mercredi 19 septembre 2007
La Guinée des cinquante ans est toujours au point moins zéro. Regardons-nous toujours dans le miroir. Qu’est-ce qui marche et qu’est-ce qui ne l’est pas. Le temps des générations aveugles est révolu. Le pragmatisme doit naître et notre pays doit se comparer au monde ; pas à lui-même, encore moins à son passé.
Il est vrai que nous aimerons notre pays et le défendrons quelque soient le nom, le problème ou l’insouciance de certains. Cependant, a’ la recherche d’un patriotisme nouveau, nous aurons besoin de nouvelles formules, pour des motivations nouvelles.
Avec ce nom à souvenirs de cœur battant. À avantage lié à une indépendance dont l’importance est discutable. Une indépendance à dépendance sure, pour certains. Qui pouvait pourtant attendre ou avoir autres formes, pour plus d’acquis. Jugez-en par le résultat. Des problèmes et des problèmes ! Tel est notre mode d’observation et de jugement. Le résultat, rien que le résultat. On nous parlera certes des problèmes rencontrés, quand on sait qu’ils pouvaient être évités ou atténués, par plus de diplomatie ou de retard dans le projet. Telle politique a engendré tels effets.
Avant la guerre, préparons la paix. Il n’y a pas de disculpation quand des décisions hâtives ou mal mûries ont créé des situations précaires pour tout un peuple. Il est temps d’amener sur la table des sujets d’intérêt commun, pour un débat commun et une solution commune. Dans un monde où le pays est comme une « marchandise » à « vendre » pour un meilleur prix, l’image de marque et le nom importent à nombre de regards.
Ici, tout est à observer en termes d’avantages et inconvénients. En créant une entreprise, ne cherchons-nous pas à mieux la présenter ? La faire connaître ; lui donner un meilleur nom pour plus d’attention ? Les employés qui y travaillent, leur donner un meilleur climat de travail et de moral, pour un meilleur rendement ? Pour un pays aussi, on fait recours à ces données et à tant d’autres. L’histoire, les souvenirs, les motivations dans leur nature diverse, doivent entrer en ligne de compte. Nous sommes à la recherche des avantages. Quelles qu’elles soient. N’y a-t-il pas eu de pays qui ont changé de nom et de réalité structurelle, en changeant aussi un ensemble de choses autour et en leur sein ?
S’ils l’ont réussi avec plus d’avantages que de problèmes, pourquoi pas nous ? Voulons-nous continuer à nous nourrir de chauvinisme chancelant ?
Les enfants de mon pays sont arrivés à un carrefour où tout doit être pris en considération pour ne mettre que les avantages ensemble. Plus d’espace pour les inconvénients. Cinquante ans de réflexions et attitudes désavantageuses pour un pays, pas plus grand que les paumes de la main, alors qu’il devrait être à même de résoudre ses problèmes et voler au secours d’autres… ? Comment notre groupe se sent en répondant à la question d’où’ venez-vous? Avec notre réponse : De la Guinée !, s’engage déjà’ un combat de répliques. De la Guinée Bissau, Équatoriale ou de la Nouvelle Guinée, vous venez ? Non ! De celle que vous n’avez pas nommée’ : La Guinée, tout court ou la République de Guinée, nous répliquons. Cette Guinée pour laquelle leur mémoire est courte, parce que c’est la Guinée, tout court. Ils la cherchent et ne la retrouvent pas, même en se référant à la Géographie, à l’histoire…
En fin, non retrouvée ou retrouvée, avec un nom accompagnateur qui est d’une personne ou de circonstances, souvent tristes… En tout état de cause, c’est a’ nous les filles et fils du pays qu’il appartient de positionner notre ensemble de la manière la plus confortable, pour la compétition qui l’engage avec le monde.
D’aucuns dirons, par le biais du même chauvinisme chancelant, que le nom n’importe pas. Pour notre part, tout importe, surtout quand rien n’a encore aidé le pays.
L’origine : « Ginéé nan na-na » : « ce sont les femmes qui sont là »; du soussou, bien sûr… est contrariée’ par la version des chercheurs ou colons portugais qui ne parlent pas un seul mot du soussou.
Quelle raison doit donc nous dissuader d’amorcer une démarche dépassionnée, tempérée et de discernement dans ce sens ?
Pas d’histoire riche, même si le port d’un nom n’exige pas une substance historique ; pas de grands sourires derrière, tandis que les souvenirs …, aidez-moi à les qualifier. On a besoin de nouvelles bases, pour de nouvelles motivations, partout dans ce pays.
Lamine Sununu Kaba
Washington Dc-USA
Contact: Lskaba@consultant.com
Pour www.nlsguinee.com