lundi 10 septembre 2007
Chose promise, chose due. Dans une intervention pas si ancienne, j’avais promis de répondre à certaines des affirmations que vous aviez faites lors d’une interview donnée à Guinéenews, il y a quelques mois. Nous y voilà. J’aime bien les refrains. Ils sont solides. Ils permettent de bien fixer l’essentiel. Mais ceux qui ont des convictions caoutchouteuses ou des fidélités variables selon leurs intérêts du moment, ne peuvent en saisir le sens.
Et l’un des problèmes majeurs de notre pays, c’est qu’il n’arrive pas encore à identifier ceux de ses enfants dont l’attachement à la Terre des Ancêtres est inébranlable, pas même devant les 4X4 offertes par le « puissant » du moment. Être attaché à la Terre des Ancêtres identifiés (le patriotisme), s’opposer énergiquement et toujours à ceux qui sont prompts à invoquer « une conspiration étrangère », vieille méthode du P.D.G., dès que le pays se rebelle contre la tyrannie ruineuse, est un REFRAIN Fondamental que tout patriote devrait systématiquement entamer.
Alors, que nous dit M. Facinet FOFANA dans son interview ou justification ?—quelques dissimulations et beaucoup d’inexactitudes.
A la question « …Quelles furent vos sources de revenus après avoir quitté le gouvernement et décidé de vivre à Londres qui est une ville très chère où vous vive confortablement selon vos critiques. » ?- La réponse est plutôt vaseuse. Mais c’est sans importance.
Les sources de revenus de M. Facinet FOFANA ne sont pas un problème. C’est un père de famille. Comme tout le monde, il doit faire vivre femme et enfants. Je pense même qu’un ministre, lorsqu’il a rempli sa fonction à la satisfaction du pays, ne doit pas être dans le besoin, même après avoir cessé d’être ministre. Ce qui de mon point de vue, exige deux préalables :
1)- Avoir rempli sa fonction avec probité et rigueur dans la gestion des biens nationaux.
2)- Obtenir des résultats sensibles en terme de préservation ou d’accroissement des ressources publiques, en terme de cohésion nationale et donc de lutte contre toute forme de tribalisme, en terme d’ancrage du pays dans un système institutionnel et juridique qui protège réellement les personnes et les biens et qui rende le futur lisible pour tous. Il s’agit donc de contribuer vraiment, efficacement à sortir le pays d’une autocratie archaïque où l’amitié avec le « président » prévaut sur la Règle Commune. Car, dans cette configuration, les plus faibles, l’immense majorité, vivent dans une insécurité absolue ; les plus puissants, les courtisans du « chef » autocrate, s’érigent en flagorneurs pour pouvoir capter impunément les maigres ressources du pays.
C’est là où il y a une divergence fondamentale entre les cyniques intéressés, aux convictions successives, et tous ceux qui comme moi, pensent qu’il y a des valeurs fondamentales patriotiques qui sont au-delà de l’amitié avec le Chef et les 4X4 dont il gratifie ses courtisans conseillers en « communication ». Nous avons un REFRAIN : la Patrie et tout ce qui va avec. Eux, n’ont pas de REFRAIN. Leurs intérêts sont tellement changeants et incompatibles avec le bien-être général.
Dissimulations
Dans son examen des faits, M. FOFANA, parlant de Friguia ( pour d’éventuels lecteurs étrangers, Friguia est une société d’extraction de bauxite), dit ceci : « Pour le compte de la Guinée, j’ai racheté la totalité des actions de Fralco en juin 1998, donnant ainsi la propriété de toute la société à la République de Guinée. Quand nous avons décidé de re-privatiser cette unité l’année suivante, il y avait peu d’empressement de la part de l’industrie. Les soi-disant problèmes sociaux de Friguia (fourniture d’eau et d’électricité à la ville de Fria) rebutaient tout le monde…. ». Bien.
Mais selon moi, la réponse est consternante. M. Facinet FOFANA, ministre des mines à l’époque, supposé appartenir aux 2% les plus éduqués en Occident, si j’en crois M. Lansana Bangoura son porte-parole, achète les parts d’un associé, pour tenter de revendre un an plus tard. L’ensemble de l’entreprise. Il ne trouve pas repreneur. C’était prévisible. Il omet de nous dire, pourquoi a-t-il soudain décider de racheter les parts de Frialco, alors même qu’il ignore les raisons pour lesquelles les actionnaires de cette société ont si facilement cédé leurs actions. Alors, quelques petites questions dont la réponse intéresse plus d’un Guinéen :
1)- Quel était le projet économique, industriel, ou financier qui a incité M. FOFANA a racheté les parts d’une société privée, à un moment où la conjoncture sur le marché des matières premières était pour le moins incertaine ? Pourquoi avoir décidé de revendre un an plus tard ?
Il me semble que M. Facinet FOFANA n’avait pas de projet. Mais peut être que je ne suis pas suffisamment éduqué pour comprendre son projet, si jamais il en avait eu. En terme économique, l’achat-revente tel que notre ministre éduqué voulait le faire, s’appelle spéculation. Or, selon moi, un ministre n’a pas à spéculer, même pour la bonne cause. En revanche, il a à créer un cadre matériel, juridique et institutionnel qui rende possible l’activité économique productive. Dire qu’on a donné la propriété totale d’une entreprise à l’Etat, n’est pas un projet. La démarche de M. FOFANA est d’autant plus surprenante, que plus loin dans son interview, il s’affirme LIBERAL. Il n’emploie pas ce mot. Mais à la lecture de ses explications, on comprend aisément qu’il est hostile à l’intervention de l’Etat. Sur ce point, à certains égards, je partage son avis. Cela dit, je reste songeur devant une telle incohérence.
2)- M. Le ministre FOFANA, quand vous avez décidé de racheter les parts de Frialco, à quel prix unitaire les actionnaires ont-ils cédé leurs actions ? ¨Pourquoi avoir décidé de revendre précipitamment les actions que vous veniez d’acquérir ? Y avait-il urgence ? Si oui, laquelle ? Quelle logique économique ou financière vous poursuiviez en décidant de faire une opération et son contraire en si peu de temps ?
En général, les gestionnaires de valeurs mobilières n’achètent, ni ne vendent dans n’importe quelles conditions, sauf crash boursier. Et les investisseurs éventuels qui choisissent de mettre leur argent dans un secteur comme la bauxite et dans un pays comme la Guinée, ne le font pas en fonction des problèmes sociaux que vous évoquiez. Ils ont comme critère entre autres, la profitabilité de l’investissement, le sérieux et la crédibilité de leurs partenaires. Vous reconnaissez vous-même que vous n’étiez pas crédible, puisque vous vous plaignez que le F.M.I a refusé de financer des projets que vous lui soumettez. Vos projets étaient tout simplement mal ficelés. La rationalité économique de votre démarche n’apparaissait pas d’une éblouissante clarté. Ne cherchez pas ailleurs.
Vous vous expliquez sur l’A.N.A.I.M.. Mais il y a trop de contre-vérités dans vos explications. Est ce volontaire ? Exemple : vous dites : « j’avais identifié le problème d’infrastructure comme un des goulots d’étranglement du développement du secteur minier… ». C’est très approximatif, ou exact seulement en partie. En tant que ministre responsable de ce domaine à l’époque, c’est exact. Mais c’est SOUMAH Gadiry, un brillant cadre SOUSSOU que vous avez par la suite piétiné, qui a fait état des goulots d’étranglement, les a identifiés et proposé des solutions. Vous auriez pu le citer. Je vous le dis publiquement aujourd’hui, je l’ai aidé à faire le travail, en tant qu’ami. C’est le même Gadiry SOUMAH qui a émis l’idée d’instaurer une redevance sur l’utilisation des infrastructures. Il en a fourni les justifications économiques et juridiques. Je lui ai prêté mains fortes durant toutes mes vacances. Au fond, M. FOFANA, vous devriez me remercier. J’ai travaillé gratuitement pour votre ministère. Je voulais que vous réussissiez pour le pays. Mais vous vouliez être fortuné, y compris contre votre pays. J’étais naïf.
J’avais calculé avec Gadiry SOUMAH que dans les premières années, les redevances seraient de l’ordre de 6 millions de dollars US, mais qu’après, elles devraient doubler. J’étais avec lui à KAMSAR, vous pouvez le lui demander. Je pourrai multiplier des exemples, où selon moi, vous auriez dû avoir la probité intellectuelle de nommer le véritable auteur du travail dont vous réclamez la paternité. Et à mon avis, vous avez le droit de le faire, mais à condition de citer aussi celui qui a été votre bras droit, Gadiry SOUMAH, même si vous avez par la suite utiliser vos relations avec le Président pour le renvoyer comme un malpropre. Pourtant, c’est un Soussou (petit-fils de Almamy Kerfalla Soumah de Kaporo) comme votre ami Lansana BANGOURA, le ZORO auto proclamé des cadres Soussous.
Mais, Gadiry Soumah a deux défauts rédhibitoires à vos yeux.
--Dans son domaine, il est brillant (ancien Etudiant de Paris-Dauphine). Il peut vous faire de l’ombre.
--Son épouse est Peulh. Cela a suffit pour lui barrer tout chemin.
Je peux vous citer d’autres cadres Soussous que vous et votre réseau ont écrasés. Certains sont morts certes de maladie, mais aussi de chagrin d’avoir été empêché de donner à leur pays la mesure de leur talent. Moussa SOUMAH était l’exemple même de ces patriotes qui avaient tout abandonné pour venir servir la Terre qui les a vus naître. Avec Bahna SIDIBE, ils avaient commencé à rationaliser l’occupation de l’espace territorial de notre pays, viabilisé les zones d’habitation avant toute occupation, attribué des titres de propriété foncière à tout citoyen Guinéen afin d’assécher les sources de conflits futurs.
M. FOFANA, vous devriez encore une fois me remercier. Vous présentez l’A.N.A.I.M. comme votre œuvre. Mais savez-vous que j’ai participé à la confection des statuts juridiques de cette société ? Je l’ai fait à la demande de M. Gadiry SOUMAH. Votre conseiller juridique de l’époque, un certain CAMARA Daouda ne sachant rien faire, vous avez confié ce travail à votre bras droit qui a été remercié de la façon que les employés du ministère des mines peuvent expliquer. Là aussi, je voulais votre réussite. Je ne vous connais pas personnellement. Et j’ai tardivement réalisé que vous vous vouliez être riche contre le pays. C’est dommage.
Bien d’autres cadres Soussous ont été écrasés par M. FOFANA. Je le dis d’autant plus aisément que je ne suis pas Soussou.
Enfin, M. Facinet FOFANA, vous devriez changer de ligne de défense et d’avocat. En toute amitié, je vous dis qu’en voulant me présenter comme un horrible ethnocentriste Foulèdi (petit Peulh), vous vous ridiculisez, y compris aux yeux de vos amis. Et votre nouveau défenseur Lansana Bangoura est une calamité pour votre réputation. Il présente comme cadre Soussou Fodé Soumah, Guido SANTULLO, Mamadou SYLLA etc…Le journaliste flagorneur de votre comité de rédaction vous induit en erreur. Il a déjà induit volontairement en erreur Lansana Conté, Fodé Bangoura et tant d’autres, en s’instituant auprès d’eux Conseiller en Communication.
Si votre Lansana BANGOURA Pablo est un cadre Soussou comme il le prétend, alors, sans nulle doute, on tient l’explication du délabrement de la Basse-Guinée
Mamadou Billo Sy Savané, (Rouen) France
Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
Pour www.nlsguinee.com