mardi 11 september 2007
Depuis quelques jours, au nom de la liberté d’expression, certains individus et souvent sous couvert d’anonymat, s’adonnent à la pollution des différents sites Internet d’information de la Guinée.
Ces apprentis sorciers de la plume électronique profitent de toutes les occasions pour déverser leurs haines, leurs amertumes et leurs différends en opposant les différentes ethnies de la Guinée. Tantôt ils opposent les malinkés aux peulhs ou les malinkés aux forestiers ou les peulh au soussou ainsi de suite.
Ces individus en mal de reconnaissance n’ont pas compris que nous sommes dans un monde mondialisé où les frontières n’ont plus de place à plus forte raison sa région, son village ou son ethnie.
La prolifération de ce genre de propos est de la responsabilité des directeurs de publications des différents sites internet. Ils doivent immédiatement arrêter de publier des articles qui divisent les guinéens, qui les insultent, qui n’apportent aucune avancée dans le débat politique et socio-économique. J’estime que ce devoir n’est pas de restreindre la liberté d’informer ou d’opinion mais un gage de responsabilité pour la paix et l’équilibre national.
La liberté d’opinion ne veut pas dire de prendre les sites Internet en otage ; de se saisir de cet outil comme véhicule pour faire circuler sa vision de la haine, du racisme ethnique et de sa déchéance mentale. La déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ». La vraie liberté d’opinion, c’est celle qui exprime nos diverses idées dans le respect de l’intégrité (physique, moral, intellectuel, ethnique…) des autres personnes qui ne pensent pas comme nous et ne penseront jamais comme nous.
J’appelle donc aux responsables des sites (Aminata, Boubah, Guinea-forum, Guinée24, Kibarou, Nlsguinee, Ramatoulaye, Waati, Zaley…) d’arrêter la publication de ces torchons incendiaires pour l’équilibre national afin de s’inscrire définitivement dans une dynamique positive pour la Guinée.
Aujourd’hui le débat est tellement nauséabond que je lis d’abord le titre d’un article, puis le patronyme de l’auteur, avant de lire le contenu de l’article pour m’assurer de son objectivité. Ainsi, je lis l’article en connaissance de cause. Voyez vous dans quel état vous m’avez mis et je suis sûr que je ne suis pas le seul dans ce cas.
La liberté d’expression ne permet pas tout. Jean Marie Le Pen et ces adeptes n’ont pas larges échos dans la presse française, de même en Allemagne, les affiliés d’Hitler ne sont pas libres de leur mouvement. La liberté d’expression n’exclut pas la rigueur intellectuelle du fond de notre pensée et de nos écris.
La vérité c’est que la démocratie est une machine en perpétuelle construction et consolidation à condition de ne pas faire émerger ce qui a divisé, divise et divisera son peuple.
Aujourd’hui, le débat est complètement vidé de son sens et de son objectif. On ne s’intéresse plus à l’instauration de la démocratie, de l’amélioration des conditions de vie des guinéens mais plutôt à des attaques stériles, fratricides et ethniques. Dans cette bagarre ou la guerre de la toile, certains ont sorti la fatoua sur toutes les critiques sur le Premier Ministre Lansana Kouyaté. Chaque fois qu’un article lui fait une réflexion ou une critique alors un autre répond, non pas sur le fond mais (en déviant le débat) prétextant que la critique s’adresse au PM tout simplement du fait qu’il soit malinké.
Hélas ! Quel degré de maturité ? Nous sommes en démocratie, en tout en cas à la recherche de son instauration. Dans cette logique, il est normal de critiquer voire apporter des solutions à ceux qui gouvernent. Mais une fois de plus, ces critiques doivent être fondées et justes en respectant l’intégrité physique, intellectuelle et ethnique du PM.
Personne ne peut refuser la critique dans le jeu de la démocratie compte tenu de la définition de cette dernière : la démocratie c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (Abraham Lincoln)
Pour finir, arrêtons les futilités, les guerres intestines et ethniques. Et avançons dans le débat porteur, de fond et utile. C'est-à-dire le débat de la Guinée d’aujourd’hui et de demain. Encore une fois, pour que la Guinée demeure une famille ; nous devons nous éloigner de la facilité, de la démagogie, de la corruption, du népotisme, de l’ethnocentrisme, de la sorcellerie, du mensonge, du faux et l’usage de faux.
BALDE HAMIDOU
Contact : baldehamidou@yahoo.fr
Étudiant à Orléans, France
Pour www.nlsguinee.com