lundi 10 septembre 2007
Le ministre de l’emploi, de la fonction publique et de la reforme administrative a annoncé cette semaine la mise à la retraite de sept cent (700) fonctionnaires guinéens. Tous les secteurs publics de l’Etat seront concernés par cette mesure. La décision est selon le ministre Amadou Diallo le résultat d’un tout premier contrôle du fichier de la fonction publique que son département vient d’entamer pour une reforme profonde de l’administration. Ladite mesure permettra également de procéder à l’emploi des jeunes diplômés qui sont pour presque de 60 à 70 % au chômage depuis leurs sortis de l’école. Ce qui souvent d’ailleurs les pousse vers l’alcoolisme ou le tabagisme chronique.
Dans la même logique, le ministre de l’emploi, de la fonction publique et de la reforme administrative, a annoncé la radiation des fonctionnaires déjà mort et dont on continuait de prendre le salaire au détriment de sa famille. Il y a la radiation systématique des cas de fonctionnaires fictifs (fantômes) qui au juste n’existe que de nom dans les différents départements. Ces fonctionnaires fictifs sont ceux qui ont volontairement abandonné leurs postes ou ceux qui ont voyagé pour aller s’installer ailleurs. Dans tous les cas ils continuent de prendre leurs salaires, avec la complicité des cadres de son poste de travail. Chaque mois, des sommes colossales sont dépensées au titre de salaire et autres traitements de ses fonctionnaires fictifs qui ne sont jamais au travail. L’un des handicapes de l’administration guinéenne est bien le poids des fonctionnaires fantômes. Parmi eux, il y’en a qui touchent le salaire dans deux endroits différents.
Par exemple, un enseignant dans un collège ou un lycée, où il est bien payé, peut aussi être fonctionnaire au gouvernorat, à la préfecture, à la sous-préfecture ou à la commune urbaine. Là également il touche un salaire au même titre que les autres fonctionnaires. Ou alors un fonctionnaire dans un département comme la santé ou autres peut se transformer en privé. C’est le cas de certains pharmaciens ou médecins exerçant dans un établissement public. Un moment après il se retrouve avec sa propre Pharmacie ou Clinique privée où il passe tout son temps au lieu de se rendre à son poste dans le public. Les cas sont nombreux où des fonctionnaires sont devenus des commerçants et qui passent tout leur temps dans les marchés hebdomadaires pour vendre leurs marchandises. Seulement dès le 25 du mois, ces fonctionnaires de nom commencent à sillonner les couloirs des comptabilités pour dit-ils prendre leurs salaires. Le jeu est simple. Il faudrait proposer un pot de vin à ses supérieurs pour que tout marche bien et à merveille.
Ainsi, personne n’aura le courage de dénoncer cette mauvaise attitude provoquant le saignement de l’économie du pays.
Certes, avec le vent du changement que le pays vient de connaître, le département de l’emploi, de la fonction publique et de la reforme administrative s’attaquera à bras le corps à ce phénomène qui gangrène la vie publique de l’Etat.
D’ici là, le ministre Amadou Diallo dira que les nouveaux fonctionnaires estimés à plus de neuf milles seront engagés à la fonction publique d’ici la fin d’année 2007. Ce qui selon lui permettra d’accroître le nombre de fonctionnaires pour dynamiser l’administration guinéenne à l’image des autres pays de la sous régions ouest africaine.
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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