dimanche 09 septembre 2007
C’est une véritable confusion qui semble s’installer actuellement dans le payement des pensions des anciens combattants de Guinée. C’est du moins ce qui ressort du listing présenté par le bureau de l’association au gouvernement, concernant le paiement du 2eme trimestre 2007. Ces erreurs qui provoquent déjà des inquiétudes et des grincement de dents chez les veuves et fils d’anciens combattants déjà morts depuis des années..
Pour trouver une solution immédiate à ce problème certains membres du bureau exécutif de l’association ont saisi le gouvernement à travers ses services spécialisés. Ainsi le président de l’association des anciens combattants de guinée à tenu à apporter des éclaircissements à l’opinion nationale et internationale.
Voici les précisions du président El Hadji Moussa Mara :
« Nos pensions françaises sont payées par convention. Cette convention a été bel et bien signée en 1977 et qui est en vigueur à ce jour. Alors à chaque échéance, la France envoie un listing qui contient tous les noms et le montant en Euros et en Francs Guinéens. Quand nous recevons le listing, nous l’envoyons également à nos confrères dans les régions naturelles. C’est ainsi qu’au mois de Mai d’après le discours de M le président français Jacques Chirac, nos pensions ont été augmentées. Ils ont envoyé le listing au mois de Mai avec changement de taux comme le président l’avait bien souligné dans son discours. Ainsi les gens l’on payé conséquemment et au mois d’août tout est subitement erroné. Voici un exemple, nous avons un ami, je ne peux pas donner son nom, il est à l’échelle 4. Il a touché 4 millions de fg au mois de Mai. Au moi d’août il a touché un million six cent milles fg. Je ne comprends pas… »
Malgré ces anomalies dans le payement de leurs pensions, les anciens combattants ne comptent pas baisser les bras. Et le bureau exécutif se dit plus que jamais déterminé à poursuivre l’affaire pour un besoin d’éclaircissement. C’est du moins ce que dira le président de l’association :
« Lorsque nous avons reçu le listing, j’ai dis à mon secrétaire général de bloquer tout. On n’a saisi le gouvernement immédiatement. C’est ainsi que je suis venu avec mon secrétaire général et certains enfants des anciens combattants voir le ministre de la défense nationale. Le ministre a délégué le Général Kandet Touré, qui nous a envoyés voir le premier ministre Lansana Kouyaté. A l’heure où je vous parle une délégation est à l’ambassade de France pour savoir pourquoi l’erreur. Je demande à tout un chacun de garder patience. Ceux qui ont vendu hier leurs vies au bout des canons comme moi, il faut prendre leurs problèmes à deux mains… »
Toutefois, il est évident que le payement des pensions des anciens combattants en Guinée est l’objet de beaucoup de confusions. Et ce qui est incompréhensible personne ne semble comprendre, des autorités françaises ou guinéennes de quel côté se trouve le nœud du problème. Ce qui est sûre c’est qu’elles sont encore nombreuses à Conakry et à l’intérieur du pays, les veuves et fils d’anciens combattants qui ont cessé de toucher un sous au titre de traitement de leurs défunts époux ou défunts pères.
Des sources sûres indiquent que la confusion dans l’établissement du listing se situerait bel et bien au niveau des autorités impliquées dans le processus de payement des pensions. Un cas palpable est celui d’un homme de 50 ans dont le père fut ancien combattant et dont la mère vit encore dans une préfecture de la Guinée Forestière. Depuis plus de 4 ans selon notre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat, sa famille n’a touché même un sous de la pension de son père.
Il déclare : « Regardez, ce sont les documents de mon père. Mais depuis sa mort ils ont brouillé toutes les pistes pour nous empêcher de toucher sa pension. J’ai fait assez de démarches avec ma mère qui a près de 80 ans maintenant. Nous sommes vraiment désespérés et nous nous remettons à Dieu. J’ajoute que tous les amis de mon père vivant ou non touchent leurs pensions alors que pour nous il n’a y rien…»
Cet exemple parmi tant d’autres démontre on ne plus le mystère qui entour encore le payement des pensions des ayants droits. C’est pourquoi les autorités guinéennes et la France se doivent de conjuguer leurs efforts pour trouver une solution salvatrice pour les familles plus que jamais désespérées et inquiètes.
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06