la leçon ». Mais en Guinée, le peuple a passé l’examen, mais la leçon n’a été expliquée, donc non comprise pour tirer les conclusions qui s’imposent. Tout peuple qui fait dos à son histoire est passible de répéter les mêmes erreurs. L’importation de riz qui, loin d’être une solution à la famine qui déchire le pays, est avant tout une honte nationale dans un pays qui regorge d’immenses potentialités agro-pastorales.

    Que faut-il aux Guinéens pour voir les signaux rouges, les sons de cloches, que le pays est entrain de glisser irréversiblement vers l’abîme ?

    Les prodromes d’une nation mal dirigée, en faillite qui plonge dans l’anarchie sont l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire à la classe au pouvoir et mais engendrent une destruction indélébile, et les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques.

    Le pays est malade, très malade et se traînait par terre. La Guinée est en mal, le pays va très mal, et la situation économique et sociale ne cesse de se détériorer avec la morosité du climat politique et les tensions ethniques palpables. L’administration est devient un repère de gangsters, d’hommes sans foi ni loi qui plongent le pays dans une paupérisation exponentielle

    Difficile de faire comprendre mais, il est du devoir de chaque citoyen de rappeler à ces dirigeants irresponsable que : « la guerre laisse un pays avec trois armées :

    v Une armée d’infirmes,

    v Une armée de pleureuses (veuves), et

    v Une armée de voleurs ».

    Il faut que les Guinéens se mobilisent pour arrêter le glissement en profondeur dans la dictature car : « Le drame des toutes les dictatures, c’est qu’elles donnent la licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d’aller jusqu’au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté ». C’est ce que le pays a connu en 49 ans.

    Va-t-il continuer sur le même chemin ?

    Gouverner sans principe, c’est comme consulter sa montre après l’avoir réglée à n’importe quelle heure. Sans un diagnostic fait sans complaisance de 49 années d’agonie et une analyse profonde de la situation socio-politique et économique du pays au travers le prisme d’une l’idéologie et d’une doctrine guidée par le patriotisme, la Guinée, inévitablement est entrain de sombrer dans le chaos. Tout le reste n’est que du cinéma. Il y a aujourd’hui, une urgence de couper le cordon ombilical avec les mêmes pratiques du passé, pratiques qui ont verrouillé le pays à l’age de la pierre taillée. Il faut arrêter cette dérive gouvernementale au risque de payer très cher plus tard.

    Le plus grand outrage que l’on puisse faire à un gourmand, c’est de l’interrompre dans l’exercice de ses mâchoires. C’est la seule voie pour sauver le pays de ce naufrage fatal. Il faut cesser de gouverner par népotisme, copinage et affinités, qui sont des excellents engrais politiques pour la corruption et la dictature : « Le pouvoir tend à corrompre, alors que le pouvoir absolu corrompt absolument ».

    Pour un changement positif en Guinée, il faut une révolution de mentalités pour que les Guinéens commencent à exiger et à demander des comptes à leurs dirigeants et qu’ils cessent de juger le gouvernement aux simples slogans lancés pour la consommation nationale et internationale. Ces slogans ne sont que de la masturbation intellectuelle et du divertissement. Un point, un trait.

    Le gouvernement de Lansana Kouyaté, offre l’image d’un gouvernement avec un bras long et un bras court :

    v Le long bras sert à prendre et arrive partout, v Le bras court sert à donner, mais il n’atteint que les plus proches.

    Huit mois depuis la nomination du Premier Ministre, on a l'impression que le sort s'acharne contre la Guinée. Malgré toutes les perfusions et toutes les transfusions (aides économiques, subventions, dons, etc…) qui sont allouées au pays, l'état de l’économie n'a jamais été aussi médiocre et aussi moins rassurant, et la division du pays ne fait que s’agrandir au risque d’être une rupture éternelle. Au lieu de progresser, la Guinée n'a fait que régresser, faisant planer l’incertitude, accentuant les craintes dans un pays déjà exsangue.

    Les Guinéens, particulièrement les jeunes doivent comprendre que leur avenir se trouve entre leurs mains et non entre les mâchoires de cette racaille de brigands qui volontairement asphyxient les Guinéens. Il est grand temps de continuer les efforts pour le changement et mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il (changement) ne prenne les jeunes par la gorge. Le destin n’est pas une question de chance, mais de choix. On ne doit pas l’attendre, mas plutôt l’accomplir. Cette jeunesse doit être artisane et non spectatrice de son destin : « Qui ne veut pas quand il peut, ne peux pas quand il veut ».

    Il faut s’attaquer à l’ignorance car elle est la mère nourricière de toute dictature. Englouti dans l’ignorance, l’homme est incapable de raisonnement et de bon choix et, l’homme doit avoir le pouvoir et les facultés de choisir. C’est en cela que réside sa force : le pouvoir de ses décisions. Donc les jeunes doivent choisir entre la résignation et la fatalité d’un coté et l’action et la prise en charge de son destin de l’autre. Ne laissez pas les autres vous dicter ou vous choisir votre avenir. Il faut sortir de l’obscurantisme de cette vieille caustique et corrosive classe politique qui a déjà fait ses preuves d’incompétences. On dit « qu’un enfant est excusable de craindre l’obscurité mais qui est ce qui est inexcusable, c’est un adulte qui craint la lumière ».

    Il faut que les politiciens et tous ceux qui ont la charge de faire des bonnes décisions pour l’intérêt supérieur du pays, se ressaissent car la vie n’est pas éternelle. Tôt or tard chacun laissera un héritage, un bilan, un long chemin de d’actes, d’accomplissements, de non-accomplissements et de comportement que les survivants vont décortiquer et jugé.

    L’homme n’est utile que par son apport à l’épanouissement de son prochain : « Souviens-toi qu’au moment de ta naissance tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs (les cris de naissance, signe de vie). Il faut donc de façon utile à son peuple, vivre de manière qu’au moment de ta mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie (au regard du bilan accompli) ».

    Faut-il le rappeler que l'histoire est souvent sévère avec cette race de voleurs des deniers publics. Pour l'heure, vous êtes au mangeoire, partagez-vous le gâteau, mangez encore bien les ressources du pays, mais un jour viendra, ce sera seulement piment que vous allez manger.

    Aux vrais patriotes du pays, c'est dans les moments d'incertitude, de désarroi, de trouble comme ceux dont vivent les Guinéens aujourd'hui, que les peuples ont besoin d'icônes, c'est-à-dire de leaders proactifs et actifs de la classe de Nelson Mandela (Afrique du Sud), Amadou Toumany Touré (Mali), Jerry Rawling (Ghana), Colonel Ely Ould Mohamed Vall (Mauritanie), Général Abdulsalami Abubakar (Nigeria), etc… .

    Il faut faire savoir à ces oligarchiques et prédateurs économiques que les choses doivent changer de gré ou de force. Rien n’arrêtera ce vent de changement.

    Que Dieu bénisse et guide les Guinéens sur le chemin du changement.

    Mamadou Diallo, MD
    Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
    Contact E-Mail : webmaster@guinea-forum.org (ou) nampougou@yahoo.com
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